Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse d’Ajaccio Séverin Cafferra (1863-1930).

Séverin à la ville.

Séverin à la ville.

   En 1892, le mercredi 29 juin en pleine gloire Angelo Mariani décide de faire jouer chez lui au 11 rue Scribe à Paris, un pantomime intitulé : La fleur de Coca. Cette représentation théatrale a lieue, en soirée devant quelques amis triés sur le volet. Cette pièce de théâtre fut écrite en vers par MM. Paul Arène (1) et Gustave Goetchy accompagnés par une musique de Léopold Gangloff, avec des décors de Charles Toché et les costumes de Paul Donny. Elle met en scène une colombine interprétée par Mlle Madeleine Dowe et un pierrot dénommé Séverin Cafferra (2) qui vont solutionner leur problème en buvant tout simplement un petit verre de Vin Mariani.

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Portrait de Séverin en Pierrot par Félix Valloton.

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Séverin et son magnifique jeu de mains.

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Melle Dowe et Séverin chez Angelo Mariani.

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Quand Séverin boit un verre de vin Mariani.

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Quand Séverin boit directement le vin Mariani à la bouteille.

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On observe que Séverin prend bien soin de mettre en évidence la bouteille Vin Mariani et son étiquette…

severin13   Les origines de la pantomime remontent à l’antiquité. C’est à Rome qu’elle voit le jour de façon certaine, puis se répand dans toute l’Europe méditerranéenne. La pantomime est une forme d’expression corporelle par gestes seulement : mimiques, mouvements, attitudes corporelles et parfois acrobaties. Le mime français Marceau en a été l’un des plus célèbres représentants à la renommée mondiale. La pantomime est parfois accompagnée de musique. Au début du 19e siècle, Jean-Gaspard Deburau crée à Paris le personnage de Pierrot repris par son fils Jean-Charles Deburau (3) qui vers 1850, après le décès de son père en 1846, forme à Marseille Louis Rouffe. Ce dernier initie à son tour Séverin (Séverin Cafferra, né en Corse). La pantomime a la particularité d’être un art populaire créatif issu d’une certaine manière de la Commédia. Marseille devient donc ipso facto la capitale du mime. Avec la disparition de Louis Rouffe en 1885, c’est également celle de la pantomime dans cette ville. Séverin Cafferra, va ensuite connaître la gloire en exerçant son art à Paris. En 1929, il publie chez Plon ses souvenirs, L’homme blanc, Souvenirs d’un Pierrot, introduction et notes de Gustave Fréjaville où il évoque cette fameuse soirée du mercredi 29 juin 1892.

severin1   On sait que les privilégiés qui purent assister à cette unique représentation furent entre autre sa fille Andréa, son fils Jacques mais aussi Catulle Mendes, Sylvain, Melle Moreno, Madame Isabelle Chapusot, Xavier Paoli, Armand Silvestre et Paul Arène.

   À la sortie de l’ouvrage, en 1929, Gustave Fréjaville le préfacier enverra le livre avec sa carte de visite personnelle à Jacques Mariani à Neuilly-sur-Seine. Une façon élégante, à noter, de remercier à posteriori Angelo Mariani pour son aide dans sa carrière professionelle. Sur la carte de visite manuscrite de Gustave Fréjaville, était portée l’inscription suivante au tampon : « De la part de Séverin éloigné de Paris ». Le livre avec la carte de visite pris ensuite sa place dans l’immense bibliothèque familiale Mariani.

Séverin à la renommée internationale.

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Quand Séverin l’Ajaccien était tête d’affiche aux Folies Bergère.

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Source : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

    Angelo Mariani déclinera par la suite, une nouvelle fois cette forme de communication afin de vanter son célèbre breuvage notamment par le biais de cartes postales comme support.

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Le soldat réconforté par une bonne soeur et une bonne bouteille de vin Mariani.

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Le malade réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet.

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Le même malade toujours réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet. Les autres flaçons soit une concurrence possible ont disparus.

Même chose avec certaines publicités Mariani.

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Album Mariani Tome 6. Dessin d’Eugène Murer.

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Dessin de Louis Trinquier Trianon.

(1) Paul Arène a déjà écrit plusieurs pantomimes comme celui de La statue aux Édition : A. Leduc, 1889, Paris.
(2) La fleur de Coca. Pantomime joué à Paris. Il fut imprimé sous forme de livret par les Éditions Silvestre, 1892 avec 12 belles reproductions photographiques en noir et blanc de Séverin et Mlle Dowe dans les rôles de Pierrot et Colombine. C’est un beau fascicule devenu collector et considéré comme publicitaire pour le vin tonique à base de Coca d’Angelo Mariani.
(3) Charles Deburau, qui va reprendre le rôle de Pierrot, est photographié à de multiples reprises par Nadar sous la dénomination Têtes d’expressions. Ce travail sera récompensé en 1855 à l’Exposition universelle de Paris.

   Si on veut aller plus loin dans la compréhension du pantomime, on se doit de lire, nous semble-t-il, Maurice Lefèvre, « La pantomime », Revue d’art dramatique, mai 1892, p. 257-268 et Arnaud Rykner (dir.), Pantomime et théâtre du corps. Le jeu du hors-texte, Rennes, 2009, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire ».

   Au niveau des visites pour ce blog, l’évolution est positive. En 2014, nous étions à 969 visiteurs et pour l’année 2015 qui se termine, nous sommes passés à 4 520. Soit un total approximatif de 5 500 observateurs pour une vingtaine d’articles publiés dont voici la liste ci-dessous. Espérons que 2016 connaîtra la même dynamique. Autre point en cette fin d’année 2015, nous tenons à saluer un ami Corse, ainsi que sa famille qui ont la particularité de m’avoir invité à observer sur l’île chez eux au calme leur magnifique collection privée de bouteilles Vin Mariani qui se compose non pas de quelques dizaines de récipients gravés Vin Coca Mariani et/ou Vin Mariani, les plus rares, mais de plusieurs centaines de bouteilles. Oui vous avez bien lu le terme de centaine. Merci encore à eux. En outre, il semblerait selon l’annonce récente du Président Bolivien Evo Morales (3 décembre 2015) reprise par la presse internationale qu’une équipe de scientifiques français aurait fait le déplacement à La Paz afin d’appuyer l’industrialisation de la feuille de coca dans ce pays, et ce à des fins médicinales. On attend avec impatience la publication de leur rapport et surtout leurs conclusions. Enfin, la lettre des amis d’Angelo Mariani se rapproche du 20e numéro. Il aura dans sa prochaine publication pour article central, la réelle valeur d’une bouteille Mariani, de nos jours, qui disons le tout de suite est bien loin des 250 000 euros revendiqués par quelques individus à la recherche d’une bonne affaire ?                           A.D

Liste des articles du blog consacré à Angelo Mariani :

Décembre 2015 : Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse Séverin Cafferra (1863-1930).

Novembre 2015 : Roland Garros et Angelo Mariani.

Octobre 2015 : La villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

Septembre 2015 : Angelo Mariani et ses principaux concurrents à la fin du XIXe siècle.

Juillet 2015 : Bastia et la Corse : hauts lieux de la conception de la première boisson à la coca inventée par Angelo Mariani et son père François Xavier.

Juin 2015 : Mariani (déc 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

Avril 2015 : Quelques vues des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine (France) au XIXe, XXe et XXIe siècle.

Mars 2015 : Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

Février 2015 : Mais qui était donc en réalité Angelo Mariani pour la famille d’Albert Robida ? (II) suite.

Janvier 2015 : Angelo Mariani et la coca dans les pas d’Albert Robida (I).

Décembre 2014 : Angelo Mariani et les Présidents de la IIIe République française.

Novembre 2014 : Mariani et la publicité en France et dans le monde.

Octobre 2014 : Julius Jaros : un homme discret et efficace ou l’ombre américaine d’Angelo Mariani.

Septembre 2014 : Louis Oscar Roty.

Août 2014 : Isabelle Chapusot.

Juin 2014 : Xavier Paoli.

Mai 2014 : Présentation des principaux personnages amis d’Angelo Mariani présents lors de l’inauguration de la fontaine la Siagnole en février 1905.

Avril 2014 : Une brève histoire de la Fontaine dite la Siagnole à Valescure commune de Saint-Raphaël (Var).

   Profitons enfin de cette occasion pour mettre en ligne la liste des articles version papier de la lettre de la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani) consacrés à Angelo Mariani et ce depuis juin 2004.

Octobre 2015, n°19 : Les premiers concurrents au XIXe siècle du vin Mariani.

Février 2015, n°18 : Plusieurs portraits d’Angelo Mariani.

Octobre 2014, n°17 : Isabelle Chapusot.

Février 2014, n°16 : Ferdinand Roybet et Angelo Mariani.

Octobre 2013, n°15 : Les formes peu académiques parfois de la publicité Mariani.

Mars 2013, n°14 : Une rencontre avec l’Ambassadeur de l’État plurinational de Bolivie en France.

Novembre 2012, n°13 : Une photographie encore quelque peu mystérieuse.

Octobre 2011, n°12 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (2eme partie).

Décembre 2010, n°11 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (1er partie).

Janvier 2010, n°10 : Un portrait d’Angelo Mariani par Carolus Duran.

Juillet 2009, n°9 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (2eme partie).

Décembre 2008, n°8 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (1er partie).

Février 2008, n°7 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (2eme partie).

Juillet 2007, n°6 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (1er partie).

Octobre 2006, n°5 : Horace Mariani et la Normandie.

Janvier 2006, n°4 : L’église catholique, les Papes et Angelo Mariani.

Septembre 2005, n°3 : Angelo Mariani et les cartes postales.

Décembre 2004, n°2 : Angelo Mariani et la Bretagne.

Juin 2004, n°1 : Angelo Mariani, une association culturelle et une lettre d’information ; la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani).                           A.D

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Roland Garros et Angelo Mariani.

   Angelo Mariani, on le sait, a beaucoup impacté d’un point de vue patrimonial les communes de Saint Raphaël et Fréjus dans le Var.

Publicité pour le célèbre Vin Tonique Mariani.

Publicité pour le célèbre Vin Tonique Mariani.

   Il est notamment l’initiateur discret d’une stèle commémorative pour le célèbre aviateur patriote Roland Garros en hommage à la première traversée réussie vers la Tunisie en Afrique, le mardi 23 septembre 1913. (Près de 800 kilomètres notamment en passant sur la partie occidentale de la Corse, au large d’Ajaccio) (1). Mariani est conscient que d’un point de vue politique, on vient d’assister à la première liaison intercontinentale de l’histoire, en matière d’aviation.

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Roland Garros. Source : Journal  L’Illustration n° 3683 du 27 septembre 1913 p 227.

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Dr : BNF.

Dr : Collection privée de M. Michel Roudillaud.

Dr : Collection privée de M. Michel Roudillaud.

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Roland Garros. Source : Journal L’Illustration n° 3684 du 4 octobre 1913 p 262.

   En effet au lendemain de ce vol historique, Angelo Mariani, qui est surtout un inconditionnel et ami de nombreux pionnier(e)s de l’aviation (En premier lieu, Alberto Santos Dumont dès 1901, Jules Védrines, Maurice Tabuteau qui fut détenteur de la durée de déplacement d’un avion en 1910, Louis Blériot qui a franchi la Manche le 25 juillet 1909, André Beaumont pseudonyme de Jean Louis Conneau membre de sa famille, Marcel Brindejonc des Moulinais, Jeanne Herveux, la baronne Raymonde de la Roche en réalité Élise Deroche, première aviatrice brevetée au monde, Maurice Farman, Louis Paulhan, Paul Tissandier, Géo Chavez et Alfred Leblanc) décide comme à son habitude (c.f la fontaine de la Sagniole à Saint-Raphaël en février 1905, le monument à la gloire du poète Armand Silvestre placé sur le Cours-la-Reine en octobre 1906 à Paris, sans oublier la statue de Frédéric Mistral à Arles en mai 1909, entre autres exemples) d’ériger un monument sur le lieu de départ de cette magnifique aventure.

Alberto Santos Dumont, Album Mariani, Tome VII.

Alberto Santos Dumont, Album Mariani, Tome VII (1902).

Louis Blériot

Louis Blériot, Album Mariani, tome XII (1910).

La baronne de la Roche.

La baronne Raymonde de La Roche. Supplément illustré, 16e série, Décembre 1911, Album Mariani.

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CPA publicitaire issue des Albums Mariani.

   En réalité, le lieu retenu sera devant l’entrée du premier aérodrome naval de France. Pour cela, il lance sans état d’âme une souscription publique et sera d’entrée l’un des plus généreux donateurs. Du début à la fin. Parmi les premiers souscripteurs, on trouve Xavier Paoli son cousin, Léon Schuster, Rolland Calvet, Georges Berget, Silvy, Ducret, Grandclément, N. Henesy, L. Brunot, le peintre Carolus Duran, Henri Falguette, Peguet et Pascal. Angelo Mariani a, en outre, déjà décidé du lieu où sera installée l’œuvre consacrée à cet aviateur hors du commun. Soit à Fréjus, à l’endroit même selon les souhaits de Mariani où Roland Garros s’est envolé. Il décide, de plus, que ce soit son ami l’académicien et poète Jean Aicard qui fasse l’éloge de l’aviateur et de son exploit le jour de l’inauguration. Pour cela, il crée un comité sobrement intitulé : Roland Garros.

   Pour être certain du résultat, il sollicite un proche, le sculpteur et graveur Louis Patriarche natif de Bastia, afin de produire un bronze encastré dans une roche de la région (méthode d’ailleurs identique à sa villa Andréa) comprenant quelques vers du poète Jean Aicard. Ce qui fut fait. On peut de nos jours encore observer le dessin préparatoire exécuté par Patriarche sous la forme d’un cliché photographique établi par un autre ami Corse d’Angelo Mariani, le photographe François Vizzavona. Ce magnifique document se trouve à Paris dans les archives de l’agence photo RMN-Grand Palais, fond Druet-Vizzavona. On n’oublie pas d’ajouter un buste réalisé par Étienne Forestier.

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L’Aérophile, 1er décembre 1925, p 354.

   Le 19 avril 1914 en présence d’une foule imposante et de nombreux officiels, le maire de Saint-Raphaël Léon Basso offre symboliquement le monument à la ville de Fréjus et à son premier mandataire. Sous les airs musicaux bons enfants d’une fanfare militaire, le voile est enlevé par la marraine du mausolée, la grande duchesse de Mecklenbourg-Schverin. Lors de cette belle journée ensoleillée, il manque cependant une personne pour que la fête soit complète. Ce n’est pas Roland Garros, qui arrive avec son amie Marcelle George, en plein milieu de la cérémonie. C’est Angelo Mariani lui-même. Ce dernier a une bonne excuse. Il vient de passer sur l’autre rive moins de trois semaines plus tôt à Valescure…

L'inauguration. Dr BNF.

L’inauguration. Dr BNF.

Jean Aicard prononçant l'éloge de Roland Garros à travers son exploit aéronautique.

Jean Aicard prononçant l’éloge de Roland Garros à travers son exploit aéronautique. Dr BNF.

Carte postale avec le monument Roland Garros.

Carte postale avec le monument Roland Garros en premier plan et derrière les baraquements de la base aéronavale.

En arrière plan de la stèle en hommage à Roland Garros, on remarque l'actuel boulevard de la Mer, commune de Fréjus.

En arrière plan de la stèle en hommage à Roland Garros, on remarque l’actuel boulevard de la Mer, commune de Fréjus.

  Le dimanche 24 septembre 1922, la municipalité de Fréjus selon la presse de l’époque « fête dignement le 9e anniversaire avec un monument magnifiquement décoré ». En 1933, pour la vingtième commémoration, le groupement de l’aéro-club de France fit placer une palme de bronze au pied de la stèle portant l’inscription :  « A Roland Garros » en présence notamment des maires de Fréjus M. Fabre et de Saint-Raphaël, M. Bruère.

Une stèle historique à Fréjus au parcours pour le moins étonnant.

   Ce monument décidé par Angelo Mariani à la gloire de Roland Garros va ensuite connaître bien des vicissitudes. Notamment des déplacements, des composants « volatilisés » et des « modifications » en tout genre. Arrêtons-nous un instant sur cet objet culturel. Il se compose alors pour l’essentiel de cinq éléments.

Croquis de la stèle dans les années trente.

Croquis de la stèle dans les années trente.

   À son sommet, le buste de Roland Garros produit par Étienne Forestier. Ensuite le bronze de Patriarche. Ce dernier est placé sur un bloc d’Esterellite dit aussi porphyre bleu de l’Esterel sorte de roche dure comme le granite et issu d’une carrière proche. À cela s’ajoute à la base de l’œuvre un petit bronze avec l’inscription suivante voulue par Angelo Mariani : La ville de Saint-Raphaël à la ville de Fréjus. Enfin, un socle conséquent d’une dizaine de centimètres de hauteur. Après la Grande Guerre, la stèle en l’état est à chaque 11 novembre honorée par les riverains. Personne n’oublie en effet que Roland Garros est tombé au champ d’honneur, le 5 octobre 1918. Puis les années passent. Lors du Second conflit mondial et l’occupation du département du Var par les armées allemandes, le monument n’est pas inquiété. Même chose, semble-t-il, avec la tragédie de Malpasset en décembre 1959 qui provoqua la mort de 423 personnes. La base aéronavale de Fréjus, qui se trouvait sur le trajet de la vague de 40 mètres de hauteur, avait été à plus de soixante-quinze pour cent détruite.

   En 1986, une enquête dans le cadre d’un inventaire général du patrimoine culturel pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur sous la référence IA83000667 constate toujours l’existence du buste d’Étienne Forestier et du bronze de Patriarche. Le second petit bronze n’est, par contre, pas mentionné, ni même la palme. En réalité, ils ont déjà disparu. À contrario une nouvelle plaque en marbre est apparue. Elle correspond au souvenir de l’Union des Évadés de guerre dont Roland Garros fut le cofondateur.

Plaque en marbre placée par l'Union Nationale des Evadés de Guerre.

Plaque en marbre placée par l’Union Nationale des Evadés de Guerre.

   En 2003, un colloque et une exposition sont organisés pour le 90e anniversaire de la traversée de la Méditerranée à Fréjus. Le monument est légèrement modifié.

plexiglassgarros   Un support en plexiglas apparaît en lieu et place du bronze de Patriarche qui n’est plus présent avec un texte qui comporte une anomalie typographique : Fréjus est écrit en minuscule et Bizerte en lettres capitales. On remarque aussi une iconographie qui interroge ? L’avion représenté est-il bien un Morane-Saulnier ? Une publication en l’occurrence les actes de cette manifestation culturelle intitulée : Roland Garros, n°15 doit ensuite voire le jour par le biais de la Société d’Histoire de Fréjus et de sa région. Mais ce document pour des raisons techniques ne fut jamais imprimé. On profita malgré tout de cette commémoration pour déplacer la stèle. Elle quitta l’entrée de la base aéronavale et rejoignit la plage au bout du boulevard de la Mer toujours à Fréjus face à la Méditerranée. (Par cette action, on exauçait du même coup et peut-être sans le savoir le vœu initial d’Angelo Mariani !).

   Autre élément intéressant le 12 octobre 2008 à Paris et plus précisément à l’Hôtel Marcel Dassault, 7 rond-point des Champs-Élysées à Paris eut lieu une vente aux enchères sous l’autorité du Commissaire-priseur Monsieur Hervé Poulain concernant à la fois des lettres et manuscrits de Jean Mermoz et une collection de Monsieur A et à divers.

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Dr : Artcurial.

   Le lot 298 est présenté ainsi : 1ere traversée de la Méditerranée le 23 septembre 1913 : Roland Garros sur Morane-Saulnier. Plaque en bronze du sculpteur L.Patriarche 46,5 X 58,5cm. Avec un poème de Jean Aicard inscrit sur la plaque : « Seul le 23 septembre en l’an 1913, Garros en monoplan sans flotteurs, prit essor dans ce golfe, et, courrier de l’audace française, en 7 heures par un matin d’azur et d’or, survolant le premier la vaste mer déserte, il alla se poser d’un bond sur Bizerte ». Estimation 5 000 – 6 000 € . Vendu 5 700 €.

   De toute évidence, ce lot doit être une copie de l’original réalisé par l’artiste en 1914.

   En janvier 2010, le quotidien Var-Matin publie un article fort passionnant intitulé : Fréjus : Ces statues au gré du temps. On y apprend par la voix de Philippe Cantarel, guide conférencier de la ville que cette pièce en hommage à Roland Garros est la plus célèbre de la commune. On peut aussi constater par le biais de la photographie réalisée par Philippe Arnassan, afin d’illustrer le propos du journaliste E.D, que le bronze de départ signé par Patriarche a bien été remplacé par un autre bronze quelconque.

On peut apprécier la finition de la mise en place.

On peut apprécier la finition de la mise en place…

   Et qui comporte la même bizarrerie typographique que sur le plexiglas : là aussi le nom de la ville de Fréjus est inscrit en minuscule et celui de Bizerte en lettres capitales. On remarque aussi que le buste de Garros au niveau de l’arcade sourcilière gauche est maintenant abîmé, tout comme la narine droite et l’œil droit de Roland Garros. Et même le bord de sa casquette droite…

DSCF4549   En novembre 2015, ce qui reste de la statue voulue par Angelo Mariani en hommage à Roland Garros pour son exploit aéronautique à la face du monde, s’enfonce quelque peu dans l’oubli et dans les sables de cette belle plage de Fréjus, ville d’art et d’Histoire. Tout en regardant, fière et stoïque, la Méditerranée, la Tunisie et la Corse…jusqu’à quand ?                                                                                           A.D

(1) Mercredi 24 septembre 1913, L’Aurore, en première page de ce quotidien, article intitulé : La conquête de l’air. Garros traverse la Méditerranée.

   J’ai le plaisir pour l’aide apporter dans la réalisation de ce texte, de remercier Mme Saliha Ollivier, spécialiste de l’histoire de Roland Garros en général et de sa traversée vers Bizerte en particulier, M. Michel Roudillaud, historien des communes de Saint-Raphaël et de Vidauban, sans oublier Mme Julie Mariotti, attachée de conservation au service archéologique de la commune de Fréjus. Il en va de même avec Mme Brigitte Auloy, Adjointe au Maire, déléguée au patrimoine, à l’Animation, à la culture et au tourisme et M. le Sénateur du Var, Maire de Fréjus, M. David Rachline.

Roland Garros face à la Mediterranée.

Roland Garros face à la Méditerranée.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

 

La Villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

   L’origine tout d’abord du nom de cette villa : Andréa est le prénom du second enfant d’Angelo Mariani née le 8 août 1874 à Paris. Sa fille unique quitte ce monde cependant en avril 1894 à peine âgée de 19 ans plaçant un temps Angelo Mariani dans une immense tristesse. D’autant qu’il avait déjà perdu son premier fils André, en avril 1878 en Corse, né le 2 juin 1871 dans la capitale. Il avait été touché lui aussi par une maladie incurable au même titre que leur mère la même année.

André Mariani (Paris 18 Corse 18. Repose au Père Lachaise.

André Mariani (Paris juin 1871- Corse avril 1878). Il repose au Père Lachaise.

L’aspect extérieur de la villa Andréa :

   À la lecture de l’historien Jacques Chevillard, on apprend qu’en septembre 1888, les architectes Sylvain Ravel et Henri Lacreusette sont chargés de construire pour Angelo Mariani, une villa à Valescure appelée Andréa située près du carrefour dit des Anglais qui domine un vaste parc d’une dizaine d’hectares planté de nombreuses variétés de palmiers, camélias et lauriers-roses. On pouvait même en 1905 visiter les lieux en s’adressant au jardinier sur place. En outre selon les écrits et les propos de Louis Marsan en mars 1977, il y avait aussi des pins parasols et des eucalyptus dans les jardins de la propriété Mariani. Au début du XXIe siècle, Angelo Mariani fit agrandir sa villa avec une très grande dépendance dénommée les Violettes par les soins de M. Aragon entrepreneur à Saint-Raphaël sous l’autorité de l’architecte M. Léon Sergent d’après les indications de Mme Lindsay Benoît arrière petite fille de ce dernier. Cette seconde maison servait à recevoir tous les amis de passage à l’image de l’aviateur Roland Garros.

Cette seconde demeurre servait pour recevoir diverses parfois même en location.

Cette seconde demeure servait pour recevoir diverses personnalités quand la villa Andréa est déjà au complet. La villa Les Violettes était même louée à des amis lorsqu’ Angelo Mariani était absent de Valescure.

   Le portail d’entrée de la villa était composé d’un bas relief exécuté par Oscar Roty (excusez du peu !) : L’amour dans les bras d’une nymphe. Cet objet de collection fut malheureusement dérobé par un passant indélicat selon les dires de Mme Émilie Michaud-Jeanin dans un article de Var Matin paru en août 1989 et intitulé : Villa André : le souvenir d’Angelo Mariani.

L'entrée de la villa Andréa. Sur le pilier droit du portail, on distingue au dessus de la sonnette, la plaque de Roty.

L’entrée de la villa Andréa. Sur le pilier droit du portail, on distingue au dessus de la sonnette, la plaque de Roty.

  À noter les magnifiques images prises à cette occasion par le journaliste et photographe Philippe Arnassan, pour illustrer l’article. Et que l’on a plaisir, ici, à remercier.

Vue extérieure, facade Nord de la villa Andréa. Sur la gauche de la photographie, on distingue la disparition de la plaque réalisée par Oscar Roty.

Vue extérieure, façade Nord de la villa Andréa. Sur la gauche de la photographie, on distingue la disparition de la plaque réalisée par Oscar Roty.

Entrée de la villa Andréa orienté à l'est. On constate en matière architecturale que la toiture a été remplacée par de magnifiques terrasses.

Entrée de la villa Andréa orientée à l’Est. On constate en matière architecturale que la toiture a été remplacée par de magnifiques terrasses.

Grâce à l'ingéniosité de la prise de vue, on observe avec délice la qualité des ornements architecturaux de la villa Andréa réalisée au XIXe siècle.

Grâce à l’ingéniosité de la prise de vue de cette photographie, on observe avec délice la qualité des ornements architecturaux de la villa Andréa construite à la fin du XIXe siècle.

La villa Andréa : un petit musée omniprésent, même dans le jardin.

   A l’approche du vestibule, les invités de Mariani pouvait admirer une nouvelle oeuvre d’Oscar Roty connu sous la célèbre appellation : In labore quies. Le visiteur pouvait aussi observer de nombreuses plaques de bronze d’Eugène Mouchon apposées sur les murs extérieurs encadrant les fenêtres. Dans le jardin, c’est avant tout le monument de Théodore Rivière en hommage au Djinn ou dit souvent Lanceur de pierre qui attirait l’attention. Il y avait en outre selon Georges Régnal, la merveille dite : Les Hordes d’Attila  bloc de bronze imposant de plusieurs centaines de kilogrammes (1). Du même artiste, la fameuse nymphe de la Siagnole en bronze elle aussi placée cette fois à l’extérieur de la propriété de Mariani selon les directives de ce dernier afin que les passants puissent en profiter.

Jardin et terrasse de la Villa Andréa.

Jardin et terrasse de la Villa Andréa.

   C’est aussi en ce lieu qu’Angelo Mariani recevait régulièrement Les Petits Éclaireurs Raphaëlois qui venaient souvent en nombre. Des groupes d’une cinquantaine éléments n’étaient pas rare dans son jardin.

Mariani ou le mécène discret des Petits Éclaireurs Raphaëlois.

Mariani ou le mécène discret des Petits Éclaireurs Raphaëlois. Cette iconographie provient de la collection privée de M.   Michel Roudillaud, écrivain spécialiste de l’Histoire de nombreuses communes du Var en général et de Saint-Raphaël en particulier.

Les proches alentours de la villa :

   Angelo Mariani aime à se promener. Le voici aux abords de sa villa de retour d’une balade.

Par une belle journée ensoleillé Angelo Mariani accompagné par un ami est de retour à la villa Andréa. En arrière plan ce mur en pierre de taille existe toujours. Photographie de Jacques Mariani.

Par une belle journée ensoleillée Angelo Mariani accompagné par un ami est de retour à la villa Andréa. En arrière plan le mur en pierre de taille existe toujours. Photographie de Jacques Mariani.

Les hommes passent, les pierres restent.

Les hommes passent, les pierres restent.

   En 1965, la villa Andréa dénommée parfois Mariani est vendue. Dans les murs, on pouvait encore observer en 1977 des œuvres d’art sous forme de plaques de cuivre encastrer dans les murs. Sur l’une d’entre elles, on pouvait même y lire une citation d’Émile Rochard en date de 1898 : Oasis souriant à l’irréel des rêves. Valescure est un parc endormi dans l’azur, vrai paradou, repos berceur, asile sûr qui prolonge la vie et rend les heures brèves. Il y avait aussi un magnifique bas relief en céramique polychrome de 2,50 sur 2,30 mètres représentant des porteuses d’offrandes javanaises réalisé par Théodore Rivière.

Ornement mural en céramique de toute beauté.

Ornement mural en céramique de toute beauté.

   Puis au milieu des années 80, la bâtisse est démolie au profit d’un immeuble résidentiel. Mais au fait que sont devenues toutes ces œuvres d’art ?

Quand une résidence du XXe remplace une villa du XIXe siècle...

Quand une résidence du XXe remplace une villa du XIXe siècle…

   En février 1996, le courrier de Valescure n° 23, sous la plume de Pierre Fernez présente à son tour Angelo Mariani, et sa villa Andréa avec la modification de l’emplacement de la fontaine en ces termes : En 1985, Mme Baur présidente de notre association inaugura une seconde fois la fontaine de Valescure (ce qu’il en reste), 80 ans plus tard. Le carrefour des Anglais et sa fontaine  « marque » aujourd’hui l’entrée du quartier résidentiel de Valescure. En mars 2004, le courrier de Valescure n° 39, revient une nouvelle fois sur Mariani avec un texte de Corinne Galland évoquant la naissance du Coca-Cola.

   La même année le 26 novembre une conférence-diaporama sur Angelo Mariani est organisée à la médiathèque dans l’auditorium Saint-Exupéry du centre culturel de Saint Raphaël. La rencontre est dirigée par la Société d’histoire de Fréjus et de sa région avec l’association de Valescure. Elle reçoit Corinne Galland, Pierre Nicolini et Guy Petit Bova qui évoquent la mémoire de Mariani et sa « vaste » villa de Valescure.

   En 2007, l’un des meilleurs restaurateurs de Saint-Raphaël, Paul Duranton, eut à juste titre les honneurs de Var matin. Ce dernier, seul, uniquement pour son plaisir avait remis en évidence dans son établissement du centre-ville, Angelo Mariani, l’homme qui inventa le french tonic wine et sa célèbre Villa Andréa.

À l’intérieur :

Pour cela entrons sans effraction avec Angelo Mariani dans sa villa.

Angelo Mariani avec son célèbre cigare à son nom et produit à Cuba devant l'une des portes d'entrées de sa villa. Photographie de Jacques Mariani.

Angelo Mariani avec son célèbre cigare à son nom et produit à Cuba devant l’une des portes d’entrées de sa villa. Photographie de Jacques Mariani.

À l’intérieur :

   On pouvait tout d’abord voir deux oeuvres du sculpteur et dessinateur Corse Louis Patriache. Soit un beau tableau intitulé : La Provence et un portrait en relief représentant Xavier Paoli. À cela s’ajoutaient plusieurs toiles de Jean Renié (Vue de Fréjus) et d’Atalaya (Sancho et Don Quichotte). Sans oublier deux bustes réalisés par Jean Baffier dénommés : La femme au gui et l’Angèle et un ensemble collectif sous le nom de : La cuvée. De plus, on ne pouvait pas manquer le tableau de Guillemet ; Bords de Seine (environ de Paris). Sur la balustrade du balcon face au salon trônait sur un piédestal de marbre, la statuette d’Oscar Roty, la encore réalisé par Théodore Rivière.

   Grâce à un lecteur assidu (2) de notre blog consacré à l’oeuvre d’Angelo Mariani, nous avons eu le plaisir d’être contacté afin d’apprendre l’existence d’une photographie inédite d’Angelo Mariani prise à l’intérieur de la Villa Andréa à Saint-Raphaël (Var). Nous avons pu ensuite obtenir cette image que nous vous présentons maintenant :

Photographie prise entre 1909 et 1914 par Jacques Mariani

Photographie prise entre 1912 et 1914 par Jacques Mariani

   Sur cette photographie noire et blanc, on dénombre neuf personnes. Au premier coup d’oeil, de gauche à droite, on peut aisément distinguer tout d’abord Joseph Uzanne, puis Oscar Roty. Vient ensuite Angelo Mariani debout avec son éternel cigare à la main. Devant lui est assis sur un petit banc capitonné un inconnu. Qui est-il ? Au centre, l’épouse de Jacques Mariani (Louise Laroque) et sa maman à ses côtés. En s’approchant de la fenêtre, on voit semble-t-il l’aide ménagère et devant elle un enfant assis en tailleur non identifié. Enfin tout à droite de l’image, on aperçoit Xavier Paoli, cousin de Mariani. Cette photographie fut prise dans les années 1912-1913.

Aujourd’hui :

   D’un point de vue patrimonial à Valescure, tout a disparu ou presque, semble-t-il, de la villa Andréa. Il ne reste plus rien (?) de cette magnifique demeure qui reçut les plus grands de ce monde et qui fut pour partie à l’origine aujourd’hui de la marque mondiale la plus connue de la planète en ce XXIe siècle. Pas même une plaque d’information en cet endroit pour informer les touristes. Encore moins le nom d’une rue à son patronyme dans la commune. Ni d’ailleurs dans aucune ville ou village sur le continent, ni même en Corse son île adorée par-dessus tout. Étonnant ? Non pas vraiment. Selon un dicton populaire, il se dit que nul n’est vraiment prophète dans son pays…. Alors pourquoi un tel oubli ? On est vraiment en droit de se poser cette légitime question. Mais qui sait, peut être qu’un jour, cette injustice mémorielle sera enfin réparée.      A.D

villa 37(1) On peut admirer ce magnifique bronze de nos jours au musée de la Piscine à Roubaix.

(2) En l’occurrence M. Sylvain Calvier,  photographe, historien et archiviste, basé au 21 rue Saint Paul dans le 4e arrondissement de Paris.

Dans cet agréable magasin de photographie au coeur de Paris dormait cette photographie de Mariani à Valescure prise par son fils Jacques.

Dans cet agréable magasin de photographies au coeur de Paris dormait depuis de nombreuses années une photographie de Mariani à Valescure prise par son fils Jacques.

   Nous avons aussi retrouvé dans nos archives un dossier intitulé Angelo Mariani avec une photographie sans nom. Qui est-il ? Qui peut nous informer de son patronyme ?

Qui est-il ?

Qui est-il ?

   À noter les deux très beaux livres de Michel Roudillaud parus aux Éditions Alan Sutton dans la collection Mémoire en images, intitulés : Saint-Raphaël. (Tome 1 : 128 pages et tome 2 : 223 pages).

Saint-Raphaël de Michel Roudillaud, tome 2.

Saint-Raphaël de Michel Roudillaud, tome 2.

villa 36Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.