Angelo Mariani et son vin à la coca à la rencontre de la Chine.

   Pour certains, de nos jours, au ton parfois condescendant, Angelo Mariani ne fut qu’un modeste négociant corse en vin pharmaceutique sur la place de Paris. Et qui plus est, l’initiateur uniquement involontaire, car inspiré d’un autre produit qui deviendra par la suite une célèbre marque américaine. Cherchez à vouloir cantonner Angelo Mariani dans cette idée est pour le moins étrange pour ne pas dire plus.

   Car c’est nié avant tout le génie de ce corse hors du commun. En réalité pour les historiens en ce début de XXIe siècle, Angelo Mariani, fut beaucoup plus que ce cliché réducteur. Outre le fait d’avoir été un très grand mécène, un éditeur, un humaniste, un publiciste, un millionnaire, un scientifique, il fut aussi un visionnaire audacieux. Et le temps (un siècle plus tard) lui donnera raison. Qu’on en juge par ces choix entrepreneuriaux ! Après de multiples déplacements (1) aux États-Unis, il comprit que la législation parfois évolutive et protectionniste de ce pays (60 millions d’habitants en 1890) ne lui permettrait pas de s’y implanter à long terme. Par contre le marché chinois qu’il étudiait depuis 1880 lui paraissait déjà plus prometteur….C’est ce qui explique pourquoi, grâce à l’aide de son cousin Xavier Paoli (2), il se mit en relation avec les rares personnalités françaises présentes dans la capitale qui étaient en contact régulier avec l’Empire chinois comme Judith Gautier et Frandon Ernest.

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Judith Gautier, éminente spécialiste de la civilisation chinoise. Album Mariani, Tome II, 1896.

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Ernest Frandon, Diplomate français qui fut en poste en Chine à Fou-Tchéou et Shanghai. Album Mariani, Tome VI, 1901.

L’épisode chinois d’Angelo Mariani.

   Angelo Mariani essaye donc à la fin des années 1880 d’entrer en contact avec le marché chinois (350 millions d’individus). Pour cela, il entretient des relations amicales avec les différents représentants de Sa Majesté l’Empereur (Guangxu 1875-1908),

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Dr : Musée du Gugong, Pékin, Chine.

puis celle de (Puyi 1908-1911) qui se succèdent à Paris et ayant en charge les intérêts chinois pour l’Europe. On voit ainsi Angelo Mariani à son domicile de Neuilly-sur-Seine avec S.E Ling-Y-You, mais aussi avec Ou-Tai-Tchang, sans omettre Soueng-Pao-Ki et Liou-She-Shun. Le fils de Mariani, Jacques, fera de même après l’avènement de la République chinoise en janvier 1912 et représentée en France à Paris par S.E Tcheng-Loh (1877-1939) marié à Mme Khan. Sans oublier Son Excellence Kao Lou (1877-1947) ministre plénipotentiaire de Chine à Paris en 1930.

Secrétaire d'Ambassade Extraordinaire de Chine

Ling-Y-You, Secrétaire d’Ambassade Extraordinaire de Chine à Paris, Album Mariani, Tome V, 1900.

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Ou-Tai-Tchang. Diplomate chinois en poste à Paris, Album Mariani, Tome V, 1900. Se rend souvent chez Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

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Soueng-Pao-Ki, Ministre de Chine nommé en 1902 à Paris. Album Mariani, Tome IX, 1904.

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Son Exc Liou-She-Shun, est nommé Ministre de Chine en France en 1905. De 1894 à 1898 il était déjà en poste à Paris. Album Mariani, Tome XI, 1906.

Tcheng-Loh, Ministre de Chine en France. Album Mariani, Tome XIV, 1924.

Tcheng-Loh, Ministre de Chine en France. Album Mariani, Tome XIV, 1924.

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Son Exc Kao Lu parfois dénommé Lu Gao (1877-1947). Ami de Jacques Mariani apparait dans le supplément Mariani, 28e série, 1931.

   Sur place en Chine dans la concession française de Shanghai, le vin Mariani est distribué à la fois par un certain G. Parisot P.O Box 1208 et surtout par A. Cohen et Jean Beudin (né à Paris le 25 novembre 1880) situé à la 25e Kiangse Road (3).

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Publicité Mariani en 1926.

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Dr : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

   On trouve aussi le vin Mariani chez le négociant Charles Hérou et son associé J. M Masson au 30 rue de France dans la concession étrangère de Tient-sin aujourd’hui Tianjin à 110 kilomètres au sud de Pékin.

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L’Illustration, 30 juin 1900.

   C’est surtout la consécration de ce breuvage selon le témoignage du journaliste, explorateur et géographe Jean Hess qui évoque l’utilisation du vin Mariani en juillet 1899 par l’Empereur de Chine. Sa Majesté Guangxu suit une cure au vin Mariani afin d’améliorer sa santé.

Les Chinois à Paris et Angelo Mariani.

   Le peintre Enrique Atalaya, n’hésite pas à son tour à présenter Angelo Mariani entouré de ses amis. On y voit un général avec son bicorne, (Louis Archinard ?), un officier avec son képi rouge au liseré d’or et avec en arrière-plan la tour Eiffel. Parmi les personnages on croise un Chinois de dos au premier plan. Est-ce Ou-Tai-Tchang ? Nous sommes en 1899.

Angelo Mariani et un ami chinois lors d'un moment festif à Paris.

Angelo Mariani et un ami chinois lors d’un moment festif à Paris.

   C’est en octobre 2007 dans le bulletin n°14 des Amis d’Albert Robida Le Téléphonoscope, qu’apparaît pour la première fois cette photographie ci-dessous dans un article signé de l’universitaire Sandrine Doré.

Un déjeuner avec Angelo Mariani

Un déjeuner avec Angelo Mariani.

   Outre Mariani et son frère Horace, on y distingue aussi Albert Robida et Ou-Tai-Tchang. En mai 2012, plusieurs convives sont identifiés avec l’apport visuel de Bertrand Hugonnard Roche (3) comme Paul Arène (?), Oscar Roty, Joseph Uzanne et Ou-Tai-Tchang. En novembre 2012 dans notre lettre de la SAAM (Société des Amis d’Angelo Mariani) n° 13, on y apporte le nom de Xavier Paoli. En septembre 2013, grâce toujours à la sagacité de Bertrand Hugonnard Roche, la progression dans l’identification des participants à ce repas champêtre, se poursuit. De nouveaux noms se font jour, comme Marie Augustine Roty, Maurice Roty, et Armand Silvestre. À ce stade de nos connaissances, on peut y adjoindre en février 2016, Isabelle Chapusot.

trianon quatro   Cela nous donne dès lors une liste plus fournie, mais toujours incomplète : 1) Un serveur anonyme 2) Xavier Paoli 3) Oscar Roty 4) Paul Arène 5) ? 6) ? 7) ? 8) Marie Augustine Roty 9) ?10) ? 11) Horace Mariani 12) Maurice Roty 13) Albert Robida 14) Ou-Tai-Tchang 15) ? 16) ? 17) Angelo Mariani 18) Armand Silvestre 19) Isabelle Chapusot et 20) Joseph Uzanne. Cette photographie en 2016 est loin d’avoir révélé tous ses secrets. Que représente par exemple l’insigne porté sur le revers de certains vestons ? Est-on en forêt de Rambouillet ? Quand et par qui a été réalisé la prise de vue (Jacques Mariani fils d’Angelo Mariani et photographe reconnu ?) ?

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Il y a véritablement deux personnages qui écrasent la photographie : Un Corse et un Chinois. Joseph Uzanne à l’extrême droite de la table semble, partager ce constat.

   On le sait Angelo Mariani n’a pu amener à bien ce fabuleux concept. La mort le rattrape un 1er avril 1914 dans sa villa Andréa à Valescure sur les hauteurs de Saint-Raphaël dans le Var (6). Un siècle plus tard, les Chinois sont devenus propriétaires d’une centaine de châteaux dans le Bordelais. Ils sont les premiers importateurs de Bordeaux au monde (55 millions de bouteilles par an) afin de répondre à l’attente du consommateur chinois exigeant, sans oublier qu’ils possèdent en outre le second vignoble de la planète. D’après vous, Angelo Mariani, avait-il vu juste ?                                                A.D.

(1) Les paquebots La Touraine et La Gascogne furent les navires les plus prisés par Angelo Mariani afin de se rendre à plusieurs reprises à New York.

img20160219_21383608L’une des explications possibles pour l’attrait de ces bateaux est due au fait qu’ils étaient dirigés par l’un de ses amis proches né à Bastia en 1841, le commandant Sauveur Santelli.
(2) Xavier Paoli que nous avons déjà présenté dans ce blog fut aussi connu comme le fonctionnaire de police attaché à la sécurité des personnalités, le plus décoré de France. Avec pas moins de 42 décorations étrangères. Sa notoriété est telle, qu’il fit l’objet de nombreux articles à l’image de celui du 24 septembre 1911 dans le New York Times et intitulé : Guardian of kings tells of royalty he has met.

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Portrait de Xavier Paoli en 1911.

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Intérieur du domicile de Xavier Paoli à Courbevoie au 17 rue du Souvenir. Dr : Gallica/BNF.

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Intérieur du domicile de Xavier Paoli à Courbevoie au 17 rue du Souvenir. Dr : Gallica/BNF.

(3) Sur cet épisode, où la ville de Shanghai comptait déjà un million d’habitants en 1900, il peut être utile de lire le très bel article en langue anglaise de Michelle Qiao intitulé : Another Hudec masterpiece. Texte paru le vendredi 3 avril 2015 dans le quotidien numérique : http://www.Shanghaidaily.com/
(4) Bertrand Hugonnard Roche libraire est aussi le responsable du blog consacré à Octave Uzanne : http://www.octaveuzanne.com/

Octave Uzanne

Octave Uzanne.

(5) Enfin si on veut obtenir des informations économiques fiables sur la Chine d’aujourd’hui, on peut surfer sur le très bon site https://irigeo.wordpress.com/ Géopolitique de l’Extrême-Orient tenu par un jeune géographe Franz Massias passionné par ce magnifique état-continent.
(6) À noter que la fiche Wikipédia consacrée à Angelo Mariani,  inscrit par erreur, Paris comme lieu de son décès.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

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Quand la coca et la cocaïne ont rencontré le Vin et l’Élixir Mariani à 250 000 euros la bouteille.

   En ce début de XXIe siècle, on redécouvre ça et là des bouteilles de Vin Mariani à la coca. Ces breuvages oubliés dans des greniers et autres caves alimentent parfois un discours peu scrupuleux financièrement et scientifiquement sur ce produit. Pire celles et ceux qui exhument ces breuvages sont dès lors persuadés d’avoir entre leurs mains un véritable trésor. Oui et non à vrai dire, est-on obligé de leur répondre. En matière de patrimoine historique, cela ne fait aucun doute. Une bouteille Mariani encore pleine à sa place dans un musée et non pas dans le coffre d’une banque. Ce sont des produits pharmaceutiques, gastronomiques et culturels français et américains qui ont marqués leur époque. Cette boisson appartient à l’Histoire.

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   Par contre d’un point de vue financier, il en va tout autrement. Bien que certaines personnes s’évertuent à lancer des prix astronomiques comme 250 000 euros (a) bien évidemment sans fondement avec la réalité (à quelle fin?), les bouteilles Mariani poursuivent leur chemin. Il existe d’ailleurs plusieurs modèles. Celui qui est le plus connu correspond à la contenance de 50 cl et est dénommé Coca Mariani. Mais ont ne doit oublier qu’Angelo Mariani et ses successeurs firent aussi des bouteilles d’un litre, de deux litres et à l’opposé des mignonnettes de 25 cl. Sans parler d’aux moins quatre autres marques avec la boisson dite Vin Mariani, l’élixir Mariani et l’apéritif Mariani. À cela s’ajoutent les petits flacons à la Terpine Coca Mariani d’une contenance de 12 cl.

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   N’écartons pas non plus les contrefaçons actuelles. Avec des prix hallucinants évoqués précédemment pour des bouteilles Mariani. Certains faussaires ont flairé la bonne affaire. À partir d’une bouteille vide, on n’hésite pas à coller une étiquette trouvée et/ou reproduite sur Internet. À cela, on y ajoute un bon vin de Bordeaux et une ligne de……Le tout vendu comme étant un original découvert comme par enchantement.

   D’emblée il nous paraît important à ce stade de notre réflexion de poser un élément de base essentiel pour bien appréhender notre problématique. La bouteille de vin la plus chère au monde en octobre 2015, était un Château Lafite de 1787 au prix de ….125 000 dollars. Aujourd’hui le château Lafite devenu Lafite-Rothschild est un très grand domaine viticole dans la région de Bordeaux en France qui approche une superficie de 200 hectares, dont plus d’une centaine est réservée à la vigne. Reconnu pour ses vins célèbres et prestigieux, et ce depuis 1855 ce lieu emblématique bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée. Ce prix est dû en outre pour la présence exceptionnelle des initiales Th.J. gravées sur le verre de la bouteille, faisait référence à l’individu à laquelle elle appartenait : le président des États-Unis d’Amérique, Thomas Jefferson. Cette bouteille unique contient du vin de Bordeaux et a été vendue en 1985 aux enchères par la Maison Christie à Londres pour 125 000 dollars, ce qui était alors l’équivalent de 116 000 euros. Ce breuvage se trouve aujourd’hui parmi la collection Forbes à New York (E.U).

   À titre de comparaison en 1970 à Londres fut vendue lors d’une enchère une bouteille Mariani datée de 1880 à moitié pleine à peine 4 livres sterling soit 11 dollars de l’époque… En Bretagne (France) à Nantes en 2004, une bouteille pleine Mariani de 1915 authentique que j’ai pu tenir entre mes mains fut mise en vente au prix de départ de 250 euros. On le voit on est bien loin des 250 000 euros évoqués précédemment. Plus près de nous en décembre 2009 aux E.U fut proposée à la vente une authentique bouteille de 1895 avec pour prix de départ à 10 000 dollars (6 700 euros)….Pour info jamais évoquée, n’oublions pas toute de même que le vin de bordeaux utilisé par Mariani était un château de très grande facture : le Henri Clausel et Compagnie. Plusieurs années plus tard, cette même bouteille réapparaissait dans un laboratoire d’une Université canadienne. En mai 2015, sur un site de vente en ligne on pouvait lire l’offre suivante (sans aucune modification) : Bouteille de collection vin mariani • Neuville-Saint-Rémy 250 000 euros : Date de publication: 04/05/2015 Localisation: Neuville-Saint-Rémy, Nord, France AVIS AUX COLLECTIONNEURS à vendre !!! bouteille de coca mariani datant de 1863 ENVIRON 3 EXEMPLAIRES CONNUS à ce jour dont un à DUBAY.

   Profitons de l’occasion pour remercier vraiment en premier lieu un descendant de la famille Roty qui nous a transmis des informations très précieuses concernant l’unique photographie connue à ce jour, prise à l’intérieur de la villa Andréa. Cela nous donne la quasi-totalité des identités présentes sur la photographie prise en 1910 ou au début de 1911 par Jacques Mariani.

La famille Roty chez Angelo Mariani à la Villa Andréa.

La famille Roty chez Angelo Mariani à la Villa Andréa.

   1) Joseph Uzanne (4 septembre 1850-19 avril 1937), secrétaire particulier d’Angelo Mariani, 2) Oscar Roty (12 juin 1846-décédé le 23 mars 1911 à Paris), 3) Ange François Mariani ( il rend son dernier souffle 1er avril 1914 en ce lieu de Valescure à Saint-Raphaël), 4) inconnu pour le moment, 5) Louise Laroque, belle fille d’Angelo Mariani et épouse de Jacques Mariani (octobre 1875-décembre 1935) le photographe, 6) la belle mère d’Oscar Roty soit Augustine Caroline Boulanger épouse du ferronnier d’art Pierre Boulanger, 7) l’épouse d’Oscar Roty soit Marie Augustine Roty née Boulanger le 24 avril 1862 et décédée le 10 novembre 1953, 8) Xavier Paoli (14 septembre 1835-6 juillet 1923) cousin d’Angelo Mariani et surtout descendant de Pascale Poali (b), 9) Georges Roty (1892-1973) fils de Marie et d’Oscar Roty (c).

Les différents personnages de ce cliché.

Les différents personnages de ce cliché.

l'inconnu de la Villa Andréa.

l’inconnu de la Villa Andréa.

   On a maintenant le plaisir de présenter un nouveau document original représentant Angelo Mariani selon un travail préparatoire d’Oscar Roty, repris par le graveur Charles Albert Waltner (1846-1925).

Un portrait d'Angelo Mariani vu par Oscar Roty et Charles

Un portrait d’Angelo Mariani vu par Oscar Roty et Charles Albert Waltner.

Un ami discret d'Angelo Mariani : Walner.

Un ami discret d’Angelo Mariani : Waltner.

   Il nous reste à trouver l’identité de la dernière personne n°4, non reconnue à ce jour présente sur le cliché. À cette recherche, nous joignons un cliché d’un autre individu semble-t-il, contemporain de Jacques Mariani fils d’Ange François Mariani. Au cas ou quelqu’un(e) l’identifierait…

Un ami de Jacques Mariani ?

Un ami de Jacques Mariani ?

   Ensuite nous tenons à remercier le responsable discret d’un beau site internet basé à Bastia et qui nous communiqué une photographie originale issue d’une carte postale représentant la pharmacie dite de la Croix Rouge. Iconographie peu banale (d). C’est en ce lieu que furent réalisés les prototypes de la boisson à la coca par Angelo Mariani avec l’aide de son père.

Un lieu emblématique dans l'épopée d'Angelo Mariani.

Un lieu emblématique dans l’épopée Corse d’Angelo Mariani.

  À noter enfin le très beau site : www : bouteillesanciennes.net et/ou https://bouteillesanciennes.wordpress.com/ qui a jugé utile de faire un lien internet vers notre propre blog. Cela permet a tous les passionnés de bouteilles Mariani dans savoir un peu plus. On peut d’ailleurs y lire un très bel article intitulé : Un vin tonique pour bien commencer l’année 2016! / Some tonic wine to start 2016 at full speed!              A.D

(a) Le Parisien, Un musée plein de raretés.

(b) Nous avons déjà évoqué dans un précédent billet ce personnage Corse attachant tombé lui aussi dans l’oubli. Peut être n’est-il pas inutile de préciser qu’il fut à titre exceptionnel, le premier récipiendaire de l’Ordre Royal de Victoria sur décision de la Reine en personne lors de son séjour au Grand-Hôtel de Nice le 22 avril 1896.

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A Bayonne en 1911, photographie réalisée par Chusseau Flaviens. Paoli est reconnaissable par son chapeau Melon.

(c) On peut lire avec intérêt l’ouvrage ayant pour titre : Le médailleur Louis Oscar Roty (1846-1911) sa vie son œuvre, Éditions Presses du Compagnonnage, 1971 par Georges Roty.

(d) CPA Ed. J. Moretti (Corte) Cliché d’avant 1903 n°420 – Bastia, Grande pharmacie de la Croix-Rouge.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera, 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

La Villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

   L’origine tout d’abord du nom de cette villa : Andréa est le prénom du second enfant d’Angelo Mariani née le 8 août 1874 à Paris. Sa fille unique quitte ce monde cependant en avril 1894 à peine âgée de 19 ans plaçant un temps Angelo Mariani dans une immense tristesse. D’autant qu’il avait déjà perdu son premier fils André, en avril 1878 en Corse, né le 2 juin 1871 dans la capitale. Il avait été touché lui aussi par une maladie incurable au même titre que leur mère la même année.

André Mariani (Paris 18 Corse 18. Repose au Père Lachaise.

André Mariani (Paris juin 1871- Corse avril 1878). Il repose au Père Lachaise.

L’aspect extérieur de la villa Andréa :

   À la lecture de l’historien Jacques Chevillard, on apprend qu’en septembre 1888, les architectes Sylvain Ravel et Henri Lacreusette sont chargés de construire pour Angelo Mariani, une villa à Valescure appelée Andréa située près du carrefour dit des Anglais qui domine un vaste parc d’une dizaine d’hectares planté de nombreuses variétés de palmiers, camélias et lauriers-roses. On pouvait même en 1905 visiter les lieux en s’adressant au jardinier sur place. En outre selon les écrits et les propos de Louis Marsan en mars 1977, il y avait aussi des pins parasols et des eucalyptus dans les jardins de la propriété Mariani. Au début du XXIe siècle, Angelo Mariani fit agrandir sa villa avec une très grande dépendance dénommée les Violettes par les soins de M. Aragon entrepreneur à Saint-Raphaël sous l’autorité de l’architecte M. Léon Sergent d’après les indications de Mme Lindsay Benoît arrière petite fille de ce dernier. Cette seconde maison servait à recevoir tous les amis de passage à l’image de l’aviateur Roland Garros.

Cette seconde demeurre servait pour recevoir diverses parfois même en location.

Cette seconde demeure servait pour recevoir diverses personnalités quand la villa Andréa est déjà au complet. La villa Les Violettes était même louée à des amis lorsqu’ Angelo Mariani était absent de Valescure.

   Le portail d’entrée de la villa était composé d’un bas relief exécuté par Oscar Roty (excusez du peu !) : L’amour dans les bras d’une nymphe. Cet objet de collection fut malheureusement dérobé par un passant indélicat selon les dires de Mme Émilie Michaud-Jeanin dans un article de Var Matin paru en août 1989 et intitulé : Villa André : le souvenir d’Angelo Mariani.

L'entrée de la villa Andréa. Sur le pilier droit du portail, on distingue au dessus de la sonnette, la plaque de Roty.

L’entrée de la villa Andréa. Sur le pilier droit du portail, on distingue au dessus de la sonnette, la plaque de Roty.

  À noter les magnifiques images prises à cette occasion par le journaliste et photographe Philippe Arnassan, pour illustrer l’article. Et que l’on a plaisir, ici, à remercier.

Vue extérieure, facade Nord de la villa Andréa. Sur la gauche de la photographie, on distingue la disparition de la plaque réalisée par Oscar Roty.

Vue extérieure, façade Nord de la villa Andréa. Sur la gauche de la photographie, on distingue la disparition de la plaque réalisée par Oscar Roty.

Entrée de la villa Andréa orienté à l'est. On constate en matière architecturale que la toiture a été remplacée par de magnifiques terrasses.

Entrée de la villa Andréa orientée à l’Est. On constate en matière architecturale que la toiture a été remplacée par de magnifiques terrasses.

Grâce à l'ingéniosité de la prise de vue, on observe avec délice la qualité des ornements architecturaux de la villa Andréa réalisée au XIXe siècle.

Grâce à l’ingéniosité de la prise de vue de cette photographie, on observe avec délice la qualité des ornements architecturaux de la villa Andréa construite à la fin du XIXe siècle.

La villa Andréa : un petit musée omniprésent, même dans le jardin.

   A l’approche du vestibule, les invités de Mariani pouvait admirer une nouvelle oeuvre d’Oscar Roty connu sous la célèbre appellation : In labore quies. Le visiteur pouvait aussi observer de nombreuses plaques de bronze d’Eugène Mouchon apposées sur les murs extérieurs encadrant les fenêtres. Dans le jardin, c’est avant tout le monument de Théodore Rivière en hommage au Djinn ou dit souvent Lanceur de pierre qui attirait l’attention. Il y avait en outre selon Georges Régnal, la merveille dite : Les Hordes d’Attila  bloc de bronze imposant de plusieurs centaines de kilogrammes (1). Du même artiste, la fameuse nymphe de la Siagnole en bronze elle aussi placée cette fois à l’extérieur de la propriété de Mariani selon les directives de ce dernier afin que les passants puissent en profiter.

Jardin et terrasse de la Villa Andréa.

Jardin et terrasse de la Villa Andréa.

   C’est aussi en ce lieu qu’Angelo Mariani recevait régulièrement Les Petits Éclaireurs Raphaëlois qui venaient souvent en nombre. Des groupes d’une cinquantaine éléments n’étaient pas rare dans son jardin.

Mariani ou le mécène discret des Petits Éclaireurs Raphaëlois.

Mariani ou le mécène discret des Petits Éclaireurs Raphaëlois. Cette iconographie provient de la collection privée de M.   Michel Roudillaud, écrivain spécialiste de l’Histoire de nombreuses communes du Var en général et de Saint-Raphaël en particulier.

Les proches alentours de la villa :

   Angelo Mariani aime à se promener. Le voici aux abords de sa villa de retour d’une balade.

Par une belle journée ensoleillé Angelo Mariani accompagné par un ami est de retour à la villa Andréa. En arrière plan ce mur en pierre de taille existe toujours. Photographie de Jacques Mariani.

Par une belle journée ensoleillée Angelo Mariani accompagné par un ami est de retour à la villa Andréa. En arrière plan le mur en pierre de taille existe toujours. Photographie de Jacques Mariani.

Les hommes passent, les pierres restent.

Les hommes passent, les pierres restent.

   En 1965, la villa Andréa dénommée parfois Mariani est vendue. Dans les murs, on pouvait encore observer en 1977 des œuvres d’art sous forme de plaques de cuivre encastrer dans les murs. Sur l’une d’entre elles, on pouvait même y lire une citation d’Émile Rochard en date de 1898 : Oasis souriant à l’irréel des rêves. Valescure est un parc endormi dans l’azur, vrai paradou, repos berceur, asile sûr qui prolonge la vie et rend les heures brèves. Il y avait aussi un magnifique bas relief en céramique polychrome de 2,50 sur 2,30 mètres représentant des porteuses d’offrandes javanaises réalisé par Théodore Rivière.

Ornement mural en céramique de toute beauté.

Ornement mural en céramique de toute beauté.

   Puis au milieu des années 80, la bâtisse est démolie au profit d’un immeuble résidentiel. Mais au fait que sont devenues toutes ces œuvres d’art ?

Quand une résidence du XXe remplace une villa du XIXe siècle...

Quand une résidence du XXe remplace une villa du XIXe siècle…

   En février 1996, le courrier de Valescure n° 23, sous la plume de Pierre Fernez présente à son tour Angelo Mariani, et sa villa Andréa avec la modification de l’emplacement de la fontaine en ces termes : En 1985, Mme Baur présidente de notre association inaugura une seconde fois la fontaine de Valescure (ce qu’il en reste), 80 ans plus tard. Le carrefour des Anglais et sa fontaine  « marque » aujourd’hui l’entrée du quartier résidentiel de Valescure. En mars 2004, le courrier de Valescure n° 39, revient une nouvelle fois sur Mariani avec un texte de Corinne Galland évoquant la naissance du Coca-Cola.

   La même année le 26 novembre une conférence-diaporama sur Angelo Mariani est organisée à la médiathèque dans l’auditorium Saint-Exupéry du centre culturel de Saint Raphaël. La rencontre est dirigée par la Société d’histoire de Fréjus et de sa région avec l’association de Valescure. Elle reçoit Corinne Galland, Pierre Nicolini et Guy Petit Bova qui évoquent la mémoire de Mariani et sa « vaste » villa de Valescure.

   En 2007, l’un des meilleurs restaurateurs de Saint-Raphaël, Paul Duranton, eut à juste titre les honneurs de Var matin. Ce dernier, seul, uniquement pour son plaisir avait remis en évidence dans son établissement du centre-ville, Angelo Mariani, l’homme qui inventa le french tonic wine et sa célèbre Villa Andréa.

À l’intérieur :

Pour cela entrons sans effraction avec Angelo Mariani dans sa villa.

Angelo Mariani avec son célèbre cigare à son nom et produit à Cuba devant l'une des portes d'entrées de sa villa. Photographie de Jacques Mariani.

Angelo Mariani avec son célèbre cigare à son nom et produit à Cuba devant l’une des portes d’entrées de sa villa. Photographie de Jacques Mariani.

À l’intérieur :

   On pouvait tout d’abord voir deux oeuvres du sculpteur et dessinateur Corse Louis Patriache. Soit un beau tableau intitulé : La Provence et un portrait en relief représentant Xavier Paoli. À cela s’ajoutaient plusieurs toiles de Jean Renié (Vue de Fréjus) et d’Atalaya (Sancho et Don Quichotte). Sans oublier deux bustes réalisés par Jean Baffier dénommés : La femme au gui et l’Angèle et un ensemble collectif sous le nom de : La cuvée. De plus, on ne pouvait pas manquer le tableau de Guillemet ; Bords de Seine (environ de Paris). Sur la balustrade du balcon face au salon trônait sur un piédestal de marbre, la statuette d’Oscar Roty, la encore réalisé par Théodore Rivière.

   Grâce à un lecteur assidu (2) de notre blog consacré à l’oeuvre d’Angelo Mariani, nous avons eu le plaisir d’être contacté afin d’apprendre l’existence d’une photographie inédite d’Angelo Mariani prise à l’intérieur de la Villa Andréa à Saint-Raphaël (Var). Nous avons pu ensuite obtenir cette image que nous vous présentons maintenant :

Photographie prise entre 1909 et 1914 par Jacques Mariani

Photographie prise entre 1912 et 1914 par Jacques Mariani

   Sur cette photographie noire et blanc, on dénombre neuf personnes. Au premier coup d’oeil, de gauche à droite, on peut aisément distinguer tout d’abord Joseph Uzanne, puis Oscar Roty. Vient ensuite Angelo Mariani debout avec son éternel cigare à la main. Devant lui est assis sur un petit banc capitonné un inconnu. Qui est-il ? Au centre, l’épouse de Jacques Mariani (Louise Laroque) et sa maman à ses côtés. En s’approchant de la fenêtre, on voit semble-t-il l’aide ménagère et devant elle un enfant assis en tailleur non identifié. Enfin tout à droite de l’image, on aperçoit Xavier Paoli, cousin de Mariani. Cette photographie fut prise dans les années 1912-1913.

Aujourd’hui :

   D’un point de vue patrimonial à Valescure, tout a disparu ou presque, semble-t-il, de la villa Andréa. Il ne reste plus rien (?) de cette magnifique demeure qui reçut les plus grands de ce monde et qui fut pour partie à l’origine aujourd’hui de la marque mondiale la plus connue de la planète en ce XXIe siècle. Pas même une plaque d’information en cet endroit pour informer les touristes. Encore moins le nom d’une rue à son patronyme dans la commune. Ni d’ailleurs dans aucune ville ou village sur le continent, ni même en Corse son île adorée par-dessus tout. Étonnant ? Non pas vraiment. Selon un dicton populaire, il se dit que nul n’est vraiment prophète dans son pays…. Alors pourquoi un tel oubli ? On est vraiment en droit de se poser cette légitime question. Mais qui sait, peut être qu’un jour, cette injustice mémorielle sera enfin réparée.      A.D

villa 37(1) On peut admirer ce magnifique bronze de nos jours au musée de la Piscine à Roubaix.

(2) En l’occurrence M. Sylvain Calvier,  photographe, historien et archiviste, basé au 21 rue Saint Paul dans le 4e arrondissement de Paris.

Dans cet agréable magasin de photographie au coeur de Paris dormait cette photographie de Mariani à Valescure prise par son fils Jacques.

Dans cet agréable magasin de photographies au coeur de Paris dormait depuis de nombreuses années une photographie de Mariani à Valescure prise par son fils Jacques.

   Nous avons aussi retrouvé dans nos archives un dossier intitulé Angelo Mariani avec une photographie sans nom. Qui est-il ? Qui peut nous informer de son patronyme ?

Qui est-il ?

Qui est-il ?

   À noter les deux très beaux livres de Michel Roudillaud parus aux Éditions Alan Sutton dans la collection Mémoire en images, intitulés : Saint-Raphaël. (Tome 1 : 128 pages et tome 2 : 223 pages).

Saint-Raphaël de Michel Roudillaud, tome 2.

Saint-Raphaël de Michel Roudillaud, tome 2.

villa 36Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

 

 

Mariani et la publicité : l’exemple des suppléments.

   Voulant accompagné le 1er tome dit Album Mariani et/ou parfois Figures Contemporaines en 1894, aux Éditions Ernest Flammarion, Angelo Mariani à l’idée des suppléments illustrés. Le maître d’œuvre désigné est Octave Uzanne (1851-1931).

Octave Uzanne (18  - 19  ).

Octave Uzanne (1851 – 1931).

   C’est à lui que revient l’idée de lancer les albums et les suppléments Mariani. On peut le considérer comme le père intellectuel de ces publications (a). Son frère Joseph (1850-1937), poursuivra quant à lui la rédaction des volumes (b) suivants et des suppléments en sa qualité de secrétaire particulier d’Angelo Mariani.

Les Suppléments illustrés à l’album Mariani :

   Mariani et ses successeurs (fils et petit-fils) n’hésitèrent pas à se lancer dans l’achat de pages entières de suppléments dans diverses revues et journaux parisiens et de provinces comme Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal, Stamboul, L’Autorité, L’Exposition de Paris 1900, L’Evenement, Le Petit Marseillais, L’Éclair, La Libre Parole, Le Soleil, l’Écho de Paris, Les Annales, La Vie heureuse, La Mode Pratique ou bien encore Le Temps, Le Monde Illustré et Le Figaro. Et bien d’autres encore.

   L’objectif est avant tout d’informer le grand public de l’existence du célèbre vin médicinal à la coca. Ces feuilles publicitaires qui sont de quatre, huit et parfois seize pages à la gloire du vin Mariani ont pour point de départ plusieurs paginations et divers formats. Ainsi dans la parution en date du 12 février 1893, Le Figaro, la feuille de réclame se présente en quatre pages au format de 65×45,5 cm avec en première page, une gravure du 30 mai 1891 de l’Empereur du Brésil S. M. Dom Pedro II, soit quelques mois avant son décès.

Supplément Mariani Le Figaro en date du Dimanche 12 février 1893.

Supplément Mariani Le Figaro en date du Dimanche 12 février 1893.

  Le 17 février 1894, c’est au tour du Monde Illustré, avec un format de 40×29,5 cm de recevoir la publicité Mariani. Puis avec celle du Gil Blas le 18 mars 1894, le format passe pour quatre pages à : 65×45,5 cm. Chose identique avec L’Écho de Paris en date du 2 avril 1894. L’intitulé étant : Supplément spécial. Avec l’année 1897, le choix est acté de modifier une dernière fois la présentation en divisant la superficie papier en deux (32×23 cm pour seize pages) sous la forme d’une série numérotée. L’organisateur de cette transformation radicale n’est autre que le frère d’Octave Uzanne : Joseph, secrétaire particulier d’Angelo Mariani comme nous l’avons vu et qui est nommé à cette occasion directeur de la publicité du Vin Mariani. Dès le début de cette nouvelle aventure, le public est au rendez-vous. À l’intérieur de ces encarts, on y trouve toujours des portraits et un slogan ou un bon mot pour les vins Mariani prononcé par celles et ceux qui sont retenus pour publication. Autre point essentiel tous ces suppléments du début à la fin seront toujours imprimés par la même maison : typographie Firmin-Didot et Cie, à Mesnil-sur-l’Estrée.

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Supplément du quotidien Le Petit Marseillais de février 1899, 3e série.

   À la différence des Albums et par manque de place, la biographie des dites personnes (en général six par pages) n’est pas présentée. En 1896, le titre de ces encarts devient de façon définitive Supplément illustré et le sous-titre Figures contemporaines. Parfois Angelo Mariani déroge à la règle sous la contrainte journalistique d’une publication comme celle de L’Illustré : Soleil du dimanche.

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    Dans cette logique Angelo Mariani ne peut que présenter deux personnes à chaque n° comme l’illustre les éditions suivantes : 11 avril 1897 n° 15 : Le Père Olivier et Puvis de Chavannes. Le 13 juin 1897 n° 24 : Le cardinal Richard et Monseigneur LeNordez. Le 27 juin 1897 n° 26 on a droit à Frédéric Mistral et Jean Rameau. Le 26 juillet 1897 n° 30 c’est au tour d’Emma Calvé et Victor Maurel d’être présentés. Le 22 août 1897 n° 34 M. Halevy et Melle Gonne. Le 3 octobre 1897 n° 44 Édouard Colonne et Renée Richard. Le 14 novembre 1897 n° 46 le docteur Bétancès et M. Poubelle. Le 12 décembre 1897 n° 50 Arsène Vigeant et André Theuriet.

Supplément du journal L'Illustré Soleil du Dimanche en date du 11 avril 1897.

Supplément du journal L’Illustré Soleil du Dimanche en date du 11 avril 1897.

   À partir de 1905, le tirage de chaque supplément, qui se compose de 80 personnages vantant les mérites des produits Mariani, avoisine les 800 000 exemplaires.

L'une des dernières photographies réalisés par Jacques Mariani à Valescure en mars 1914.

L’une des dernières photographies d’Angelo Mariani réalisée par Jacques Mariani à Valescure en mars 1914.

   Trente ans plus tard en 1926, la série des suppléments se poursuit avec la 24e. Puis c’est le tour des séries 25, 26 et 27. En 1930, Jacques Mariani poursuit la dynamique avec la série 28.

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Album Mariani dit Figures Contemporaines, Volume 14, paru en 1925.

    L’idée est de préparer l’édition du tome 15 des Albums Mariani, sous sa direction. Afin d’éviter le gaspillage de papier le surplus et retour de suppléments est envoyé sous enveloppe au domicile de la famille Mariani.

Enveloppe publicitaire du journal Le Temps pour les suppléments Mariani.

Enveloppe publicitaire du journal Le Temps pour les suppléments Mariani.

   La dernière série connue à ce jour, la 29e, paraît en complément du journal Le Temps, en 1932. La matière est prête pour réaliser le quinzième tome. Seulement le 31 octobre 1931, Octave Uzanne décède. Son frère aîné Joseph est détruit psychologiquement par cette disparition. D’ailleurs, il ne peut assister à la crémation de son frère au Père-Lachaise. Seule une dizaine de personnes, dont Jacques Mariani font le déplacement au cimetière. Joseph Uzanne a du mal à refaire surface. La maquette du 15e tome prend du retard. En 1935, c’est au tour de Jacques Mariani de partir sur l’autre rive. Joseph Uzanne en fait de même en 1937. Le 15e tome ne devait donc jamais voir le jour sous sa forme initiale. Destinée identique pour les suppléments illustrés. Une tentative d’inventaire de cette longue série publicitaire (1894-1933) a été initiée par Pierre Julien en 2007. Ce spécialiste a recueilli un nombre conséquent de ces suppléments. Cependant dans l’état actuel de nos connaissances, la liste définitive n’est pas encore arrêtée de façon définitive. Mais déjà grâce à diverses études, on peut se faire une réelle idée de la diffusion du message commercial d’Angelo Mariani. Elle est énorme. Le tirage avoisine comme nous l’avons vu, les 800 000 exemplaires par fascicule. Difficile pour un lecteur de passer à côté. Tout le territoire national est quadrillé. D’ailleurs Jules Arren (1876-1915), le premier à avoir écrit, plusieurs livres avant-gardistes sur la publicité en France en est convaincu. Pour preuve, il rédige dès 1909 un chapitre sur l’aventure de la réclame par les célébrités pour le vin Mariani dans le premier ouvrage publié en France consacré à la publicité (c).

supplement c DNB

Supplément du quotidien Le Journal de janvier 1900, 4e série.

Exemple d’une liste non exhaustive de ces suppléments :

   1894 : Le Soleil, supplément du 1er février et Le Monde illustré supplément du 17 février. À cela s’ajoutent Le Journal du 8 mars et L’Écho de Paris du 2 avril, supplément spécial. 1895 : L’Écho de Paris du 6 janvier. 1896 : Le Journal du 20 janvier. 1897 : Le Temps, supplément du 15 mars, en préparation du Tome III. 1897 : 2e série, Le Petit Marseillais, en préparation du Tome III. 1899 : 3e série, L’Éclair. 1900 : 4e série, Le Figaro. 1901 : 5e série, Le Journal. 1902 : 6e série, L’Éclair. 1903 : 7e série, Le Petit Marseillais. 1904 : 8e série, Le Journal. 1905 : 9e série, Le Journal. 1906 : 10e série, Le Matin. 1907 : 11e série, Le Petit Marseillais. 1908 : 12e série, La Libre Parole. 1909 : 13e série, Le Figaro. 1910 : 14e série, L’Écho de Paris. 1911 : 15e série, Le Journal des Débats. 1912 : 16e série, Le Soleil. 1913 : 17e série, La Revue (?). (18e série, 19e série et 20e série ?). 1922 : 21e série, Le Temps. 1923 : 22e série, L’Excelsior. 1924 : 23e série, Le Temps. 1926 : 24e série, La Vie Parisienne. 1927 : 25e série, La Liberté du Sud-Ouest. 1928 : 26e série, Comoedia. 1929 : 27e série (?). 1930 : 28e série, Les Annales. 1932 : 29e série, Le Temps. 1933 : 30e série (?).                                                                                  A.D

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Supplément du quotidien Journal des Débats politiques et littéraires de mars 1911,  15e Série.

supplement d DNB

Supplément du quotidien Le Journal de Janvier 1902, 6e série.

supplement k DNB

29e Série journal Le Temps 1932-1933.

(a) « Le vin Mariani » par Louis Cotinat, Le Vieux Papier, octobre 1976. Ces albums Mariani vont réunir plus de mil signatures et portraits dans un ensemble de 14 ouvrages.

(b) « Suite aux 14 albums Mariani », par Paul Vital-Durand, Le Vieux Papier juillet 1980.

(c) Jules Arren, La publicité lucrative et raisonnée. Son rôle dans les affaires. Paris, 1909.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

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Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca.

Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia.

5 boulevard Hyacinthe de Montera.

Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr

Célébration du centenaire de la disparition d’Angelo Mariani

    En ce mois d’avril 2014, il y a jour pour jour exactement un siècle qu’ Angelo Mariani de son vrai nom Ange François Mariani quittait ce monde, un premier avril. Son décès eut lieu à Valescure commune de Saint-Raphaël (Var), dans sa villa dénommée Andréa en hommage à sa fille partie bien avant lui.

    Arrêtons-nous un instant en cet endroit. Tout d’abord, il y a bien entendu la fameuse villa Andréa.

 

Image

    Sur cette carte postale, on distingue l’écriture d’un personnage important dans l’œuvre d’Angelo Mariani, puis de son fils Jacques : à savoir Joseph Uzanne. Ce dernier va être pendant plus d’une vingtaine d’années le secrétaire particulier, puis le directeur de publications personnel d’Angelo Mariani. (Même chose par la suite avec Jacques Mariani). C’est à ce titre qu’il se trouve à Valescure en février 1905. A la fois pour l’inauguration d’une fontaine, prévue le lundi 27 de ce mois-là mais aussi pour faire le deuil de sa maman, veuve Uzanne Élisabeth, née Chaulmet décédée un mois auparavant le 24 janvier 1905 à l’âge de 82 ans.

   Il s’adresse en ces termes à Mme Adrien Bénard (née Julie Amélie Ferrier) (1853-1935), surtout connue pour avoir été le modèle du peintre Édouard Vuillard (1868-1940) et qui vit alors à Maisons-Laffitte :

« Jeudi 23 février 1905.

Chère Madame et amie. Merci de votre lettre si sympathique. J’ai éprouvé un immense chagrin de la mort de ma mère si aimée. Ma santé a été très atteinte et j’ai dû venir la reconstituer dans le midi. Je me sens bien mieux et vers le 10 mars je serai rentré à Paris. Je vous adresse mes affectueux compliments et mes sincères amitiés. Je vous écrirai mieux bientôt. J. Uzanne ».