Jules Alexandre Grün et sa monumentale rencontre avec Angelo Mariani (I).

   En préambule ayons à l’esprit que les textes (I et II) qui vont suivre n’ont pu voire le jour que grâce à un très beau livre intitulé : Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël, paru en 2013 aux Éditions BVR. Que ses deux auteurs, ici, en soient sincèrement remerciés. Tout comme d’ailleurs Killian Penven responsable du service communication du Musée de Rouen qui m’a permis d’utiliser un cliché paru dans le magazine de l’Office de Tourisme et des Congrès de Rouen.

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Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël, 2013, Éditions BVR.

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Dr. Service communication du Musée de Rouen.

    Tout le monde connaît de nos jours les affiches et dessins publicitaires de Jules Alexandre Grün (1) établit à la période dite de la Belle Époque à l’image de celle ci-dessous.

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Première page de l’hebdomadaire Le Sourire n° 122 du 22 février 1902.

   Sans oublier surtout sa magnifique toile réalisée en 1911 dénommée : Un vendredi au salon des Artistes Français. Elle est comme tout le monde s’accorde à le dire devenue l’un des symboles du début de ce XXe siècle français.

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Dr Musée des Beaux-Arts de Rouen. Cliché C. Lancien et C. Loisel.

    Aujourd’hui encore on utilise bien souvent des détails de cette peinture pour illustrer un discours concernant ce temps historique. A l’image de cette couverture d’ouvrage :

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Photo Dr Luc Joubert 1985, Bordas.

Jules Alexandre Grün

Jules Alexandre Grün. Album Mariani Tome IX, 1904.

 

Pourquoi un tel succès ? Aujourd’hui, on dirait, pourquoi un tel buzz ?

La genèse d’un tableau hors du commun.

   En mai 1905, Angelo Mariani assiste au vernissage du Salon des artistes français (2) dans le jardin de la sculpture au grand Palais. Et il observe avec beaucoup d’attention ce microcosme parisien.

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Photographie Ehrmann, Revue l’Illustration n°3245 du 6 mai 1905. Angelo Mariani et sa barbe blanche en compagnie d’Isabelle Chapusot sont au premier plan.

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Photographie Ehrmann, Revue l’Illustration n°3245 du 6 mai 1905.

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Photographie Ehrmann, Revue l’Illustration n°3245 du 6 mai 1905.

   Parmi les personnes invitées, on remarque Mme Grün-Toutain, Melle et Mme Robida, Mme Roty, Melle et Mme Rivière, Mme Georges Cain, Mme Tasset, Melle Lemonnier, Mme Henri Cain, Mme Poilpot, Mme Georges Clarétie, Melle et Mme Cormon, Mmes Vié et J. Coutan, Mme Isabelle Chapusot et MM. Glaudinot, Daneron, André Détaille, Antoine Guillemet, Carrière, Fraipont, Poilpot, Georges Tasset, Georges Cain, Henri Cain, Jules Clarétie, J. Coutan, Georges Clarétie, Cormon, Carolus-Duran, Boisseau, Varenne, Segoffin, le Général Dodds, Jean Aicard, Jacques Baschet, Priou et P. Gaihard. Sans oublier un certain Henri Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d’Etat des Beaux-Arts et … Jules Alexandre Grün.

  Quelques années plus tard en 1911, l’Etat, c’est à dire la IIIe République décide de célébrer, le 30e anniversaire du Salon des artistes français, par l’entremise toujours d’Henri Dujardin-Beaumetz. Pour cela, il a choisit dès 1909 le peintre Jules Alexandre Grün qui a déjà fait ses preuves afin de mettre en valeur la quintessence de ce qui compte en matière de décideurs à Paris, capitale des Lumières.

   Tout ci à travers le spectre d’une centaine de personnalités (3) appartenant au monde du spectacle, de l’art, de la presse, des affaires et des politiques. Au centre de tous ces personnages, on retrouve un certain Angelo Mariani, lui, qui n’appartient à aucun de ces cercles de décisions. Incroyable mais vrai. Une incongruité ? Pas vraiment. Et bien au contraire même si on prend le temps d’analyser son parcours pour le moins atypique.

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Carte Postale

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Ce même lieu, de nos jours, en contre plongée visuelle.

 

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Drogues et peintures, album d’art contemporain, n°15, Paris, Laboratoire Chantereau (1935).

    Si vous avez des doutes sur cette magnifique représentation n’hésitez pas à faire le déplacement en Normandie lors d’un Week-End pour observer de près cette toile aux dimensions peu commune (6m 17 x 3m 62) au Musée de Rouen afin de pouvoir l’admirer dans ces multiples détails.

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Une liste de 63 personnes in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël, 2013, Editions BVR.

Un joyau à Rouen au XXIe Siècle :

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Dr. Rouen Normandie Tourisme & Congrès – JF Lange (photographe).

    Dans cette immense salle d’apparat du musée de Rouen et sous une grandiose verrière qui laisse entrer une lumière naturelle, l’oeuvre de Jules Alexandre Grün apparaît dans toute sa majesté.

Approchons nous maintenant de la toile, une fois les visiteurs et invités partis.

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Angelo Mariani et … une centaine d’invités autour de lui. Dr.

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Angelo Mariani dans toute sa splendeur en 1911. Dr.

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La signature du maître.

Construction et évolution de l’oeuvre :

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Photographie en noir et blanc in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

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Photographie en noir et blanc détail in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

   On ne sait si entre chaque pause dans la construction du tableau Jules Alexandre Grün s’autorisait un verre de Vin Mariani ?

Album Mariani Tome IX, 1904.

Album Mariani Tome IX, 1904.

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Dr. Esquisse vers 1910 du célèbre tableau. Photographie en noir et blanc in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

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Dr. Peinture préparatoire (détail) de l’oeuvre en couleur in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

Itinéraire d’une œuvre :

   Le 30 avril 1911, c’est l’inauguration au Grand palais. Le succès de cette peinture est tel en France qu’une suite, chose rare, lui est immédiatement donnée par l’artiste Henri Laissement (1854-1921).

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Henri Laissement

   La nouvelle toile au dimensions plus modeste (1m 24 x 1m 80) est présentée dès l’année suivante au salon des Artistes français en avril 1912. On aperçoit là encore … Angelo Mariani de dos s’observant ! Avec de surcroit toujours sa main gauche sur l’épaule droite de Maillard ! Sept décennies plus tard, en mars 1983, à Paris, cette peinture sera vendue à un particulier.

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Dr. Photographie en noir et blanc vers 1912 du tableau d’Henri Laissement in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

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Carte postale publicitaire.

Détail de la Carte Postale publicitaire.

Détail de la Carte Postale publicitaire où l’on distingue assez bien Angelo Mariani.

   Quant à la peinture de Jules Grün, elle est exposée tout d’abord à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris, puis au musée du Luxembourg. En 1932, l’œuvre est transférée au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Endroit dans lequel on peut de nos jours l’admirer en toute quiétude. En mai 1913, la revue l’Illustration n° 3666, du 31 mai présente une vue générale de l’Exposition de sculpture au salon des Artistes français toujours au grand Palais. On remarque que …. le mobilier est toujours le même.                                A.D.

(1) Il est né le 26 mai 1868 à Paris. Parfois la date se transforme en 25 mai 1870. Jules Alexandre Grün disparaît le 24 janvier 1938 à Neuilly-sur-Seine.

(2) Le premier salon artistique date de … 1663.

(3) Une étude de la centaine de personnalités présentes sur ce tableau permet l’élaboration d’une autre hypothèse….Que nous verrons dans un prochain texte.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Armand Silvestre un homme de caractère ami de toujours d’Angelo Mariani.

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Armand Silvestre. Juillet 1891, pré-série des Albums Mariani.

   Angelo Mariani en ce début de XXIe siècle est reconnu au niveau international comme étant, de manière bien involontaire, l’un des inspirateurs de la célèbre marque américaine : Coca-Cola. Qu’on en juge par ces quelques éléments iconographiques suivants :

French Wine Coca.

French Wine Coca.

Illustration issue du livre de Bénédicte Jourgeaud : Coca Cola une passion française. Edition du Cherche Midi

Illustration issue du très beau livre de Bénédicte Jourgeaud : Coca-Cola une passion française. Edition du Cherche Midi, 2010.

Quand Pemberton s'inspirait d'un vin de Bordeaux à la coca...

Quand Pemberton s’inspirait d’un vin de Bordeaux à la coca…

   Le breuvage lancé en 1885 par John Stith Pemberton ne peut d’ailleurs pas cacher ses origines : « Le vin français de coca, idéal pour les nerfs, tonique et stimulant ». Sa dénomination officielle étant : French Wine of coca, Ideal Tonic. Pour se différencier du produit français Mariani, Pemberton ajoute dans sa préparation une base issue de graines de kola. Il mélange du coup les multiples alcaloïdes de la coca avec ceux de la noix de kola. Persuadé de sa réussite, il déclare en mars 1885 qu’il « produit une meilleure préparation à celle de Mariani ».

Réclame du Vin Tonique Mariani.

Réclame du Vin Tonique Mariani.

   Qui plus est au fil des années ce produit est devenu la marque commerciale là plus connue dans le monde et l’un des symboles du capitalisme. Et surtout l’emblème de la liberté du way of life américain. À ces occasions, on occulte le plus souvent de façon bien rapide, le fait qu’Angelo Mariani fut aussi et peut-être avant tout un mécène désintéressé. Comme le montre le fait d’avoir ressortir du néant par exemple un grand et jeune poète Corse : Charles Timoléon Pasqualini (13 janvier 1840-15 août 1866). Pour cela, il décidera seul de faire imprimer ses poésies en 1901 en exigeant une préface de Jules Clarétie, académicien, dans un ouvrage intitulé : Choses du siècle Choses du cœur (1). Même chose avec l’écrivain Armand Silvestre (18 avril 1837-19 février 1901). Ce dernier fit partie du tout premier cercle des amis d’Angelo Mariani. En juillet 1891, il apparaît dans la toute première pré-série des albums Mariani. En 1896, leur collaboration se poursuit. Armand Silvestre écrit un conte pour Mariani, illustré par Robida.

Conte d'Amand Silvestre intittulé : La plante enchantée illustré par Robida 1896.

Conte d’Armand Silvestre intitulé : La plante enchantée illustré par Robida 1896.

   On les retrouve encore ensemble en 1897 dans l’atelier de Félix Nadar de la rue Nouailles à Marseille en compagnie du Docteur Louis Bourguignon et d’Antoine Lumière.

De gauche à droite, Félix Nadar, Armand Silvestre, Angelo Mariani, Antoine Lumière et Louis Bourguignon à Marseille en 1897.

De gauche à droite, Félix Nadar, Armand Silvestre, Angelo Mariani, Antoine Lumière et Louis Bourguignon à Marseille en 1897. Dr Collection du Musée du vieux-Marseille.

     Autre preuve de l’amitié d’Angelo Mariani envers Armand Silvestre. Il décide que ce dernier doit être présent dans son officine à Neuilly-sur-Seine. Au plafond, on remarque donc une toile d’Eugène Courboin intitulée : La déesse apportant la branche de coca à l’Europe. Armand Silvestre y est représenté. C’est sous la forme d’une allégorie à la coca que Mariani fait placer cette peinture au-dessus de son propre bureau (2).

Bureau, salon d'Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

Bureau et salon d’Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

     À ce jour, on ne sait pas ce qu’est devenue cette œuvre patrimoniale. Gageons malgré tout que de jeunes futurs historien(ne)s corses se pencheront sur cette belle histoire et trouverons enfin réponses à ces questions.

   Mieux Angelo Mariani va poursuivre et entretenir son amitié même après le décès de son ami. Il intervient financièrement pour réaliser un monument à sa gloire installé dans sa ville natale de Toulouse. En se basant sur la statuette de Rivière, un bronze à taille humaine est mis en place en 1904 aux jardins des plantes (3).

Armand Silvestre Jardin des plantes à Toulouse.

Armand Silvestre Jardin des plantes à Toulouse.

     On note la présence du respectable Catulle Mendès qui a fait le déplacement depuis la capitale.

Armand Silvestre Art Déco à Toulouse.

Armand Silvestre Art Déco à Toulouse.

     À Paris, en 1905, Angelo Mariani continue sa reconnaissance. Un autre groupe est monté afin de récolter de nouveaux fonds pour la création d’un buste là encore à la mémoire d’Armand Silvestre et établi par Antonin Mercié. C’est une colonne de marbre au bas de laquelle sont groupées des figures féminines.

Colonne en marbre avec buste d'Armand Silvestre à Paris.

Colonne en marbre avec buste d’Armand Silvestre installée au coeur de Paris.

    Le 26 avril 1906, l’État offre même 4000 francs pour le comité du monument afin de clôturer le projet. Le 31 octobre 1906, au Cours la Reine, c’est l’inauguration. La cérémonie a eu lieue sous la présidence de M. Henri Dujardin-Beaumetz Sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts. Jules Clarétie remet sous la recommandation d’Angelo Mariani le monument à la Ville de Paris par le biais de M. Paul-Henri Chautard, président du Conseil municipal et député de la Seine (4). Tout cela sous les yeux de Mariani et de la célèbre journaliste Séverine. Angelo Mariani légèrement en retrait observe avec délectation la situation. Il sait maintenant quoi qu’il arrive que son ami l’écrivain Armand Silvestre restera ainsi dans la mémoire collective européenne.                                          A.D.

Aujourd'hui la statue d'Armand Silvestre par Théodore Rivière n'existe plus.

Aujourd’hui la statue d’Armand Silvestre n’existe plus.

(1) Nous reviendrons sur cet épisode dans un prochain texte en nous basant notamment sur les écrits de l’écrivain Corse Hyacinthe Yvia-Croce.

(2) La nouvelle revue, tome 13, mai-juin 1914, Angelo Mariani par Georges Régnal.

(3) 1942 : fondu sous le régime de Vichy. Remplacé en 1947 par la Femme au paon de Falguière. Puis Joseph Andrau en 1948 réalise un buste en pierre taillé qui est ensuite placé dans le jardin Pierre Goudouli, place du président Wilson toujours à Toulouse.

(4) Cette oeuvre n’est plus présente à Paris. On ignore qu’elle a été sa destination suivante.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Quand Angelo Mariani aide son ami l’artiste peintre Enrique Atalaya.

atalaya ddddde   Enrique Atalaya est un peintre espagnol né en mai 1851 à Murcie. Baptisé sous le prénom de José, il adopte ensuite celui d’Enrique pour les débuts de sa carrière d’artiste. Installé à Madrid en 1869, Atalaya fréquente le musée national du Prado et s’exerce à copier légalement de nombreuses œuvres. En 1879, marié et père de deux premiers enfants (1), Enrique Atalaya quitte l’Espagne et pose ses valises à Paris au 92 rue Raynouard.

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En ce lieu en avril 2016 rien n’indiquait l’ancienne présence du peintre Atalaya.

   Il expose au Salon des Champs-Élysées dès 1882. En 1895, repéré par Angelo Mariani, ce dernier le fait entrer dans son premier cercle d’ami. En 1896, Atalaya devenu Joseph Atalaya illustre un exemplaire unique du conte écrit par Frédéric Mistral, Le secret des bestes à l’attention de Mariani. Chaque page (au nombre de 52) est enluminée avec des incrustation de pierres semi-précieuses et or appliqué en relief. La même année il apparaît dans le second tome des Albums Mariani.

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Portrait d’Atalaya, Tome 2 des Albums Mariani, 1896.

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Belle illustration de Don Quichotte face à l’Opéra de Paris. Situation à vrai dire très peu étonnante pour le choix du lieu. En effet sur la gauche du dessin se localise la rue Scribe…ou au 11 de cette voie réside un certain Angelo Mariani.

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Lettre publicitaire rédigée par Atalaya pour le tome 2 des albums Mariani.

   C’est déjà la consécration. En 1898, l’inventeur du vin tonique Mariani à la coca lui demande de nouveau d’illustrer pour le grand public et pour sa bibliothèque personnelle un conte inédit de Jules Claretie de l’Académie française.

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   Les reconnaissances s’accumulent. Dans la foulée, Enrique Atalaya est décoré Chevalier de la Légion d’honneur le 13 août 1899. Puis Angelo Mariani l’introduit par cooptation dans la société politique dite de La Marmite Républicaine (fondation en novembre 1873) où se trouve déjà entre autres Bouchor Joseph Félix, Chéret Jules, Goudeau Émile, Laissement Henry, Lauth Frédéric, Loir Luigi, Mercié Antonin, Mouchon Louis, Poilpot Théophile, Rivière Théodore, Robida Albert, Roty Oscar et les frères Uzanne.

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Ouvrage de 733 pages non mis en vente dans le commerce et imprimé à seulement  452 exemplaires en juin 1901 par Braun, Clément et Cie à Mâcon. Avec la photographie de chaque sociétaire au nombre de 260. On note surtout la présence d’Angelo Mariani dans le bureau national avec Louis Barthou, Paul Eudel et Oscar Roty.

   Toujours en 1899, il acquiert la nationalité française. Atalaya se spécialise en outre au fil des ans dans la production de petites aquarelles, peintes sur le dos de ses propres cartes de visite (9cmx14). À ce titre, il devient un membre actif de la Société française des peintres enlumineurs et miniaturistes (2). Sa production artistique est importante. (Parfois lors de vente aux enchères comme celle de juin 2013, on voit passer des œuvres réalisés par le maître qui démontrent l’importance de la relation entretenue avec Angelo Mariani. À l’image de ces trois albums composés de 213 aquarelles intitulées : Le vieux Paris.

   Toutes ces peintures furent dédicacées à Angelo Mariani en lettres d’Or et produites entre 1910 et 1911). Mariani recommande Joseph Atalaya à son ami l’Américain William Golden Mortimer pour participer à l’illustration de son célèbre ouvrage consacré à la coca. Livre qui va devenir un chef d’œuvre d’informations sur cette plante, inégalé à ce jour et paru à New-York en avril 1901 (3).

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Livre encyclopédique de 576 pages consacrées à la coca. On y trouve bien entendu le portrait d’Angelo Mariani.

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Magnifique dédicace à Angelo Mariani de la part de l’auteur.

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Exemple d’illustration réalisée par Atalaya dans l’ouvrage de Mortimer.

   Le 30 avril 1912, Atalaya fait toujours partie du premier cercle des amis d’Angelo Mariani. Il est invité parmi une centaine de convives au traditionnel déjeuner organisé par le vulgarisateur de la coca qui se déroule comme d’habitude au restaurant Ledoyen à Paris. Atalaya meurt le 26 juin 1913 à Paris. En 2003, sa ville natale de Murcie décide de lui consacrer une exposition en son honneur.                                                                A.D

(1) Quatre autres enfants par la suite verront le jour sur le territoire français. (2) Société qui n’accepte que 40 personnes maximum. Atalaya en est même le Président en mars 1902. (3) La version française paraît à Paris en 1904.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

La renaissance du Vin Tonique Mariani, avril 2016.

   Pour une fois on ne va pas évoquer le passé, mais le présent et le futur immédiat. En ce début du mois d’avril prochain, c’est à dire dans quelques jours va être mis en vente pas moins de 200 bouteilles Vin tonique Mariani en Corse à Ajaccio au chemin des vignobles (1). Oui vous avez bien lu. Fait exceptionnel dans l’histoire de ce produit ayant ses racines dans ce territoire insulaire. L’auteur de cette opération, on peut dévoiler maintenant son identité se nomme Christophe Mariani. Mais qui est au juste ce personnage âgé d’une trentaine d’années, le ré inventeur de cette boisson mythique ?

Éléments de réponse :

   En cette fin de mois de mars 2016, l’annonce officielle de la renaissance du Vin tonique Mariani a eu lieu en direct en Corse à Ajaccio dans les locaux de la Télévision France3, le jeudi 24 mars 2016 à 13 h 05. L’information fut dévoilée en exclusivité par les journalistes Luc Mondoloni et Kristina Luzi, animateurs d’une très belle émission d’information dénommée Prima Inseme (2). La prestation fut plus que réussie. Elle fut d’ailleurs préparée la veille. Afin de peaufiner ce passage à l’antenne, on accompagnait Christophe Mariani à France3. Entouré de plusieurs journalistes (Luc Mondoloni, Angelina Risterucci), les questions fusèrent et permettaient de finaliser la prestation du lendemain. Pas de place à l’improvisation, tout est réflêchi à l’avance. Cette même journée nous nous rendions ensemble à l’évêché d’Ajaccio afin de transmettre par le biais du secrétariat de Mgr Olivier de Germay ladite information dans le souhait d’offrir une bouteille au Pape François par l’intermédiaire du Cardinal Corse Dominique Mamberti à Rome. Démarche identique à celle d’Angelo Mariani un siècle plus tôt. Tout comme l’idée de rédiger le Tome XV des Albums Mariani.

Christophe Mariani, jeudi 24 mars 2016 à FR3 Corse annonçant la rennaissance du Vin Tonique Mariani.

Christophe Mariani, jeudi 24 mars 2016 à FR3 Corse annonçant la rennaissance du Vin Tonique Mariani. (Dr).

   En réalité vous l’aurez compris nous connaissons Christophe Mariani depuis octobre 2014 (3). Dès cette époque ce dernier nous avait évoqué son concept de réaliser une nouvelle boisson en hommage à Angelo Mariani. Au fil du temps, son projet prenait de l’ampleur malgré les embûches qu’il pouvait rencontrer ça et là, face à la complexité de ce dossier. Cela étant, à ma connaissance, il existe à ce jour au moins trois boissons en Europe ayant déjà dans leur composition de la coca décocaïnisée. Alors pourquoi pas quatre ? Et surtout une identique au produit initial. Par une curieuse et agréable coïncidence Christophe Mariani s’est retrouvé par la suite en possession de plusieurs centaines de véritables bouteilles Mariani. Grâce à ce coup de pouce de la destinée, il a pu accélérer la mise en place de cette belle opération. Entouré d’un aromaticien et aussi d’un caviste de renom, le breuvage tant attendu a pu voir le jour dans de véritables bouteilles Mariani en cette fin de mars 2016.

Vue d'un lot des bouteilles véritables Vin Mariani parmi plusieurs centaines avant embouteillage.

Vue d’un lot des bouteilles Vin Mariani parmi plusieurs centaines avant embouteillage.

   Je ne connais pas la composition de ce nouveau breuvage que Christophe Mariani garde précieusement par-devers lui (4). Mais je sais au moins qu’elle est concoctée grâce au savoir faire corse. J’ai pu le déguster face à la Méditerrané. C’est un régal. Longue vie au Vin Tonique Mariani ! Et bonne chance à Christophe Mariani.              A.D

La bouteille Vin Tonique Mariani, mardi 22 mars 2016, à Ajaccio.

La nouvelle bouteille Vin Tonique Mariani, mardi 22 mars 2016, en fin de journée à Ajaccio.

Sur le port d'Ajaccio, le dos de la bouteille.

Sur le port d’Ajaccio, le dos de la bouteille.

Le liquide.

Le liquide.

 

L'étiquette du nouveau Vin tonique Mariani. On remarquera la calligraphie identique à celle voulue par Angelo Mariani.

L’étiquette du nouveau Vin tonique Mariani. On remarquera la calligraphie identique à celle voulue par Angelo Mariani.

 

(1) Chez Nicolas Stromboni, meilleur caviste de France en 2011.

(2) http://pluzz.francetv.fr/videos/prima_inseme_,137389891.html. Depuis cette vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux. À l’image de Facebook : Coca Tonique Mariani et sur You Tube : Renaissance Vin Mariani.

(3) membre depuis 2014 de la Société des Amis d’Angelo Mariani.

(4) La recette a été déposée dans un coffre de banque.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Angelo Mariani et son vin à la coca à la rencontre de la Chine.

   Pour certains, de nos jours, au ton parfois condescendant, Angelo Mariani ne fut qu’un modeste négociant corse en vin pharmaceutique sur la place de Paris. Et qui plus est, l’initiateur uniquement involontaire, car inspiré d’un autre produit qui deviendra par la suite une célèbre marque américaine. Cherchez à vouloir cantonner Angelo Mariani dans cette idée est pour le moins étrange pour ne pas dire plus.

   Car c’est nié avant tout le génie de ce corse hors du commun. En réalité pour les historiens en ce début de XXIe siècle, Angelo Mariani, fut beaucoup plus que ce cliché réducteur. Outre le fait d’avoir été un très grand mécène, un éditeur, un humaniste, un publiciste, un millionnaire, un scientifique, il fut aussi un visionnaire audacieux. Et le temps (un siècle plus tard) lui donnera raison. Qu’on en juge par ces choix entrepreneuriaux ! Après de multiples déplacements (1) aux États-Unis, il comprit que la législation parfois évolutive et protectionniste de ce pays (60 millions d’habitants en 1890) ne lui permettrait pas de s’y implanter à long terme. Par contre le marché chinois qu’il étudiait depuis 1880 lui paraissait déjà plus prometteur….C’est ce qui explique pourquoi, grâce à l’aide de son cousin Xavier Paoli (2), il se mit en relation avec les rares personnalités françaises présentes dans la capitale qui étaient en contact régulier avec l’Empire chinois comme Judith Gautier et Frandon Ernest.

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Judith Gautier, éminente spécialiste de la civilisation chinoise. Album Mariani, Tome II, 1896.

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Ernest Frandon, Diplomate français qui fut en poste en Chine à Fou-Tchéou et Shanghai. Album Mariani, Tome VI, 1901.

L’épisode chinois d’Angelo Mariani.

   Angelo Mariani essaye donc à la fin des années 1880 d’entrer en contact avec le marché chinois (350 millions d’individus). Pour cela, il entretient des relations amicales avec les différents représentants de Sa Majesté l’Empereur (Guangxu 1875-1908),

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Dr : Musée du Gugong, Pékin, Chine.

puis celle de (Puyi 1908-1911) qui se succèdent à Paris et ayant en charge les intérêts chinois pour l’Europe. On voit ainsi Angelo Mariani à son domicile de Neuilly-sur-Seine avec S.E Ling-Y-You, mais aussi avec Ou-Tai-Tchang, sans omettre Soueng-Pao-Ki et Liou-She-Shun. Le fils de Mariani, Jacques, fera de même après l’avènement de la République chinoise en janvier 1912 et représentée en France à Paris par S.E Tcheng-Loh (1877-1939) marié à Mme Khan. Sans oublier Son Excellence Kao Lou (1877-1947) ministre plénipotentiaire de Chine à Paris en 1930.

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Ling-Y-You, Secrétaire d’Ambassade Extraordinaire de Chine à Paris, Album Mariani, Tome V, 1900.

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Ou-Tai-Tchang. Diplomate chinois en poste à Paris, Album Mariani, Tome V, 1900. Se rend souvent chez Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

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Soueng-Pao-Ki, Ministre de Chine nommé en 1902 à Paris. Album Mariani, Tome IX, 1904.

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Son Exc Liou-She-Shun, est nommé Ministre de Chine en France en 1905. De 1894 à 1898 il était déjà en poste à Paris. Album Mariani, Tome XI, 1906.

Tcheng-Loh, Ministre de Chine en France. Album Mariani, Tome XIV, 1924.

Tcheng-Loh, Ministre de Chine en France. Album Mariani, Tome XIV, 1924.

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Son Exc Kao Lu parfois dénommé Lu Gao (1877-1947). Ami de Jacques Mariani apparait dans le supplément Mariani, 28e série, 1931.

   Sur place en Chine dans la concession française de Shanghai, le vin Mariani est distribué à la fois par un certain G. Parisot P.O Box 1208 et surtout par A. Cohen et Jean Beudin (né à Paris le 25 novembre 1880) situé à la 25e Kiangse Road (3).

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Publicité Mariani en 1926.

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Dr : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

   On trouve aussi le vin Mariani chez le négociant Charles Hérou et son associé J. M Masson au 30 rue de France dans la concession étrangère de Tient-sin aujourd’hui Tianjin à 110 kilomètres au sud de Pékin.

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L’Illustration, 30 juin 1900.

   C’est surtout la consécration de ce breuvage selon le témoignage du journaliste, explorateur et géographe Jean Hess qui évoque l’utilisation du vin Mariani en juillet 1899 par l’Empereur de Chine. Sa Majesté Guangxu suit une cure au vin Mariani afin d’améliorer sa santé.

Les Chinois à Paris et Angelo Mariani.

   Le peintre Enrique Atalaya, n’hésite pas à son tour à présenter Angelo Mariani entouré de ses amis. On y voit un général avec son bicorne, (Louis Archinard ?), un officier avec son képi rouge au liseré d’or et avec en arrière-plan la tour Eiffel. Parmi les personnages on croise un Chinois de dos au premier plan. Est-ce Ou-Tai-Tchang ? Nous sommes en 1899.

Angelo Mariani et un ami chinois lors d'un moment festif à Paris.

Angelo Mariani et un ami chinois lors d’un moment festif à Paris.

   C’est en octobre 2007 dans le bulletin n°14 des Amis d’Albert Robida Le Téléphonoscope, qu’apparaît pour la première fois cette photographie ci-dessous dans un article signé de l’universitaire Sandrine Doré.

Un déjeuner avec Angelo Mariani

Un déjeuner avec Angelo Mariani.

   Outre Mariani et son frère Horace, on y distingue aussi Albert Robida et Ou-Tai-Tchang. En mai 2012, plusieurs convives sont identifiés avec l’apport visuel de Bertrand Hugonnard Roche (3) comme Paul Arène (?), Oscar Roty, Joseph Uzanne et Ou-Tai-Tchang. En novembre 2012 dans notre lettre de la SAAM (Société des Amis d’Angelo Mariani) n° 13, on y apporte le nom de Xavier Paoli. En septembre 2013, grâce toujours à la sagacité de Bertrand Hugonnard Roche, la progression dans l’identification des participants à ce repas champêtre, se poursuit. De nouveaux noms se font jour, comme Marie Augustine Roty, Maurice Roty, et Armand Silvestre. À ce stade de nos connaissances, on peut y adjoindre en février 2016, Isabelle Chapusot.

trianon quatro   Cela nous donne dès lors une liste plus fournie, mais toujours incomplète : 1) Un serveur anonyme 2) Xavier Paoli 3) Oscar Roty 4) Paul Arène 5) ? 6) ? 7) ? 8) Marie Augustine Roty 9) ?10) ? 11) Horace Mariani 12) Maurice Roty 13) Albert Robida 14) Ou-Tai-Tchang 15) ? 16) ? 17) Angelo Mariani 18) Armand Silvestre 19) Isabelle Chapusot et 20) Joseph Uzanne. Cette photographie en 2016 est loin d’avoir révélé tous ses secrets. Que représente par exemple l’insigne porté sur le revers de certains vestons ? Est-on en forêt de Rambouillet ? Quand et par qui a été réalisé la prise de vue (Jacques Mariani fils d’Angelo Mariani et photographe reconnu ?) ?

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Il y a véritablement deux personnages qui écrasent la photographie : Un Corse et un Chinois. Joseph Uzanne à l’extrême droite de la table semble, partager ce constat.

   On le sait Angelo Mariani n’a pu amener à bien ce fabuleux concept. La mort le rattrape un 1er avril 1914 dans sa villa Andréa à Valescure sur les hauteurs de Saint-Raphaël dans le Var (6). Un siècle plus tard, les Chinois sont devenus propriétaires d’une centaine de châteaux dans le Bordelais. Ils sont les premiers importateurs de Bordeaux au monde (55 millions de bouteilles par an) afin de répondre à l’attente du consommateur chinois exigeant, sans oublier qu’ils possèdent en outre le second vignoble de la planète. D’après vous, Angelo Mariani, avait-il vu juste ?                                                A.D.

(1) Les paquebots La Touraine et La Gascogne furent les navires les plus prisés par Angelo Mariani afin de se rendre à plusieurs reprises à New York.

img20160219_21383608L’une des explications possibles pour l’attrait de ces bateaux est due au fait qu’ils étaient dirigés par l’un de ses amis proches né à Bastia en 1841, le commandant Sauveur Santelli.
(2) Xavier Paoli que nous avons déjà présenté dans ce blog fut aussi connu comme le fonctionnaire de police attaché à la sécurité des personnalités, le plus décoré de France. Avec pas moins de 42 décorations étrangères. Sa notoriété est telle, qu’il fit l’objet de nombreux articles à l’image de celui du 24 septembre 1911 dans le New York Times et intitulé : Guardian of kings tells of royalty he has met.

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Portrait de Xavier Paoli en 1911.

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Intérieur du domicile de Xavier Paoli à Courbevoie au 17 rue du Souvenir. Dr : Gallica/BNF.

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Intérieur du domicile de Xavier Paoli à Courbevoie au 17 rue du Souvenir. Dr : Gallica/BNF.

(3) Sur cet épisode, où la ville de Shanghai comptait déjà un million d’habitants en 1900, il peut être utile de lire le très bel article en langue anglaise de Michelle Qiao intitulé : Another Hudec masterpiece. Texte paru le vendredi 3 avril 2015 dans le quotidien numérique : http://www.Shanghaidaily.com/
(4) Bertrand Hugonnard Roche libraire est aussi le responsable du blog consacré à Octave Uzanne : http://www.octaveuzanne.com/

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Octave Uzanne.

(5) Enfin si on veut obtenir des informations économiques fiables sur la Chine d’aujourd’hui, on peut surfer sur le très bon site https://irigeo.wordpress.com/ Géopolitique de l’Extrême-Orient tenu par un jeune géographe Franz Massias passionné par ce magnifique état-continent.
(6) À noter que la fiche Wikipédia consacrée à Angelo Mariani,  inscrit par erreur, Paris comme lieu de son décès.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Quand la coca et la cocaïne ont rencontré le Vin et l’Élixir Mariani à 250 000 euros la bouteille.

   En ce début de XXIe siècle, on redécouvre ça et là des bouteilles de Vin Mariani à la coca. Ces breuvages oubliés dans des greniers et autres caves alimentent parfois un discours peu scrupuleux financièrement et scientifiquement sur ce produit. Pire celles et ceux qui exhument ces breuvages sont dès lors persuadés d’avoir entre leurs mains un véritable trésor. Oui et non à vrai dire, est-on obligé de leur répondre. En matière de patrimoine historique, cela ne fait aucun doute. Une bouteille Mariani encore pleine à sa place dans un musée et non pas dans le coffre d’une banque. Ce sont des produits pharmaceutiques, gastronomiques et culturels français et américains qui ont marqués leur époque. Cette boisson appartient à l’Histoire.

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   Par contre d’un point de vue financier, il en va tout autrement. Bien que certaines personnes s’évertuent à lancer des prix astronomiques comme 250 000 euros (a) bien évidemment sans fondement avec la réalité (à quelle fin?), les bouteilles Mariani poursuivent leur chemin. Il existe d’ailleurs plusieurs modèles. Celui qui est le plus connu correspond à la contenance de 50 cl et est dénommé Coca Mariani. Mais ont ne doit oublier qu’Angelo Mariani et ses successeurs firent aussi des bouteilles d’un litre, de deux litres et à l’opposé des mignonnettes de 25 cl. Sans parler d’aux moins quatre autres marques avec la boisson dite Vin Mariani, l’élixir Mariani et l’apéritif Mariani. À cela s’ajoutent les petits flacons à la Terpine Coca Mariani d’une contenance de 12 cl.

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   N’écartons pas non plus les contrefaçons actuelles. Avec des prix hallucinants évoqués précédemment pour des bouteilles Mariani. Certains faussaires ont flairé la bonne affaire. À partir d’une bouteille vide, on n’hésite pas à coller une étiquette trouvée et/ou reproduite sur Internet. À cela, on y ajoute un bon vin de Bordeaux et une ligne de……Le tout vendu comme étant un original découvert comme par enchantement.

   D’emblée il nous paraît important à ce stade de notre réflexion de poser un élément de base essentiel pour bien appréhender notre problématique. La bouteille de vin la plus chère au monde en octobre 2015, était un Château Lafite de 1787 au prix de ….125 000 dollars. Aujourd’hui le château Lafite devenu Lafite-Rothschild est un très grand domaine viticole dans la région de Bordeaux en France qui approche une superficie de 200 hectares, dont plus d’une centaine est réservée à la vigne. Reconnu pour ses vins célèbres et prestigieux, et ce depuis 1855 ce lieu emblématique bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée. Ce prix est dû en outre pour la présence exceptionnelle des initiales Th.J. gravées sur le verre de la bouteille, faisait référence à l’individu à laquelle elle appartenait : le président des États-Unis d’Amérique, Thomas Jefferson. Cette bouteille unique contient du vin de Bordeaux et a été vendue en 1985 aux enchères par la Maison Christie à Londres pour 125 000 dollars, ce qui était alors l’équivalent de 116 000 euros. Ce breuvage se trouve aujourd’hui parmi la collection Forbes à New York (E.U).

   À titre de comparaison en 1970 à Londres fut vendue lors d’une enchère une bouteille Mariani datée de 1880 à moitié pleine à peine 4 livres sterling soit 11 dollars de l’époque… En Bretagne (France) à Nantes en 2004, une bouteille pleine Mariani de 1915 authentique que j’ai pu tenir entre mes mains fut mise en vente au prix de départ de 250 euros. On le voit on est bien loin des 250 000 euros évoqués précédemment. Plus près de nous en décembre 2009 aux E.U fut proposée à la vente une authentique bouteille de 1895 avec pour prix de départ à 10 000 dollars (6 700 euros)….Pour info jamais évoquée, n’oublions pas toute de même que le vin de bordeaux utilisé par Mariani était un château de très grande facture : le Henri Clausel et Compagnie. Plusieurs années plus tard, cette même bouteille réapparaissait dans un laboratoire d’une Université canadienne. En mai 2015, sur un site de vente en ligne on pouvait lire l’offre suivante (sans aucune modification) : Bouteille de collection vin mariani • Neuville-Saint-Rémy 250 000 euros : Date de publication: 04/05/2015 Localisation: Neuville-Saint-Rémy, Nord, France AVIS AUX COLLECTIONNEURS à vendre !!! bouteille de coca mariani datant de 1863 ENVIRON 3 EXEMPLAIRES CONNUS à ce jour dont un à DUBAY.

   Profitons de l’occasion pour remercier vraiment en premier lieu un descendant de la famille Roty qui nous a transmis des informations très précieuses concernant l’unique photographie connue à ce jour, prise à l’intérieur de la villa Andréa. Cela nous donne la quasi-totalité des identités présentes sur la photographie prise en 1910 ou au début de 1911 par Jacques Mariani.

La famille Roty chez Angelo Mariani à la Villa Andréa.

La famille Roty chez Angelo Mariani à la Villa Andréa.

   1) Joseph Uzanne (4 septembre 1850-19 avril 1937), secrétaire particulier d’Angelo Mariani, 2) Oscar Roty (12 juin 1846-décédé le 23 mars 1911 à Paris), 3) Ange François Mariani ( il rend son dernier souffle 1er avril 1914 en ce lieu de Valescure à Saint-Raphaël), 4) inconnu pour le moment, 5) Louise Laroque, belle fille d’Angelo Mariani et épouse de Jacques Mariani (octobre 1875-décembre 1935) le photographe, 6) la belle mère d’Oscar Roty soit Augustine Caroline Boulanger épouse du ferronnier d’art Pierre Boulanger, 7) l’épouse d’Oscar Roty soit Marie Augustine Roty née Boulanger le 24 avril 1862 et décédée le 10 novembre 1953, 8) Xavier Paoli (14 septembre 1835-6 juillet 1923) cousin d’Angelo Mariani et surtout descendant de Pascale Poali (b), 9) Georges Roty (1892-1973) fils de Marie et d’Oscar Roty (c).

Les différents personnages de ce cliché.

Les différents personnages de ce cliché.

l'inconnu de la Villa Andréa.

l’inconnu de la Villa Andréa.

   On a maintenant le plaisir de présenter un nouveau document original représentant Angelo Mariani selon un travail préparatoire d’Oscar Roty, repris par le graveur Charles Albert Waltner (1846-1925).

Un portrait d'Angelo Mariani vu par Oscar Roty et Charles

Un portrait d’Angelo Mariani vu par Oscar Roty et Charles Albert Waltner.

Un ami discret d'Angelo Mariani : Walner.

Un ami discret d’Angelo Mariani : Waltner.

   Il nous reste à trouver l’identité de la dernière personne n°4, non reconnue à ce jour présente sur le cliché. À cette recherche, nous joignons un cliché d’un autre individu semble-t-il, contemporain de Jacques Mariani fils d’Ange François Mariani. Au cas ou quelqu’un(e) l’identifierait…

Un ami de Jacques Mariani ?

Un ami de Jacques Mariani ?

   Ensuite nous tenons à remercier le responsable discret d’un beau site internet basé à Bastia et qui nous communiqué une photographie originale issue d’une carte postale représentant la pharmacie dite de la Croix Rouge. Iconographie peu banale (d). C’est en ce lieu que furent réalisés les prototypes de la boisson à la coca par Angelo Mariani avec l’aide de son père.

Un lieu emblématique dans l'épopée d'Angelo Mariani.

Un lieu emblématique dans l’épopée Corse d’Angelo Mariani.

  À noter enfin le très beau site : www : bouteillesanciennes.net et/ou https://bouteillesanciennes.wordpress.com/ qui a jugé utile de faire un lien internet vers notre propre blog. Cela permet a tous les passionnés de bouteilles Mariani dans savoir un peu plus. On peut d’ailleurs y lire un très bel article intitulé : Un vin tonique pour bien commencer l’année 2016! / Some tonic wine to start 2016 at full speed!              A.D

(a) Le Parisien, Un musée plein de raretés.

(b) Nous avons déjà évoqué dans un précédent billet ce personnage Corse attachant tombé lui aussi dans l’oubli. Peut être n’est-il pas inutile de préciser qu’il fut à titre exceptionnel, le premier récipiendaire de l’Ordre Royal de Victoria sur décision de la Reine en personne lors de son séjour au Grand-Hôtel de Nice le 22 avril 1896.

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A Bayonne en 1911, photographie réalisée par Chusseau Flaviens. Paoli est reconnaissable par son chapeau Melon.

(c) On peut lire avec intérêt l’ouvrage ayant pour titre : Le médailleur Louis Oscar Roty (1846-1911) sa vie son œuvre, Éditions Presses du Compagnonnage, 1971 par Georges Roty.

(d) CPA Ed. J. Moretti (Corte) Cliché d’avant 1903 n°420 – Bastia, Grande pharmacie de la Croix-Rouge.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera, 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse d’Ajaccio Séverin Cafferra (1863-1930).

Séverin à la ville.

Séverin à la ville.

   En 1892, le mercredi 29 juin en pleine gloire Angelo Mariani décide de faire jouer chez lui au 11 rue Scribe à Paris, un pantomime intitulé : La fleur de Coca. Cette représentation théatrale a lieue, en soirée devant quelques amis triés sur le volet. Cette pièce de théâtre fut écrite en vers par MM. Paul Arène (1) et Gustave Goetchy accompagnés par une musique de Léopold Gangloff, avec des décors de Charles Toché et les costumes de Paul Donny. Elle met en scène une colombine interprétée par Mlle Madeleine Dowe et un pierrot dénommé Séverin Cafferra (2) qui vont solutionner leur problème en buvant tout simplement un petit verre de Vin Mariani.

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Portrait de Séverin en Pierrot par Félix Valloton.

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Séverin et son magnifique jeu de mains.

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Melle Dowe et Séverin chez Angelo Mariani.

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Quand Séverin boit un verre de vin Mariani.

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Quand Séverin boit directement le vin Mariani à la bouteille.

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On observe que Séverin prend bien soin de mettre en évidence la bouteille Vin Mariani et son étiquette…

severin13   Les origines de la pantomime remontent à l’antiquité. C’est à Rome qu’elle voit le jour de façon certaine, puis se répand dans toute l’Europe méditerranéenne. La pantomime est une forme d’expression corporelle par gestes seulement : mimiques, mouvements, attitudes corporelles et parfois acrobaties. Le mime français Marceau en a été l’un des plus célèbres représentants à la renommée mondiale. La pantomime est parfois accompagnée de musique. Au début du 19e siècle, Jean-Gaspard Deburau crée à Paris le personnage de Pierrot repris par son fils Jean-Charles Deburau (3) qui vers 1850, après le décès de son père en 1846, forme à Marseille Louis Rouffe. Ce dernier initie à son tour Séverin (Séverin Cafferra, né en Corse). La pantomime a la particularité d’être un art populaire créatif issu d’une certaine manière de la Commédia. Marseille devient donc ipso facto la capitale du mime. Avec la disparition de Louis Rouffe en 1885, c’est également celle de la pantomime dans cette ville. Séverin Cafferra, va ensuite connaître la gloire en exerçant son art à Paris. En 1929, il publie chez Plon ses souvenirs, L’homme blanc, Souvenirs d’un Pierrot, introduction et notes de Gustave Fréjaville où il évoque cette fameuse soirée du mercredi 29 juin 1892.

severin1   On sait que les privilégiés qui purent assister à cette unique représentation furent entre autre sa fille Andréa, son fils Jacques mais aussi Catulle Mendes, Sylvain, Melle Moreno, Madame Isabelle Chapusot, Xavier Paoli, Armand Silvestre et Paul Arène.

   À la sortie de l’ouvrage, en 1929, Gustave Fréjaville le préfacier enverra le livre avec sa carte de visite personnelle à Jacques Mariani à Neuilly-sur-Seine. Une façon élégante, à noter, de remercier à posteriori Angelo Mariani pour son aide dans sa carrière professionelle. Sur la carte de visite manuscrite de Gustave Fréjaville, était portée l’inscription suivante au tampon : « De la part de Séverin éloigné de Paris ». Le livre avec la carte de visite pris ensuite sa place dans l’immense bibliothèque familiale Mariani.

Séverin à la renommée internationale.

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Quand Séverin l’Ajaccien était tête d’affiche aux Folies Bergère.

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Source : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

    Angelo Mariani déclinera par la suite, une nouvelle fois cette forme de communication afin de vanter son célèbre breuvage notamment par le biais de cartes postales comme support.

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Le soldat réconforté par une bonne soeur et une bonne bouteille de vin Mariani.

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Le malade réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet.

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Le même malade toujours réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet. Les autres flaçons soit une concurrence possible ont disparus.

Même chose avec certaines publicités Mariani.

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Album Mariani Tome 6. Dessin d’Eugène Murer.

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Dessin de Louis Trinquier Trianon.

(1) Paul Arène a déjà écrit plusieurs pantomimes comme celui de La statue aux Édition : A. Leduc, 1889, Paris.
(2) La fleur de Coca. Pantomime joué à Paris. Il fut imprimé sous forme de livret par les Éditions Silvestre, 1892 avec 12 belles reproductions photographiques en noir et blanc de Séverin et Mlle Dowe dans les rôles de Pierrot et Colombine. C’est un beau fascicule devenu collector et considéré comme publicitaire pour le vin tonique à base de Coca d’Angelo Mariani.
(3) Charles Deburau, qui va reprendre le rôle de Pierrot, est photographié à de multiples reprises par Nadar sous la dénomination Têtes d’expressions. Ce travail sera récompensé en 1855 à l’Exposition universelle de Paris.

   Si on veut aller plus loin dans la compréhension du pantomime, on se doit de lire, nous semble-t-il, Maurice Lefèvre, « La pantomime », Revue d’art dramatique, mai 1892, p. 257-268 et Arnaud Rykner (dir.), Pantomime et théâtre du corps. Le jeu du hors-texte, Rennes, 2009, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire ».

   Au niveau des visites pour ce blog, l’évolution est positive. En 2014, nous étions à 969 visiteurs et pour l’année 2015 qui se termine, nous sommes passés à 4 520. Soit un total approximatif de 5 500 observateurs pour une vingtaine d’articles publiés dont voici la liste ci-dessous. Espérons que 2016 connaîtra la même dynamique. Autre point en cette fin d’année 2015, nous tenons à saluer un ami Corse, ainsi que sa famille qui ont la particularité de m’avoir invité à observer sur l’île chez eux au calme leur magnifique collection privée de bouteilles Vin Mariani qui se compose non pas de quelques dizaines de récipients gravés Vin Coca Mariani et/ou Vin Mariani, les plus rares, mais de plusieurs centaines de bouteilles. Oui vous avez bien lu le terme de centaine. Merci encore à eux. En outre, il semblerait selon l’annonce récente du Président Bolivien Evo Morales (3 décembre 2015) reprise par la presse internationale qu’une équipe de scientifiques français aurait fait le déplacement à La Paz afin d’appuyer l’industrialisation de la feuille de coca dans ce pays, et ce à des fins médicinales. On attend avec impatience la publication de leur rapport et surtout leurs conclusions. Enfin, la lettre des amis d’Angelo Mariani se rapproche du 20e numéro. Il aura dans sa prochaine publication pour article central, la réelle valeur d’une bouteille Mariani, de nos jours, qui disons le tout de suite est bien loin des 250 000 euros revendiqués par quelques individus à la recherche d’une bonne affaire ?                           A.D

Liste des articles du blog consacré à Angelo Mariani :

Décembre 2015 : Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse Séverin Cafferra (1863-1930).

Novembre 2015 : Roland Garros et Angelo Mariani.

Octobre 2015 : La villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

Septembre 2015 : Angelo Mariani et ses principaux concurrents à la fin du XIXe siècle.

Juillet 2015 : Bastia et la Corse : hauts lieux de la conception de la première boisson à la coca inventée par Angelo Mariani et son père François Xavier.

Juin 2015 : Mariani (déc 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

Avril 2015 : Quelques vues des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine (France) au XIXe, XXe et XXIe siècle.

Mars 2015 : Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

Février 2015 : Mais qui était donc en réalité Angelo Mariani pour la famille d’Albert Robida ? (II) suite.

Janvier 2015 : Angelo Mariani et la coca dans les pas d’Albert Robida (I).

Décembre 2014 : Angelo Mariani et les Présidents de la IIIe République française.

Novembre 2014 : Mariani et la publicité en France et dans le monde.

Octobre 2014 : Julius Jaros : un homme discret et efficace ou l’ombre américaine d’Angelo Mariani.

Septembre 2014 : Louis Oscar Roty.

Août 2014 : Isabelle Chapusot.

Juin 2014 : Xavier Paoli.

Mai 2014 : Présentation des principaux personnages amis d’Angelo Mariani présents lors de l’inauguration de la fontaine la Siagnole en février 1905.

Avril 2014 : Une brève histoire de la Fontaine dite la Siagnole à Valescure commune de Saint-Raphaël (Var).

   Profitons enfin de cette occasion pour mettre en ligne la liste des articles version papier de la lettre de la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani) consacrés à Angelo Mariani et ce depuis juin 2004.

Octobre 2015, n°19 : Les premiers concurrents au XIXe siècle du vin Mariani.

Février 2015, n°18 : Plusieurs portraits d’Angelo Mariani.

Octobre 2014, n°17 : Isabelle Chapusot.

Février 2014, n°16 : Ferdinand Roybet et Angelo Mariani.

Octobre 2013, n°15 : Les formes peu académiques parfois de la publicité Mariani.

Mars 2013, n°14 : Une rencontre avec l’Ambassadeur de l’État plurinational de Bolivie en France.

Novembre 2012, n°13 : Une photographie encore quelque peu mystérieuse.

Octobre 2011, n°12 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (2eme partie).

Décembre 2010, n°11 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (1er partie).

Janvier 2010, n°10 : Un portrait d’Angelo Mariani par Carolus Duran.

Juillet 2009, n°9 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (2eme partie).

Décembre 2008, n°8 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (1er partie).

Février 2008, n°7 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (2eme partie).

Juillet 2007, n°6 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (1er partie).

Octobre 2006, n°5 : Horace Mariani et la Normandie.

Janvier 2006, n°4 : L’église catholique, les Papes et Angelo Mariani.

Septembre 2005, n°3 : Angelo Mariani et les cartes postales.

Décembre 2004, n°2 : Angelo Mariani et la Bretagne.

Juin 2004, n°1 : Angelo Mariani, une association culturelle et une lettre d’information ; la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani).                           A.D

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.