Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse d’Ajaccio Séverin Cafferra (1863-1930).

Séverin à la ville.

Séverin à la ville.

   En 1892, le mercredi 29 juin en pleine gloire Angelo Mariani décide de faire jouer chez lui au 11 rue Scribe à Paris, un pantomime intitulé : La fleur de Coca. Cette représentation théatrale a lieue, en soirée devant quelques amis triés sur le volet. Cette pièce de théâtre fut écrite en vers par MM. Paul Arène (1) et Gustave Goetchy accompagnés par une musique de Léopold Gangloff, avec des décors de Charles Toché et les costumes de Paul Donny. Elle met en scène une colombine interprétée par Mlle Madeleine Dowe et un pierrot dénommé Séverin Cafferra (2) qui vont solutionner leur problème en buvant tout simplement un petit verre de Vin Mariani.

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Portrait de Séverin en Pierrot par Félix Valloton.

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Séverin et son magnifique jeu de mains.

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Melle Dowe et Séverin chez Angelo Mariani.

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Quand Séverin boit un verre de vin Mariani.

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Quand Séverin boit directement le vin Mariani à la bouteille.

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On observe que Séverin prend bien soin de mettre en évidence la bouteille Vin Mariani et son étiquette…

severin13   Les origines de la pantomime remontent à l’antiquité. C’est à Rome qu’elle voit le jour de façon certaine, puis se répand dans toute l’Europe méditerranéenne. La pantomime est une forme d’expression corporelle par gestes seulement : mimiques, mouvements, attitudes corporelles et parfois acrobaties. Le mime français Marceau en a été l’un des plus célèbres représentants à la renommée mondiale. La pantomime est parfois accompagnée de musique. Au début du 19e siècle, Jean-Gaspard Deburau crée à Paris le personnage de Pierrot repris par son fils Jean-Charles Deburau (3) qui vers 1850, après le décès de son père en 1846, forme à Marseille Louis Rouffe. Ce dernier initie à son tour Séverin (Séverin Cafferra, né en Corse). La pantomime a la particularité d’être un art populaire créatif issu d’une certaine manière de la Commédia. Marseille devient donc ipso facto la capitale du mime. Avec la disparition de Louis Rouffe en 1885, c’est également celle de la pantomime dans cette ville. Séverin Cafferra, va ensuite connaître la gloire en exerçant son art à Paris. En 1929, il publie chez Plon ses souvenirs, L’homme blanc, Souvenirs d’un Pierrot, introduction et notes de Gustave Fréjaville où il évoque cette fameuse soirée du mercredi 29 juin 1892.

severin1   On sait que les privilégiés qui purent assister à cette unique représentation furent entre autre sa fille Andréa, son fils Jacques mais aussi Catulle Mendes, Sylvain, Melle Moreno, Madame Isabelle Chapusot, Xavier Paoli, Armand Silvestre et Paul Arène.

   À la sortie de l’ouvrage, en 1929, Gustave Fréjaville le préfacier enverra le livre avec sa carte de visite personnelle à Jacques Mariani à Neuilly-sur-Seine. Une façon élégante, à noter, de remercier à posteriori Angelo Mariani pour son aide dans sa carrière professionelle. Sur la carte de visite manuscrite de Gustave Fréjaville, était portée l’inscription suivante au tampon : « De la part de Séverin éloigné de Paris ». Le livre avec la carte de visite pris ensuite sa place dans l’immense bibliothèque familiale Mariani.

Séverin à la renommée internationale.

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Quand Séverin l’Ajaccien était tête d’affiche aux Folies Bergère.

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Source : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

    Angelo Mariani déclinera par la suite, une nouvelle fois cette forme de communication afin de vanter son célèbre breuvage notamment par le biais de cartes postales comme support.

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Le soldat réconforté par une bonne soeur et une bonne bouteille de vin Mariani.

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Le malade réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet.

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Le même malade toujours réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet. Les autres flaçons soit une concurrence possible ont disparus.

Même chose avec certaines publicités Mariani.

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Album Mariani Tome 6. Dessin d’Eugène Murer.

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Dessin de Louis Trinquier Trianon.

(1) Paul Arène a déjà écrit plusieurs pantomimes comme celui de La statue aux Édition : A. Leduc, 1889, Paris.
(2) La fleur de Coca. Pantomime joué à Paris. Il fut imprimé sous forme de livret par les Éditions Silvestre, 1892 avec 12 belles reproductions photographiques en noir et blanc de Séverin et Mlle Dowe dans les rôles de Pierrot et Colombine. C’est un beau fascicule devenu collector et considéré comme publicitaire pour le vin tonique à base de Coca d’Angelo Mariani.
(3) Charles Deburau, qui va reprendre le rôle de Pierrot, est photographié à de multiples reprises par Nadar sous la dénomination Têtes d’expressions. Ce travail sera récompensé en 1855 à l’Exposition universelle de Paris.

   Si on veut aller plus loin dans la compréhension du pantomime, on se doit de lire, nous semble-t-il, Maurice Lefèvre, « La pantomime », Revue d’art dramatique, mai 1892, p. 257-268 et Arnaud Rykner (dir.), Pantomime et théâtre du corps. Le jeu du hors-texte, Rennes, 2009, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire ».

   Au niveau des visites pour ce blog, l’évolution est positive. En 2014, nous étions à 969 visiteurs et pour l’année 2015 qui se termine, nous sommes passés à 4 520. Soit un total approximatif de 5 500 observateurs pour une vingtaine d’articles publiés dont voici la liste ci-dessous. Espérons que 2016 connaîtra la même dynamique. Autre point en cette fin d’année 2015, nous tenons à saluer un ami Corse, ainsi que sa famille qui ont la particularité de m’avoir invité à observer sur l’île chez eux au calme leur magnifique collection privée de bouteilles Vin Mariani qui se compose non pas de quelques dizaines de récipients gravés Vin Coca Mariani et/ou Vin Mariani, les plus rares, mais de plusieurs centaines de bouteilles. Oui vous avez bien lu le terme de centaine. Merci encore à eux. En outre, il semblerait selon l’annonce récente du Président Bolivien Evo Morales (3 décembre 2015) reprise par la presse internationale qu’une équipe de scientifiques français aurait fait le déplacement à La Paz afin d’appuyer l’industrialisation de la feuille de coca dans ce pays, et ce à des fins médicinales. On attend avec impatience la publication de leur rapport et surtout leurs conclusions. Enfin, la lettre des amis d’Angelo Mariani se rapproche du 20e numéro. Il aura dans sa prochaine publication pour article central, la réelle valeur d’une bouteille Mariani, de nos jours, qui disons le tout de suite est bien loin des 250 000 euros revendiqués par quelques individus à la recherche d’une bonne affaire ?                           A.D

Liste des articles du blog consacré à Angelo Mariani :

Décembre 2015 : Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse Séverin Cafferra (1863-1930).

Novembre 2015 : Roland Garros et Angelo Mariani.

Octobre 2015 : La villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

Septembre 2015 : Angelo Mariani et ses principaux concurrents à la fin du XIXe siècle.

Juillet 2015 : Bastia et la Corse : hauts lieux de la conception de la première boisson à la coca inventée par Angelo Mariani et son père François Xavier.

Juin 2015 : Mariani (déc 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

Avril 2015 : Quelques vues des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine (France) au XIXe, XXe et XXIe siècle.

Mars 2015 : Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

Février 2015 : Mais qui était donc en réalité Angelo Mariani pour la famille d’Albert Robida ? (II) suite.

Janvier 2015 : Angelo Mariani et la coca dans les pas d’Albert Robida (I).

Décembre 2014 : Angelo Mariani et les Présidents de la IIIe République française.

Novembre 2014 : Mariani et la publicité en France et dans le monde.

Octobre 2014 : Julius Jaros : un homme discret et efficace ou l’ombre américaine d’Angelo Mariani.

Septembre 2014 : Louis Oscar Roty.

Août 2014 : Isabelle Chapusot.

Juin 2014 : Xavier Paoli.

Mai 2014 : Présentation des principaux personnages amis d’Angelo Mariani présents lors de l’inauguration de la fontaine la Siagnole en février 1905.

Avril 2014 : Une brève histoire de la Fontaine dite la Siagnole à Valescure commune de Saint-Raphaël (Var).

   Profitons enfin de cette occasion pour mettre en ligne la liste des articles version papier de la lettre de la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani) consacrés à Angelo Mariani et ce depuis juin 2004.

Octobre 2015, n°19 : Les premiers concurrents au XIXe siècle du vin Mariani.

Février 2015, n°18 : Plusieurs portraits d’Angelo Mariani.

Octobre 2014, n°17 : Isabelle Chapusot.

Février 2014, n°16 : Ferdinand Roybet et Angelo Mariani.

Octobre 2013, n°15 : Les formes peu académiques parfois de la publicité Mariani.

Mars 2013, n°14 : Une rencontre avec l’Ambassadeur de l’État plurinational de Bolivie en France.

Novembre 2012, n°13 : Une photographie encore quelque peu mystérieuse.

Octobre 2011, n°12 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (2eme partie).

Décembre 2010, n°11 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (1er partie).

Janvier 2010, n°10 : Un portrait d’Angelo Mariani par Carolus Duran.

Juillet 2009, n°9 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (2eme partie).

Décembre 2008, n°8 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (1er partie).

Février 2008, n°7 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (2eme partie).

Juillet 2007, n°6 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (1er partie).

Octobre 2006, n°5 : Horace Mariani et la Normandie.

Janvier 2006, n°4 : L’église catholique, les Papes et Angelo Mariani.

Septembre 2005, n°3 : Angelo Mariani et les cartes postales.

Décembre 2004, n°2 : Angelo Mariani et la Bretagne.

Juin 2004, n°1 : Angelo Mariani, une association culturelle et une lettre d’information ; la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani).                           A.D

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

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Roland Garros et Angelo Mariani.

   Angelo Mariani, on le sait, a beaucoup impacté d’un point de vue patrimonial les communes de Saint Raphaël et Fréjus dans le Var.

Publicité pour le célèbre Vin Tonique Mariani.

Publicité pour le célèbre Vin Tonique Mariani.

   Il est notamment l’initiateur discret d’une stèle commémorative pour le célèbre aviateur patriote Roland Garros en hommage à la première traversée réussie vers la Tunisie en Afrique, le mardi 23 septembre 1913. (Près de 800 kilomètres notamment en passant sur la partie occidentale de la Corse, au large d’Ajaccio) (1). Mariani est conscient que d’un point de vue politique, on vient d’assister à la première liaison intercontinentale de l’histoire, en matière d’aviation.

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Roland Garros. Source : Journal  L’Illustration n° 3683 du 27 septembre 1913 p 227.

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Dr : BNF.

Dr : Collection privée de M. Michel Roudillaud.

Dr : Collection privée de M. Michel Roudillaud.

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Roland Garros. Source : Journal L’Illustration n° 3684 du 4 octobre 1913 p 262.

   En effet au lendemain de ce vol historique, Angelo Mariani, qui est surtout un inconditionnel et ami de nombreux pionnier(e)s de l’aviation (En premier lieu, Alberto Santos Dumont dès 1901, Jules Védrines, Maurice Tabuteau qui fut détenteur de la durée de déplacement d’un avion en 1910, Louis Blériot qui a franchi la Manche le 25 juillet 1909, André Beaumont pseudonyme de Jean Louis Conneau membre de sa famille, Marcel Brindejonc des Moulinais, Jeanne Herveux, la baronne Raymonde de la Roche en réalité Élise Deroche, première aviatrice brevetée au monde, Maurice Farman, Louis Paulhan, Paul Tissandier, Géo Chavez et Alfred Leblanc) décide comme à son habitude (c.f la fontaine de la Sagniole à Saint-Raphaël en février 1905, le monument à la gloire du poète Armand Silvestre placé sur le Cours-la-Reine en octobre 1906 à Paris, sans oublier la statue de Frédéric Mistral à Arles en mai 1909, entre autres exemples) d’ériger un monument sur le lieu de départ de cette magnifique aventure.

Alberto Santos Dumont, Album Mariani, Tome VII.

Alberto Santos Dumont, Album Mariani, Tome VII (1902).

Louis Blériot

Louis Blériot, Album Mariani, tome XII (1910).

La baronne de la Roche.

La baronne Raymonde de La Roche. Supplément illustré, 16e série, Décembre 1911, Album Mariani.

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CPA publicitaire issue des Albums Mariani.

   En réalité, le lieu retenu sera devant l’entrée du premier aérodrome naval de France. Pour cela, il lance sans état d’âme une souscription publique et sera d’entrée l’un des plus généreux donateurs. Du début à la fin. Parmi les premiers souscripteurs, on trouve Xavier Paoli son cousin, Léon Schuster, Rolland Calvet, Georges Berget, Silvy, Ducret, Grandclément, N. Henesy, L. Brunot, le peintre Carolus Duran, Henri Falguette, Peguet et Pascal. Angelo Mariani a, en outre, déjà décidé du lieu où sera installée l’œuvre consacrée à cet aviateur hors du commun. Soit à Fréjus, à l’endroit même selon les souhaits de Mariani où Roland Garros s’est envolé. Il décide, de plus, que ce soit son ami l’académicien et poète Jean Aicard qui fasse l’éloge de l’aviateur et de son exploit le jour de l’inauguration. Pour cela, il crée un comité sobrement intitulé : Roland Garros.

   Pour être certain du résultat, il sollicite un proche, le sculpteur et graveur Louis Patriarche natif de Bastia, afin de produire un bronze encastré dans une roche de la région (méthode d’ailleurs identique à sa villa Andréa) comprenant quelques vers du poète Jean Aicard. Ce qui fut fait. On peut de nos jours encore observer le dessin préparatoire exécuté par Patriarche sous la forme d’un cliché photographique établi par un autre ami Corse d’Angelo Mariani, le photographe François Vizzavona. Ce magnifique document se trouve à Paris dans les archives de l’agence photo RMN-Grand Palais, fond Druet-Vizzavona. On n’oublie pas d’ajouter un buste réalisé par Étienne Forestier.

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L’Aérophile, 1er décembre 1925, p 354.

   Le 19 avril 1914 en présence d’une foule imposante et de nombreux officiels, le maire de Saint-Raphaël Léon Basso offre symboliquement le monument à la ville de Fréjus et à son premier mandataire. Sous les airs musicaux bons enfants d’une fanfare militaire, le voile est enlevé par la marraine du mausolée, la grande duchesse de Mecklenbourg-Schverin. Lors de cette belle journée ensoleillée, il manque cependant une personne pour que la fête soit complète. Ce n’est pas Roland Garros, qui arrive avec son amie Marcelle George, en plein milieu de la cérémonie. C’est Angelo Mariani lui-même. Ce dernier a une bonne excuse. Il vient de passer sur l’autre rive moins de trois semaines plus tôt à Valescure…

L'inauguration. Dr BNF.

L’inauguration. Dr BNF.

Jean Aicard prononçant l'éloge de Roland Garros à travers son exploit aéronautique.

Jean Aicard prononçant l’éloge de Roland Garros à travers son exploit aéronautique. Dr BNF.

Carte postale avec le monument Roland Garros.

Carte postale avec le monument Roland Garros en premier plan et derrière les baraquements de la base aéronavale.

En arrière plan de la stèle en hommage à Roland Garros, on remarque l'actuel boulevard de la Mer, commune de Fréjus.

En arrière plan de la stèle en hommage à Roland Garros, on remarque l’actuel boulevard de la Mer, commune de Fréjus.

  Le dimanche 24 septembre 1922, la municipalité de Fréjus selon la presse de l’époque « fête dignement le 9e anniversaire avec un monument magnifiquement décoré ». En 1933, pour la vingtième commémoration, le groupement de l’aéro-club de France fit placer une palme de bronze au pied de la stèle portant l’inscription :  « A Roland Garros » en présence notamment des maires de Fréjus M. Fabre et de Saint-Raphaël, M. Bruère.

Une stèle historique à Fréjus au parcours pour le moins étonnant.

   Ce monument décidé par Angelo Mariani à la gloire de Roland Garros va ensuite connaître bien des vicissitudes. Notamment des déplacements, des composants « volatilisés » et des « modifications » en tout genre. Arrêtons-nous un instant sur cet objet culturel. Il se compose alors pour l’essentiel de cinq éléments.

Croquis de la stèle dans les années trente.

Croquis de la stèle dans les années trente.

   À son sommet, le buste de Roland Garros produit par Étienne Forestier. Ensuite le bronze de Patriarche. Ce dernier est placé sur un bloc d’Esterellite dit aussi porphyre bleu de l’Esterel sorte de roche dure comme le granite et issu d’une carrière proche. À cela s’ajoute à la base de l’œuvre un petit bronze avec l’inscription suivante voulue par Angelo Mariani : La ville de Saint-Raphaël à la ville de Fréjus. Enfin, un socle conséquent d’une dizaine de centimètres de hauteur. Après la Grande Guerre, la stèle en l’état est à chaque 11 novembre honorée par les riverains. Personne n’oublie en effet que Roland Garros est tombé au champ d’honneur, le 5 octobre 1918. Puis les années passent. Lors du Second conflit mondial et l’occupation du département du Var par les armées allemandes, le monument n’est pas inquiété. Même chose, semble-t-il, avec la tragédie de Malpasset en décembre 1959 qui provoqua la mort de 423 personnes. La base aéronavale de Fréjus, qui se trouvait sur le trajet de la vague de 40 mètres de hauteur, avait été à plus de soixante-quinze pour cent détruite.

   En 1986, une enquête dans le cadre d’un inventaire général du patrimoine culturel pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur sous la référence IA83000667 constate toujours l’existence du buste d’Étienne Forestier et du bronze de Patriarche. Le second petit bronze n’est, par contre, pas mentionné, ni même la palme. En réalité, ils ont déjà disparu. À contrario une nouvelle plaque en marbre est apparue. Elle correspond au souvenir de l’Union des Évadés de guerre dont Roland Garros fut le cofondateur.

Plaque en marbre placée par l'Union Nationale des Evadés de Guerre.

Plaque en marbre placée par l’Union Nationale des Evadés de Guerre.

   En 2003, un colloque et une exposition sont organisés pour le 90e anniversaire de la traversée de la Méditerranée à Fréjus. Le monument est légèrement modifié.

plexiglassgarros   Un support en plexiglas apparaît en lieu et place du bronze de Patriarche qui n’est plus présent avec un texte qui comporte une anomalie typographique : Fréjus est écrit en minuscule et Bizerte en lettres capitales. On remarque aussi une iconographie qui interroge ? L’avion représenté est-il bien un Morane-Saulnier ? Une publication en l’occurrence les actes de cette manifestation culturelle intitulée : Roland Garros, n°15 doit ensuite voire le jour par le biais de la Société d’Histoire de Fréjus et de sa région. Mais ce document pour des raisons techniques ne fut jamais imprimé. On profita malgré tout de cette commémoration pour déplacer la stèle. Elle quitta l’entrée de la base aéronavale et rejoignit la plage au bout du boulevard de la Mer toujours à Fréjus face à la Méditerranée. (Par cette action, on exauçait du même coup et peut-être sans le savoir le vœu initial d’Angelo Mariani !).

   Autre élément intéressant le 12 octobre 2008 à Paris et plus précisément à l’Hôtel Marcel Dassault, 7 rond-point des Champs-Élysées à Paris eut lieu une vente aux enchères sous l’autorité du Commissaire-priseur Monsieur Hervé Poulain concernant à la fois des lettres et manuscrits de Jean Mermoz et une collection de Monsieur A et à divers.

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Dr : Artcurial.

   Le lot 298 est présenté ainsi : 1ere traversée de la Méditerranée le 23 septembre 1913 : Roland Garros sur Morane-Saulnier. Plaque en bronze du sculpteur L.Patriarche 46,5 X 58,5cm. Avec un poème de Jean Aicard inscrit sur la plaque : « Seul le 23 septembre en l’an 1913, Garros en monoplan sans flotteurs, prit essor dans ce golfe, et, courrier de l’audace française, en 7 heures par un matin d’azur et d’or, survolant le premier la vaste mer déserte, il alla se poser d’un bond sur Bizerte ». Estimation 5 000 – 6 000 € . Vendu 5 700 €.

   De toute évidence, ce lot doit être une copie de l’original réalisé par l’artiste en 1914.

   En janvier 2010, le quotidien Var-Matin publie un article fort passionnant intitulé : Fréjus : Ces statues au gré du temps. On y apprend par la voix de Philippe Cantarel, guide conférencier de la ville que cette pièce en hommage à Roland Garros est la plus célèbre de la commune. On peut aussi constater par le biais de la photographie réalisée par Philippe Arnassan, afin d’illustrer le propos du journaliste E.D, que le bronze de départ signé par Patriarche a bien été remplacé par un autre bronze quelconque.

On peut apprécier la finition de la mise en place.

On peut apprécier la finition de la mise en place…

   Et qui comporte la même bizarrerie typographique que sur le plexiglas : là aussi le nom de la ville de Fréjus est inscrit en minuscule et celui de Bizerte en lettres capitales. On remarque aussi que le buste de Garros au niveau de l’arcade sourcilière gauche est maintenant abîmé, tout comme la narine droite et l’œil droit de Roland Garros. Et même le bord de sa casquette droite…

DSCF4549   En novembre 2015, ce qui reste de la statue voulue par Angelo Mariani en hommage à Roland Garros pour son exploit aéronautique à la face du monde, s’enfonce quelque peu dans l’oubli et dans les sables de cette belle plage de Fréjus, ville d’art et d’Histoire. Tout en regardant, fière et stoïque, la Méditerranée, la Tunisie et la Corse…jusqu’à quand ?                                                                                           A.D

(1) Mercredi 24 septembre 1913, L’Aurore, en première page de ce quotidien, article intitulé : La conquête de l’air. Garros traverse la Méditerranée.

   J’ai le plaisir pour l’aide apporter dans la réalisation de ce texte, de remercier Mme Saliha Ollivier, spécialiste de l’histoire de Roland Garros en général et de sa traversée vers Bizerte en particulier, M. Michel Roudillaud, historien des communes de Saint-Raphaël et de Vidauban, sans oublier Mme Julie Mariotti, attachée de conservation au service archéologique de la commune de Fréjus. Il en va de même avec Mme Brigitte Auloy, Adjointe au Maire, déléguée au patrimoine, à l’Animation, à la culture et au tourisme et M. le Sénateur du Var, Maire de Fréjus, M. David Rachline.

Roland Garros face à la Mediterranée.

Roland Garros face à la Méditerranée.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

 

La Villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

   L’origine tout d’abord du nom de cette villa : Andréa est le prénom du second enfant d’Angelo Mariani née le 8 août 1874 à Paris. Sa fille unique quitte ce monde cependant en avril 1894 à peine âgée de 19 ans plaçant un temps Angelo Mariani dans une immense tristesse. D’autant qu’il avait déjà perdu son premier fils André, en avril 1878 en Corse, né le 2 juin 1871 dans la capitale. Il avait été touché lui aussi par une maladie incurable au même titre que leur mère la même année.

André Mariani (Paris 18 Corse 18. Repose au Père Lachaise.

André Mariani (Paris juin 1871- Corse avril 1878). Il repose au Père Lachaise.

L’aspect extérieur de la villa Andréa :

   À la lecture de l’historien Jacques Chevillard, on apprend qu’en septembre 1888, les architectes Sylvain Ravel et Henri Lacreusette sont chargés de construire pour Angelo Mariani, une villa à Valescure appelée Andréa située près du carrefour dit des Anglais qui domine un vaste parc d’une dizaine d’hectares planté de nombreuses variétés de palmiers, camélias et lauriers-roses. On pouvait même en 1905 visiter les lieux en s’adressant au jardinier sur place. En outre selon les écrits et les propos de Louis Marsan en mars 1977, il y avait aussi des pins parasols et des eucalyptus dans les jardins de la propriété Mariani. Au début du XXIe siècle, Angelo Mariani fit agrandir sa villa avec une très grande dépendance dénommée les Violettes par les soins de M. Aragon entrepreneur à Saint-Raphaël sous l’autorité de l’architecte M. Léon Sergent d’après les indications de Mme Lindsay Benoît arrière petite fille de ce dernier. Cette seconde maison servait à recevoir tous les amis de passage à l’image de l’aviateur Roland Garros.

Cette seconde demeurre servait pour recevoir diverses parfois même en location.

Cette seconde demeure servait pour recevoir diverses personnalités quand la villa Andréa est déjà au complet. La villa Les Violettes était même louée à des amis lorsqu’ Angelo Mariani était absent de Valescure.

   Le portail d’entrée de la villa était composé d’un bas relief exécuté par Oscar Roty (excusez du peu !) : L’amour dans les bras d’une nymphe. Cet objet de collection fut malheureusement dérobé par un passant indélicat selon les dires de Mme Émilie Michaud-Jeanin dans un article de Var Matin paru en août 1989 et intitulé : Villa André : le souvenir d’Angelo Mariani.

L'entrée de la villa Andréa. Sur le pilier droit du portail, on distingue au dessus de la sonnette, la plaque de Roty.

L’entrée de la villa Andréa. Sur le pilier droit du portail, on distingue au dessus de la sonnette, la plaque de Roty.

  À noter les magnifiques images prises à cette occasion par le journaliste et photographe Philippe Arnassan, pour illustrer l’article. Et que l’on a plaisir, ici, à remercier.

Vue extérieure, facade Nord de la villa Andréa. Sur la gauche de la photographie, on distingue la disparition de la plaque réalisée par Oscar Roty.

Vue extérieure, façade Nord de la villa Andréa. Sur la gauche de la photographie, on distingue la disparition de la plaque réalisée par Oscar Roty.

Entrée de la villa Andréa orienté à l'est. On constate en matière architecturale que la toiture a été remplacée par de magnifiques terrasses.

Entrée de la villa Andréa orientée à l’Est. On constate en matière architecturale que la toiture a été remplacée par de magnifiques terrasses.

Grâce à l'ingéniosité de la prise de vue, on observe avec délice la qualité des ornements architecturaux de la villa Andréa réalisée au XIXe siècle.

Grâce à l’ingéniosité de la prise de vue de cette photographie, on observe avec délice la qualité des ornements architecturaux de la villa Andréa construite à la fin du XIXe siècle.

La villa Andréa : un petit musée omniprésent, même dans le jardin.

   A l’approche du vestibule, les invités de Mariani pouvait admirer une nouvelle oeuvre d’Oscar Roty connu sous la célèbre appellation : In labore quies. Le visiteur pouvait aussi observer de nombreuses plaques de bronze d’Eugène Mouchon apposées sur les murs extérieurs encadrant les fenêtres. Dans le jardin, c’est avant tout le monument de Théodore Rivière en hommage au Djinn ou dit souvent Lanceur de pierre qui attirait l’attention. Il y avait en outre selon Georges Régnal, la merveille dite : Les Hordes d’Attila  bloc de bronze imposant de plusieurs centaines de kilogrammes (1). Du même artiste, la fameuse nymphe de la Siagnole en bronze elle aussi placée cette fois à l’extérieur de la propriété de Mariani selon les directives de ce dernier afin que les passants puissent en profiter.

Jardin et terrasse de la Villa Andréa.

Jardin et terrasse de la Villa Andréa.

   C’est aussi en ce lieu qu’Angelo Mariani recevait régulièrement Les Petits Éclaireurs Raphaëlois qui venaient souvent en nombre. Des groupes d’une cinquantaine éléments n’étaient pas rare dans son jardin.

Mariani ou le mécène discret des Petits Éclaireurs Raphaëlois.

Mariani ou le mécène discret des Petits Éclaireurs Raphaëlois. Cette iconographie provient de la collection privée de M.   Michel Roudillaud, écrivain spécialiste de l’Histoire de nombreuses communes du Var en général et de Saint-Raphaël en particulier.

Les proches alentours de la villa :

   Angelo Mariani aime à se promener. Le voici aux abords de sa villa de retour d’une balade.

Par une belle journée ensoleillé Angelo Mariani accompagné par un ami est de retour à la villa Andréa. En arrière plan ce mur en pierre de taille existe toujours. Photographie de Jacques Mariani.

Par une belle journée ensoleillée Angelo Mariani accompagné par un ami est de retour à la villa Andréa. En arrière plan le mur en pierre de taille existe toujours. Photographie de Jacques Mariani.

Les hommes passent, les pierres restent.

Les hommes passent, les pierres restent.

   En 1965, la villa Andréa dénommée parfois Mariani est vendue. Dans les murs, on pouvait encore observer en 1977 des œuvres d’art sous forme de plaques de cuivre encastrer dans les murs. Sur l’une d’entre elles, on pouvait même y lire une citation d’Émile Rochard en date de 1898 : Oasis souriant à l’irréel des rêves. Valescure est un parc endormi dans l’azur, vrai paradou, repos berceur, asile sûr qui prolonge la vie et rend les heures brèves. Il y avait aussi un magnifique bas relief en céramique polychrome de 2,50 sur 2,30 mètres représentant des porteuses d’offrandes javanaises réalisé par Théodore Rivière.

Ornement mural en céramique de toute beauté.

Ornement mural en céramique de toute beauté.

   Puis au milieu des années 80, la bâtisse est démolie au profit d’un immeuble résidentiel. Mais au fait que sont devenues toutes ces œuvres d’art ?

Quand une résidence du XXe remplace une villa du XIXe siècle...

Quand une résidence du XXe remplace une villa du XIXe siècle…

   En février 1996, le courrier de Valescure n° 23, sous la plume de Pierre Fernez présente à son tour Angelo Mariani, et sa villa Andréa avec la modification de l’emplacement de la fontaine en ces termes : En 1985, Mme Baur présidente de notre association inaugura une seconde fois la fontaine de Valescure (ce qu’il en reste), 80 ans plus tard. Le carrefour des Anglais et sa fontaine  « marque » aujourd’hui l’entrée du quartier résidentiel de Valescure. En mars 2004, le courrier de Valescure n° 39, revient une nouvelle fois sur Mariani avec un texte de Corinne Galland évoquant la naissance du Coca-Cola.

   La même année le 26 novembre une conférence-diaporama sur Angelo Mariani est organisée à la médiathèque dans l’auditorium Saint-Exupéry du centre culturel de Saint Raphaël. La rencontre est dirigée par la Société d’histoire de Fréjus et de sa région avec l’association de Valescure. Elle reçoit Corinne Galland, Pierre Nicolini et Guy Petit Bova qui évoquent la mémoire de Mariani et sa « vaste » villa de Valescure.

   En 2007, l’un des meilleurs restaurateurs de Saint-Raphaël, Paul Duranton, eut à juste titre les honneurs de Var matin. Ce dernier, seul, uniquement pour son plaisir avait remis en évidence dans son établissement du centre-ville, Angelo Mariani, l’homme qui inventa le french tonic wine et sa célèbre Villa Andréa.

À l’intérieur :

Pour cela entrons sans effraction avec Angelo Mariani dans sa villa.

Angelo Mariani avec son célèbre cigare à son nom et produit à Cuba devant l'une des portes d'entrées de sa villa. Photographie de Jacques Mariani.

Angelo Mariani avec son célèbre cigare à son nom et produit à Cuba devant l’une des portes d’entrées de sa villa. Photographie de Jacques Mariani.

À l’intérieur :

   On pouvait tout d’abord voir deux oeuvres du sculpteur et dessinateur Corse Louis Patriache. Soit un beau tableau intitulé : La Provence et un portrait en relief représentant Xavier Paoli. À cela s’ajoutaient plusieurs toiles de Jean Renié (Vue de Fréjus) et d’Atalaya (Sancho et Don Quichotte). Sans oublier deux bustes réalisés par Jean Baffier dénommés : La femme au gui et l’Angèle et un ensemble collectif sous le nom de : La cuvée. De plus, on ne pouvait pas manquer le tableau de Guillemet ; Bords de Seine (environ de Paris). Sur la balustrade du balcon face au salon trônait sur un piédestal de marbre, la statuette d’Oscar Roty, la encore réalisé par Théodore Rivière.

   Grâce à un lecteur assidu (2) de notre blog consacré à l’oeuvre d’Angelo Mariani, nous avons eu le plaisir d’être contacté afin d’apprendre l’existence d’une photographie inédite d’Angelo Mariani prise à l’intérieur de la Villa Andréa à Saint-Raphaël (Var). Nous avons pu ensuite obtenir cette image que nous vous présentons maintenant :

Photographie prise entre 1909 et 1914 par Jacques Mariani

Photographie prise entre 1912 et 1914 par Jacques Mariani

   Sur cette photographie noire et blanc, on dénombre neuf personnes. Au premier coup d’oeil, de gauche à droite, on peut aisément distinguer tout d’abord Joseph Uzanne, puis Oscar Roty. Vient ensuite Angelo Mariani debout avec son éternel cigare à la main. Devant lui est assis sur un petit banc capitonné un inconnu. Qui est-il ? Au centre, l’épouse de Jacques Mariani (Louise Laroque) et sa maman à ses côtés. En s’approchant de la fenêtre, on voit semble-t-il l’aide ménagère et devant elle un enfant assis en tailleur non identifié. Enfin tout à droite de l’image, on aperçoit Xavier Paoli, cousin de Mariani. Cette photographie fut prise dans les années 1912-1913.

Aujourd’hui :

   D’un point de vue patrimonial à Valescure, tout a disparu ou presque, semble-t-il, de la villa Andréa. Il ne reste plus rien (?) de cette magnifique demeure qui reçut les plus grands de ce monde et qui fut pour partie à l’origine aujourd’hui de la marque mondiale la plus connue de la planète en ce XXIe siècle. Pas même une plaque d’information en cet endroit pour informer les touristes. Encore moins le nom d’une rue à son patronyme dans la commune. Ni d’ailleurs dans aucune ville ou village sur le continent, ni même en Corse son île adorée par-dessus tout. Étonnant ? Non pas vraiment. Selon un dicton populaire, il se dit que nul n’est vraiment prophète dans son pays…. Alors pourquoi un tel oubli ? On est vraiment en droit de se poser cette légitime question. Mais qui sait, peut être qu’un jour, cette injustice mémorielle sera enfin réparée.      A.D

villa 37(1) On peut admirer ce magnifique bronze de nos jours au musée de la Piscine à Roubaix.

(2) En l’occurrence M. Sylvain Calvier,  photographe, historien et archiviste, basé au 21 rue Saint Paul dans le 4e arrondissement de Paris.

Dans cet agréable magasin de photographie au coeur de Paris dormait cette photographie de Mariani à Valescure prise par son fils Jacques.

Dans cet agréable magasin de photographies au coeur de Paris dormait depuis de nombreuses années une photographie de Mariani à Valescure prise par son fils Jacques.

   Nous avons aussi retrouvé dans nos archives un dossier intitulé Angelo Mariani avec une photographie sans nom. Qui est-il ? Qui peut nous informer de son patronyme ?

Qui est-il ?

Qui est-il ?

   À noter les deux très beaux livres de Michel Roudillaud parus aux Éditions Alan Sutton dans la collection Mémoire en images, intitulés : Saint-Raphaël. (Tome 1 : 128 pages et tome 2 : 223 pages).

Saint-Raphaël de Michel Roudillaud, tome 2.

Saint-Raphaël de Michel Roudillaud, tome 2.

villa 36Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

 

 

Angelo Mariani et ses principaux concurrents à la fin du XIXe siècle.

   La boisson Mariani à la coca au vu de son succès n’est pas restée pas très longtemps seule sur le marché comme on peut l’imaginer.

Le produit :

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Le Figaro Samedi 10 mai 1890.

L’image publicitaire Mariani par excellence :

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Magnifique affiche dessinée en 1894 par Jules Chéret (1836-1932).

    En France, dès 1884 le vin de Coca fait son apparition dans le Codex. Bien qu’il existât déjà depuis fort longtemps. Dans l’officine de François Dorvault de 1880, on ne mentionne pas moins de 154 boissons médicinales à base de coca. Tout comme une multitude de produits pharmaceutiques.

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villa 10villa 38   Cependant le plus dangereux concurrent de Mariani durant cette période n’est autre que…Mariani. C’est un pharmacien marseillais homonyme prénommé Antoine Joseph qui a flairé la bonne affaire. Ce dernier va jusqu’à imiter en 1901 la signature d’Angelo Mariani dans ses publicités. Pour se défendre, notre Corse poursuit cet Antoine Mariani en justice à maintes reprises et finit par gagner contre ce plagiaire.

   Ensuite, on dénombre trois autres concurrents français d’importance à savoir : Le Vin Bravais, le vin dit Coca des Incas et le Coca de J. Girond basé à Saint-Etienne.

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Le Figaro 28 juin 1890. Publicité pour Raoul Bravais et son vin.

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Cette marque Coca des Incas appartient à un certain Jean Baptiste Blanjot tout comme celle intitulée : Vin des Incas et ce jusque dans les années 1895. À cette date les deux produits sont vendus à un dénommé Piou qui les concèdent à Gustave Guérin pour deux ans en 1905. Cette illustration fut imprimée par Reverchon en 1899 et son auteur n’est toujours pas connu à ce jour.

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Produit réalisé par J. Girond du département de la Loire.

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Détail du carton publicitaire précédent.

   Tout d’abord le Vin Bravais à la coca va durer sur le marché français de nombreuses décennies. Il voit le jour dès 1875 et aura une longue carrière jusque dans les années trente. Parfois les publicités pour le Vin Mariani et le Vin Bravais paraissent en même temps et dans le même support. La concurrence est donc rude.

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Le Figaro Samedi 26 juillet 1890.

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Cette affiche fut dessinée par Eugène Oge (1861-1936) en 1893 pour le compte de Raoul Bravais à l’imprimerie Verneau au 114 rue Oberkampf à Paris.

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Les Annales coopératives pharmaceutiques, 1927.

   Avec le vin dit Coca des Incas, son propriétaire Jean Baptiste Blanjot basé au 26 rue de Pontoise à Paris privilégie une toute autre stratégie par le biais de l’image en s’inspirant là encore des méthodes publicitaires d’Angelo Mariani.

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L’auteur de cette magnifique affiche est Charles Lévy en 1896. Elle fut notamment présentée dans un article intitulé : Une Histoire oubliée aux États-Unis ; la première épidemie de coca rédigé par Vicki Moeser le 14 avril 1991 pour le quotidien colombien El Tiempo.

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Affiche réalisée en 1895 et imprimée par Paul Dupont dont les ateliers se situaient au 4 rue de Bouloi à Paris. On notera au premier plan la présence d’un enfant avec dans sa main droite un verre rempli de ce vin Coca des Incas qu’il porte à sa bouche. DR : Médiathèque de Chaumont, les Silos, Maison du livre et de l’affiche. (Haute-Marne).

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Cette affiche fut créée par Hugo D’Alési (1849-1906) dans les années 1880 et imprimée par l’atelier Bellier situé au 4 place Monge à Paris. DR : Médiathèque de Chaumont, les Silos, Maison du livre et de l’affiche (Haute-Marne).

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Affiche réalisée par Alphonse Mucha (1860-1939) en1897. Produite à Paris par l’imprimerie Champenois (66 boulevard Saint-Michel), on distingue sur sa partie gauche en bas, le texte suivant : Divinité Incas refusant la coca à son peuple.

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Ce même Alphonse Mucha clame aussi sa passion pour le Vin Mariani dans le tome IV des Albums en 1899. Les momies elles mêmes Se dressent et marchent Quand elles ont bu Du Vin Mariani.

   Voyons enfin en province un certain J Girond dans le département de la Loire qui joue d’une manière astucieuse pour ses produits sur la typographie et la police d’écriture déjà assez connue de la célèbre marque américaine.

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Affichette pour bouteille. Notons que l’industriel a jugé utile de préciser que ce vin n’est pas un médicament et que son produit est domicilié rue de la Préfecture…

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Que dire de la couleur rouge utilisée dans cette belle police d’écriture ?

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Pour le plaisir des yeux, observons enfin cette affiche produite en 1895 par Georges Meunier (1869-1942) par l’imprimerie Chaix. DR : Médiathèque de Chaumont, les Silos, Maison du livre et de l’affiche (Haute-Marne).

 

   Ce Georges Meunier poursuit son éloge pour les vins à base de coca avec une belle création iconographique parue dans le tome XI des albums Mariani en 1908.

Au niveau européen :

   L’Espagne est présente sur ce secteur. On s’y procure à Barcelone le Vino Amargos préparé par un pharmacien catalan passionné, Luis Amargos. Il se compose de quinine et de feuilles de coca du Pérou. D’ailleurs, cet élixir connaît un très grand succès dans toute la péninsule ibérique. En 1880, toujours en Espagne, mais cette fois-ci à Valence, une boisson répondant au nom de Tonica Kola est à son tour lancée. (Tout comme en France un peu plus tard avec un Toni Kola).

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DR : Création de Robert Wolff,  imprimée par la société Marboeux installée au 10 rue Émile Allez à Paris.

   À quatre-vingts kilomètres plus au sud à Aielo de Malferit, trois amis Bautista Aparici, Ricardo Sanz et Enrique Ortiz mettent au point une liqueur à base de feuilles de coca qui reçoit un certain succès. L’Italie produit de son côté un Coca Buton élaboré à Bologne. Son inventeur, Giovanni Buton, en réalité un français du nom de Jean Bouton originaire de Charente fut en premier lieu un liquoriste attaché à la maison impériale de Napoléon. Après la chute de l’empereur, Jean Buton quitte la France. On le retrouve installé à Bologne en Italie dans la région d’Émilie Romagne en 1830. Il fonde avec Giacomo Rovinazzi une société dénommée : Coca Buton et compagnie. Dans la foulée, il italianise son patronyme en devenant : Giovanni Buton. En 1860, les deux associés lancent l’Élixir Coca Buton et le Vino coca Buton qui connaissent une consécration tant en Italie que dans le reste de l’Europe. À tel point que cette liqueur existe toujours.

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Iconographie issue d’un article paru dans la revue bolivienne Unitas n° 11 de septembre 1993, rédigé par Javier Mendoza Pizarro et intitulé : La verdadera historia del descubrimiento de la cocaïna.

   Enfin, l’Angleterre ne rate pas non plus l’opportunité et présente sur son marché intérieur le Coca Wine d’Ambrecht, de la Nelson Company, située au 2 Duke Street, Grosvenor square à Londres. Pour cela une campagne publicitaire est mise en place à l’attention du personnel médical. Elle cible aussi le clergé anglican. Une bouteille est offerte contre un récépissé adressé au 2 Duke Street, si l’on prouve son activité. Toujours dans la capitale anglaise, les breuvages Hall’s Coca Wine et Marza Wine ne sont pas en reste. À Bolton et Wigan, autres cités anglaises, c’est la société Magge Marschall qui propose un vin à base de feuilles de coca. À Liverpool, on peut y boire un vin de coca de la marque Savar’s.

Au niveau mondial : La Bolivie et les États-Unis.

   En Bolivie, les breuvages à base de coca ont été très certainement les premiers à avoir vu le jour sur notre planète.

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Journal La situacion, n° 60, La Paz Bolivie, 17 décembre 1869.

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DR : Coca bolivienne.

   Aux États-Unis, à New York le Maltine with Coca wine fait son entrée quelque temps plus tard. Il en va de même pour le Coca Wine de Caswell-Hazard et Compagnie vendu à Broadway. Ou bien encore le Wine of coca de Bullard et Shedd, élaboré à Keene dans le New Hampshire et censé lutter contre l’usage abusif de l’opium. Un autre Wine of coca est manufacturé par Thurber et Whyland. Même chose concernant le Metcalf’s coca wine créé par Théodore Metcalf à Boston dans le Massachusetts, dont le siège commercial se trouve au 39 Tremont Street à Boston. D’autres pharmaciens à l’image de John Wyeth et de ses frères se lancent dans l’aventure au début de XXe siècle à Philadelphie en Pennsylvanie. Ou bien encore Valentine H. Smith pour la même ville. Situation identique avec la famille Lloyd de Cincinnati dans l’Ohio et sa succursale au 219 Hudson Avenue, Albany dans l’État de New York. Bien entendu, on ne peut faire l’impasse sur le célèbre breuvage de Pemberton.

   Au final, l’un est devenu la marque commerciale la plus connue dans le monde, l’autre animé par un Corse hors du commun n’a pas pour autant disparu de la mémoire collective universelle. Et qui sait…un jour ? A.D

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr

   Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

P.S : Un grand merci à M. Jérémie Bardet de la Médiathèque de Chaumont, Les Silos, Maison du livre et de l’affiche en Haute-Marne.

Bastia et la Corse : hauts lieux de la conception de la première boisson à la coca inventée par Angelo Mariani et son père François Xavier.

Vue générale du village de Pero-casevecchie.

Vue générale du village de Pero-Casevecchie.

Tout commence à Pero-Casevecchie.

  La mère d’Angelo Mariani, née Sophie Sébastiani le 21 août 1821 à La Porta (Haute-Corse), épouse le 21 septembre 1837, François Xavier Mariani, originaire de Pruno (Haute-Corse), ayant vu quant à lui le jour, le 29 décembre 1810.

La Porta et la maison de la famille Conneau parente de celle des Sébastiani.

La Porta et la maison de la famille Conneau parente de celle des Sébastiani.

   Propriétaires, ils se sont installés à Pero-Casevecchie, à trente kilomètres au sud de Bastia dans une zone géographique dénommée la Tavagna. Le couple y mène une vie sans histoire.

   François Xavier Mariani exerce la fonction d’apothicaire dans ce paisible bourg de 520 âmes. La qualité de son travail est d’emblée reconnue par toute la population. À tel point qu’on vient parfois de loin pour rencontrer ce pharmacien très attentif envers ses patients. Ange-François Mariani, premier fils de la famille, né le 17 décembre 1838 a pour cousin Xavier Paoli*.

Bastia : boulevard du Palais.

   La renommée professionnelle de François Xavier Mariani dépasse très vite les limites de son village. On le demande avec insistance à Bastia. La famille Mariani s’y installe tout d’abord en 1842 puis de façon définitive en mars 1847 dans cette cité de 16 000 habitants, au boulevard du Palais devenu au début du XXe siècle, Boulevard Paoli artère centrale de la plus grande ville de Corse.

Début du Boulevard du Palais à Bastia.

Début du Boulevard du Palais à Bastia au XIXe siècle.

   En ce lieu, François Xavier Mariani initie son fils Ange François dès 1855 aux secrets de la pharmacie et surtout aux élixirs à base de végétaux. Dans l’arrière-boutique se trouve un local ou ensemble, ils composent des breuvages à base de diverses plantes. (Cette pharmacie existe toujours et elle est l’une des plus anciennes de Bastia pour ne pas dire de Corse. Elle est tenue depuis plus d’un siècle maintenant par une autre grande famille de pharmaciens : les Dussol).

Cette pharmacie qui portera le nom de Croix rouge se trouve à l'angle du Boulevard du Palais et la rue

Au XIXe siècle, cette pharmacie qui portera un temps le nom de Croix rouge se trouve à l’angle du Boulevard du Palais et la rue Salvator Vialle.

De nos jours.

De nos jours.

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Quand le boulevard du Palais devient Boulevard Paoli.

   Ange François est dès lors comme attiré par cette science et par les livres qui véhiculent ce savoir. Selon la tradition familiale, Ange-François Mariani est un autodidacte. il se passionne pour la pharmacologie par le biais de deux plantes peu communes à l’époque : le quinquina et l’érythroxylum coca. Plusieurs ébauches de boissons médicinales ont lieu dans l’officine du boulevard du Palais. Angelo Mariani et son père rêvent d’inventer un remède miracle à partir de ces deux végétaux additionnés à du vin corse. Grâce à leurs contacts avec l’Italie et Gênes, (cette ville chose rare possède toujours en 2015 dans son jardin botanique plusieurs plants de coca), les Mariani arrivent à obtenir ces matières premières tant recherchées. Bastia est en outre ne l’oublions à cette époque la principale zone d’entrée et de sortir de toute marchandise pour l’île. En 1870, nous savons suite aux travaux de l’historien Vincent Armendares que Xavier Mariani exerce toujours à Bastia selon l’almanach général de Médecine et de pharmacie et l’Annuaire médical et pharmaceutique de la France. C’est aussi en ce lieu que François Xavier Mariani, après une longue vie de labeur afin de soigner ses patients et sans aucune exclusive, s’éteint dans les années 1880.

Pot ancien du XIXe siècle de pharmacie en verre soufflé contenant des feuilles de coca.

Pot ancien du XIXe siècle de pharmacie en verre soufflé contenant des feuilles de coca.

   De son côté, le célèbre docteur et neurologue italien Mantegazza Paolo, étudie lui aussi la coca. Il a déjà publie en 1857 un article favorable à cette plante : Importance diététique et médicale de la Coca, dans le journal argentin : El Commercio, à Salta. De retour en Italie, via Gênes en 1858, il rédige à Milan un opuscule intitulé : Sur les vertus hygiéniques et médicinales de la coca et sur les aliments nerveux en général qu’il publie dans les Annales de Médecine, Université de Milan, volume XXI, pp 449-519, 1859.Ce texte fait l’apologie de la coca en ces termes : « Je préfère vivre 10 ans avec que 100 ans sans ».

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Paolo Mantegazza ou l’un des premiers grands scientifiques européens concernant la coca.

   On sait que dans le même temps, Mariani et fils à Bastia sont systématiquement à l’affût de toute nouveauté pharmaceutique. La langue italienne n’étant pas un obstacle, il est fort probable qu’ils aient pu s’inspirer en outre des études de Paolo Mantegazza.

Angelo Mariani et Paris.

   En ce qui concerne Angelo Mariani, il est donc l’aîné et quitte la Corse en 1862. Emportant avec lui les nombreuses recettes concoctées en compagnie de son père. On le retrouve à Bois-Colombes en qualité d’élève pharmacien.

L'arrivée du train à Bois-Colombes durant la seconde moitié du XIXe siècle.

L’arrivée du train à Bois-Colombes durant la seconde moitié du XIXe siècle.

   En 1867, avec l’aide de Pierre Charles Henri Fauvel, il initie plusieurs essais de vulgarisation de préparations de coca notamment dans la pharmacie Chantrel rue de Clichy à Paris (selon l’américain William H  Helfand, le plus grand spécialiste reconnu d’Angelo Mariani in sa communication du 19 janvier 1979 présenté au Yale Medical Library et intitulé : Vin Mariani). Il déménage ensuite rue Vaneau et travaille à la pharmacie Mondet (spécialisée dans la création d’élixirs à base de plantes) au coin de la rue Bellechasse et de la rue du Faubourg St-Germain à Paris.

Rue Vaneau à Paris au XIXe siècle.

Rue Vaneau à Paris au XIXe siècle.

   Il modifie aussi son prénom afin de se protéger du racisme anti-corse présent à Paris. Dans le même temps, son père publie sous la responsabilité d’Angelo la première étude sur le quinquina : Mariani, Angelo, Notice sur le quinquina, Maillard et Bossuet, Paris, 1870. Selon l’historien Vincent Armendares, sur ce document est escamoté par des points de suspension le vocable Pharmacien de Bastia.

   Angelo Mariani fonde dans la foulée à Paris une famille en août 1870. Avec son épouse, Marie Anne Philiberte, ils auront plusieurs enfants. En 1871 : Ange-François devient officiellement pharmacien de 1er rang. En 1872, Angelo Mariani et son épouse mettent sur le marché deux boissons de 50 centilitres qui contient l’équivalent de 6 mg cocaïne par bouteille de vin et de 7.2 mg de cocaïne pour l’exportation afin de résister à la concurrence de produits identiques aux États-Unis. Il publie sa première étude sur la coca : Mariani, Angelo, La Coca du Pérou, Revue de thérapeutique médico-chirurgicales, 148-152, Paris. À ce stade notre propos, il nous paraît opportun de rappeler l’anecdote parue dans le premier bulletin de la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani) en juin 2004 : «  Le 7 avril 2004, suite à un incident technique à la BNF, nous n’avons pas pu obtenir le microfilm du document suivant : 8°Te 151.1252, intitulé ; « Notices sur le quinquina Mariani », Paris, Maillard-Bossuet (1870). In-16, 15 p. On nous a alors proposé fort aimablement le document original à condition qu’il soit manié avec précaution. Et quel n’a pas été notre étonnement ! Dans ledit document, en effet, se trouvait un second document, une petite notice en espagnol (un peu abîmée) édité par l’imprimerie de Ch. Lahure, 9 rue de Fleurus Paris et intitulé : Extracto Mariani Hidro-alcoolico de Quina. Ce document n’a jamais été référencé ni même recensé dans les textes analysés depuis une vingtaine d’années se rapportant aux œuvres d’Angelo Mariani. C’est donc d’Angelo Mariani un document original (et, chose rare, en espagnol) qui dormait à l’abri à l’intérieur d’un autre document ».

1875 : Angelo Mariani et sa rencontre avec le monde.

   La réussite est au rendez-vous. Le vin Mariani inonde le monde. Mariani ouvre ses bureaux et un lieu de fabrication au 10-12, rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine. À cela s’accompagne de grands entrepôts et autres caves sous la responsabilité d’ouvriers et de contremaîtres, tous originaire de Corse et plus particulièrement de son village natal. Son entreprise est enregistrée sous l’appellation de marchand de produits pharmaceutiques. Il ouvre sa propre pharmacie au 41 Bd Haussmann. C’est aussi la naissance de son fils : Jacques né le 4 octobre à Paris. Il publie notamment une étude scientifique : Mariani, Angelo, La Coca du Pérou, Monde Pharmaceutique, vol 4, Paris, 1875 qui s’accompagne d’un premier grand texte à la gloire du vin Mariani.

L'exposition internationale de 1875 à Paris.

L’exposition internationale de 1875 à Paris.

Dès 1875, les produits Mariani à la coca sont mis en valeur à l'exposition internationale de paris.

Dès 1875, les produits Mariani à la coca sont mis en valeur à l’exposition internationale de paris.

   Ensuite Mariani Angelo, poursuit ses études avec la publication de La Coca du Pérou : Botanique historique, thérapeutique, édité dans la capitale en 1878. Et c’est ainsi que pendant plus de 50 ans le vin Mariani va être une réussite commerciale mondiale. Ce n’est qu’en 1879 que le pharmacien américain Pemberton crée la J.S Pemberton & Company à Atlanta.

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L’une des étiquettes apposées sur les toutes premières boissons de Pemberton en 1885. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas qu’il s’inspire du vin Mariani en précisant que son produit est :  » une meilleure préparation à celle de Mariani ».

Illustration issue du livre de Bénédicte Jourgeaud intitulé : Coca Cola une passion française paru en 2010 aux Editions du Cherche Midi.

Illustration issue du livre de Bénédicte Jourgeaud intitulé : Coca Cola une passion française paru en 2010 aux Editions du Cherche Midi.

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Quand la coca et le vin faisaient bon ménage dans les produits de Pemberton.

A.D

Xavier Paoli.

   Omniprésent dans l’entourage d’Angelo Mariani, Xavier Paoli est un policier hors du commun. Il le protège de toutes les tracasseries administratives et prend sa retraite en avril 1909, à l’âge de 74 ans. Libéré de son obligation de réserve, il rédige sa biographie professionnelle sous la forme d’un livre intitulé : Leurs Majestés paru en 1912 à Paris, Librairie Ollendorff (ce document a été réédité en 1999 à l’identique par les Éditions Atlantica à Biarritz). Libre de toute parole après la disparition prématurée de son fils, qui fut secrétaire général de la préfecture de police de la capitale, Xavier Paoli lâche quelques confidences sur ses origines. Le Tout-Paris apprend qu’il n’est autre que l’un des descendants de Giacintu Paoli père du Général Pascal Paoli, (ou Pasquale de Paoli), le Corse des Lumières, dit le père de la nation entre 1755 à 1769. La Corse étant pour cette période historique considérée comme le premier état démocratique européen. Son fondateur écrivait : « L’égalité ne doit pas être un vain mot ». Avec les familles Conneau, Sébastiani, Colombani, Pompéi, Léonetti et Polidori, Xavier Paoli contribua, jusqu’à sa disparition en 1923 à Asnières (Hauts-de-Seine) à la réussite commerciale des produits Mariani.                                                                                                                     A.D

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr

   Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Mariani (déc 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

   Tout d’abord il nous semble opportun de préciser que la construction de ce texte est due en grande partie aux travaux du regretté Vincent Armendares et de son épouse Carmina parus dans la revue : La France latine. Ensuite nos remerciements vont à M. l’étudiant en archéologie guide conférencier à Maillane et à M. Alain Barnicaud, conservateur au magnifique palais du Roure dans la très belle ville d’Avignon qui nous a permis d’observer et d’étudier 14 lettres de Mistral à Mariani (datée entre mai 1897 et juin 1910). Merci aussi pour son accueil en ce lieu chargé d’histoire. Sans oublier enfin M. Gérard Baudin, le spécialiste reconnu de Frédéric Mistral, et qui dirige de nos jours le conservatoire documentaire et culturel basé à Marseille.

un portrait de Mistral paru en 1892 dans les pré-albums Mariani accompagné d'un poème à la gloire du vin Mariani.

Un portrait de Mistral paru en 1892 dans les pré-albums Mariani accompagné d’un poème à la gloire du vin Mariani.

Couverture de 1892 pour l'album Mariani.

Couverture de 1892 pour l’album Mariani.

La rencontre :

   Est ce que tout débute en novembre 1891, date qui correspond à la première lettre connue entre Mariani et Mistral selon les archives de Maillane ? Ou bien encore plus tôt ? Sachant que la première publication officielle de Mistral par Mariani remonte à la 2eme série d’août 1892 dans les pré-albums soit plus d’un an avant la version officielle et définitive pour le grand public de novembre 1893 tome 1. (Il y aurait plus d’une centaine de lettres d’Angelo Mariani à l’attention de Frédéric Mistral et vis versa dans les archives de Maillane entre la période de novembre 1891 à décembre 1913, mais que nous n’avons pas pu encore observé à ce jour).

   En février 1895, Mistral se rend chez Mariani à Paris au 11 rue Scribe près de l’Opéra. C’est le pied-à-terre parisien du poète. Mariani en profite pour lui offrir sa boutonnière d’officier de la Légion d’honneur car Mistral ne l’a pas. Il ne sait pas où acheter le ruban en question dans la capitale. La relation s’intensifie entre ces deux grandes personnalités.

DR: Cette photographie représentant Mistral et Mariani, ensemble, a semble-t-il été prise par Florent Miesienski à Arles le 24 décembre 1906.

DR: Cette photographie représentant Mistral et Mariani, a semble-t-il été prise par Florent Miesienski à Arles le 24 décembre 1906.

   Mariani veut représenter en outre ses amis par des statuettes en bronze. Son projet prend de l’ampleur grâce à la collaboration d’un grand sculpteur en devenir : Théodore Rivière (sept 1857-nov 1912). Il sollicite par ailleurs Frédéric Mistral pour l’écriture d’un conte à la gloire de la coca. Le poète accepte.

Édition populaire de format in-32, Huit Contes à Mariani. 1896.

Édition populaire de format in-32, Huit Contes à Mariani. 1896.

Conte de Mistral avec plusieurs illustrations de Robida intitulé : Les Secrets des Bestes.

Conte de Mistral avec plusieurs illustrations de Robida intitulé : Les Secrets des Bestes.

   On voit aussi dans le journal provençal l’Aïoli dirigé par Mistral apparaître des publicités en langue provençale vantant les bienfaits du Vin Mariani à la coca dou Pérou.

Publicité Vin Mariani en langue provençale parue dans le journal L'Aïoli.

Publicité Vin Mariani en langue provençale parue dans le journal L’Aïoli.

   Le 28 décembre 1900, la statuette de Mariani en plâtre enfin réalisée par Théodore Rivière arrive au domicile de Mistral. Au début du mois de mars 1901, c’est au tour de la statuette de Mistral de se retrouver dans la demeure du Maître. Deux mois plus tard, la même statuette mais cette fois-ci en bronze débarque à Maillane.

Statuette d'Angelo Mariani réalisée par Théodore Rivière présente à Maillane.

Statuette d’Angelo Mariani réalisée en 1900 par Théodore Rivière et présente à Maillane.

   Échange de bon procédé entre les familles Mistral et Mariani en mars-avril 1903, avec Jacques Mariani qui vient s’installer quelques jours chez Mistral. Il fait de nombreuses photographies du maître.

Mistral à côté des nombreuses statuettes placées sur la cheminé.

Mistral à côté des nombreuses statuettes placées sur la cheminé près de son bureau et de sa bibliothèque.

De nos jours en 2015.

De nos jours en 2015.

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Gravure réalisée à partir d’une photographie de Nadar représentant le statuaire Théodore Rivière. Iconographie parue dans le tome IV des Albums Mariani en 1899.

   À cette même période Angelo Mariani propose d’offrir un tableau dénommé : « l’Empereur du Soleil » réalisé par Charles Toché (juillet 1851-août 1916) et représentant Frédéric Mistral afin que cette œuvre soit présente à Maillane. (Cette peinture est toujours présente en ce lieu et plus particulièrement dans le salon du maître). En décembre 1904, Mistral connaît la consécration tant en France qu’au niveau international par l’obtention du prix Nobel de littérature. Mariani a oeuvré dès 1901 en cela.

Extrait du Le Petit Journal en date du 25 décembre 1904.

Extrait du quotidien Le Petit Journal en date du 25 décembre 1904.

    Mistral n’hésite pas de son côté à offrir en 1906, à Angelo Mariani un exemplaire de Mireille en édition de grand luxe sur papier japon (Hachette) avec des eaux-fortes et vignettes d’Eugène Burnand et les encadrements en couleurs d’Henri-Léon Pallandre. Qui le fait aussitôt relier par Charles Meunier. A cela s’ajoute un autographe personnel de Mistral à Mariani dans l’ouvrage : « Transcrit pour mon ami Angelo Mariani en communication et souvenir reconnaissant de la médaille (or, argent et bronze) qu’il fit graver pour moi par Georges Dupré, en l’an de grâce 1906. F. Mistral. Maillane, Provence, 3 décembre 1906. Cela amène Angelo Mariani à faire encastrer les trois médailles en métal gravé reproduites à partir des médailles originales dans la reliure. Cette pièce d’orfèvre, signée Dupré (Oct 1869- juin 1909), fut frappée en bronze, argent et or (65 x 55 mm). Sur l’avers : A Frederi Mistral ses amis ses admirateurs. Sur le revers : O santi Mario …“.

DR : Collection Gérard Baudin.

DR : Collection Gérard Baudin.

DR : Collection Gérard Baudin.

DR : Collection Gérard Baudin.

   L’initiateur de ce projet est là encore Angelo Mariani. Cette médaille présente un avers en deux états : l’un, Frédéric Mistral coiffé de son chapeau, l’autre en tête nue. Le revers de chaque état rend hommage à Mireille. Le tirage initial fut très restreint (50 argent et 100 bronze). Dans un courrier d’Angelo Mariani du 19 octobre 1906, ce dernier explique à Mistral qu’il va se rendre à Maillane une demi-journée afin de lui remettre directement la plaquette en or que Dupré vient de frapper. Mistral par la suite en achète huit en bronze quatre avec chapeau quatre sans. Ces pièces furent placées au Muséon Arlaten dans une vitrine sécurisée dénommée Angelo Mariani sur insistance de Mistral. En effet c’est Angelo Mariani qui finança là encore à titre gracieux ce meuble. Mais le 16 mai 1911, des voleurs s’emparèrent de tous les objets de valeur (parures en or, diamants, une couronne de vermeil, médailles de Dupré, insignes et objets divers en l’honneur du vin Mariani gravé par Oscar Roty). Ces trésors disparaissent à tout jamais.

   Le 8 septembre 1908, Mariani déjeune à Arles à l’hôtel du Forum avec Mistral et son épouse, accompagnés de Théodore Rivière, de Folco de Baroncelli, de Madame Jeanne de Flandreysy et Jean Charles-Roux à l’occasion du 78e anniversaire du poète.

Mistral et le vin Mariani.

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Représentation d’une bouteille vin tonique Mariani.

    Mistral est un bon connaisseur du breuvage Mariani. Nous savons à la lecture d’un courrier qu’au début de l’année 1906, Angelo Mariani fait remettre des verres gravés par Oscar Roty avec « une petite provision annuelle de vin de coca ». Selon une autre lettre en date du 19 août 1908, et signée de Piory responsable commercial des Établissements Mariani, on apprend qu’Angelo Mariani a fait parvenir : « 30 flacons de vin Mariani, mais aussi 6 litres d’Élixir de la réserve personnelle de M. A. Mariani et qui a environ 10 ans de fût et une boîte de cigares de sa marque ». Le 17 mars 1911, une nouvelle missive encore signée de Piory pour Mariani nous indique que ce dernier transmet cette fois-ci : « une caisse contenant 60 bouteilles de Vin Mariani, une autre de 30 bouteilles et 150 flacons échantillon ». Et Mistral l’en remercie aussitôt par retour de courrier du 26 du même mois. Un peu plus tard en septembre de la même année on apprend que Mariani envoie à Maillane « plusieurs bouteilles de Cognac et des bonbons Gismonda au vin Mariani ». Cette habitude se perpétue au moins jusqu’en février 1913 et on constate que les bonbons au vin Mariani sont à l’attention en réalité de Mme Mistral née Marie Rivière (fév 1857-fév 1943).

une bouteille bien mise en évidence pour la photographie parue dans la revue : les Annales politiques et littéraires n° 1451 du 16 avril 1911 afin d'illustrer un texte intitulé : Le Voyage d'Art en Provence de jules Clarétie.

une bouteille bien mise en évidence pour la photographie parue dans la revue : Les Annales politiques et littéraires n° 1451 du 16 avril 1911 afin d’illustrer un texte intitulé : Le Voyage d’Art en Provence de Jules Clarétie.

   Au final de ce texte, on fait le constat que Mariani par ses multiples dons à Mistral était en fin de compte toujours présent à Maillane tant dans le bureau du Maître, que dans son salon ou bien encore dans sa cuisine.    A.D

La statue Mistral à Arles : une longue histoire.

  Le 19 décembre 1908 au siège de la compagnie générale transatlantique à Paris est installé comme président du comité pour l’érection d’une statue en l’honneur de Mistral : Jules Charles-Roux, ancien député de Marseille. L’idée de départ provient là encore d’Angelo Mariani avec la complicité de Jeanne de Flandreysy. Cette dernière est nommée vice-présidente aux côtés entre autres de Jules Clarétie. Angelo Mariani quant à lui et qui a déjà choisi le sculpteur, Théodore Rivière est désigné en qualité de trésorier afin de récupérer les fonds afférant à ce projet.

Statue de Mistral à Arles au début u XXe siècle.

Statue de Mistral à Arles au début du XXe siècle.

   En mai 1909, est érigée la statue de Frédéric Mistral à Arles. Le monument, qui comprend en outre un socle auquel est adjoint un médaillon de Mireille réalisé par Férigoule un statuaire local ancien directeur du musée d’Arles. Sur cette partie de l’oeuvre, on peut y lire le patronyme d’Angelo Mariani.

   Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 21 mars 1942, la statue est déboulonnée afin d’être fondue à la demande du ministère de la production industrielle du régime de Pétain en collaboration avec les autorités militaires allemandes. La tête de Mistral est découpée et sauvée discrètement par un dénommé Mugnani, ferrailleur marseillais de son état. La statue est reconstituée après guerre à partir d’une des maquettes en plâtre de Théodore Rivière. Elle est inaugurée à nouveau le 3 juillet 1948. C’était, il y a exactement 67 ans. A.D.

Statue de Mistral à Arles au début du XXIe siècle.

Statue de Mistral à Arles au début du XXIe siècle.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr  et le très beau livre de Gérard Baudin consacré à Frédéric Mistral, paru en 2014 à Paris aux Éditions HC.

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Quelques vues des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine (France) au XIXe, XXe et XXIe siècle.

   Les établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine au 10-12 rue de Chartres voient le jour vers 1875. Angelo Mariani achète une grande demeure à la famille de la future et célèbre journaliste libertaire et féministe Séverine (1). Il transforme les lieux afin d’installer un immense entrepôt et un lieu de fabrication de son produit à deux pas de Paris aux côtés de son hôtel particulier. En réalité, cette propriété est basée aussi en partie sur Paris au regard du cadastre. En effet la limite communale entre Neuilly-sur-Seine et Paris passe au beau milieu de la propriété. Autre particularité, Angelo Mariani n’est pas loin de l’ancienne mairie de Neuilly-sur-Seine, place Parmentier qui sera par la suite transformée en Maison de justice de Paix. Aujourd’hui en ce lieu se trouve la maison des Jeunes et de la Culture de la ville. Dernier point au 4 et 6 de la même rue verra naître le célèbre garage Outhenin-Chalandre. Cette usine étant spécialisée dans la production des très belles voitures de la marque De Dion-Bouton.

Publicité du garage automobile Outhelin-Chalandre.

Publicité du garage automobile Outhelin-Chalandre.

À l’extérieur des établissements Mariani, voici quelques vues de l’époque.

Devant les établissements Mariani à Neuilly selon la revue la Science française de juin 1898.

Devant les établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine selon la revue La Science française de juin 1898.

Une vue oblique représentant les établissements Mariani issue d'un article en langue anglaise  intitulé : Vin Mariani du professeur William H Helfand daté de 1979.

Une vue oblique représentant les établissements Mariani issue d’un article en langue anglaise intitulé : Vin Mariani du professeur William H Helfand daté de 1979.

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Vue dans les années 10 de la rue de Chartres. À droite après le garage Outhenin se trouve les Établissements Mariani.

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Vue dans les années 30 sur la rue de Chartres à partir de la place Parmentier. Sur la gauche, on distingue la présence des établissements Mariani.

Extrait agrandit de l'image précédente.

Extrait agrandi de l’image précédente.

Prolongement de la rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine.

Prolongement de la rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine.

Entrons maintenant au 10-12 rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine chez Angelo Mariani.

À l’intérieur des établissements Mariani.

Bureau d'Angelo Mariani au 10 rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine.

Au centre de l’image, Angelo Mariani travaille dans son bureau au décor composé uniquement de feuilles de coca.

Bureau d’Angelo Mariani au 10 rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine.

En arrière-fond du bureau, on peut distinguer l’entrée d’une des serres botaniques dédiées à la culture de la coca.

Le bureau et les serres.

Le bureau et les serres.

Angelo Mariani inspectant le nettoyage des bouteilles avant l'introduction du vin à base de coca du Pérou.

Angelo Mariani au centre de l’image inspectant le nettoyage des bouteilles avant l’introduction du vin à base de coca du Pérou.

Modernité de l'embouteillage avec rails pour tramways et fûts de chênes.

Modernité de l’embouteillage avec rails pour tramways et fûts de chêne sans oublier l’utilisation de l’électricité.

Les ouvriers en action pour envelopper les bouteilles Vin  Mariani à la feuille de coca.

Les ouvriers (tous Corses) en action pour envelopper les bouteilles Vin Mariani à la feuille de coca.

Angelo Mariani vérifiant en personne (à gauche de l'image) les dosages pour son produit.

Angelo Mariani vérifiant en personne (à gauche de l’image) les dosages pour son produit.

Sous les entrepôts, l'immense cave des vins Mariani.

Sous les entrepôts, l’immense cave des vins Mariani.

Aujourd’hui tout cela a disparu de nos jours au profit d’un immeuble d’habitation.

Extrait d'une vue aérienne verticale en date des années 2010 notamment de la rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine.

Extrait d’une vue aérienne verticale en date des années 2010 notamment de la rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine.

(1) Séverine (27/4/1855-24/4/1929) par son combat féministe et progressiste utilise le journalisme afin de faire progresser ses idées. Elle signera d’ailleurs un magnifique article nécrologique le 14 avril 1914 en hommage à Angelo Mariani dans le journal Gil Blas.    A.D

Séverine une amie d'Angelo Mariani.

Séverine une amie d’Angelo Mariani.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr

Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015. ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.