Juana Romani et Angelo Mariani

   Cela faisait quelque temps déjà qu’il nous paraissait important de devoir évoquer le parcours d’une femme dénommée Juana Romani dans le premier cercle des amis d’Angelo Mariani. L’occasion vient de nous en être donnée par l’un de ses descendants (Gabriele Romani). Ce dernier avec Tiziana d’Acchille, Présidente et directrice de l’Académie des beaux arts de Rome nous contactèrent en juillet 2017. Ils souhaitaient obtenir un éclairage historique sur la relation culturelle entre Angelo Mariani le mécène corse et Juana Romani d’origine italienne pour une rétrospective intitulée : Juana Romani. La petite Italienne. Du modèle au peintre à Paris, fin de siècle. Ce que nous fîmes avec grand plaisir. L’exposition en l’honneur de Juana Romani eut lieu à Velletri (sa commune natale à 30 kilomètres au sud de Rome) dans le merveilleux couvent du Carmel du 22 décembre 2017 au 28 janvier 2018, accompagné d’un très beau catalogue raisonné édité par la célèbre maison d’Édition : L’Erma de Bretschneider avec plusieurs textes élaborés par Marco Nocca, Gabriele Romani, Alessandra de Angelis, Francesca Sacchini. Introduction de Mario Alì et Tiziana d’Acchille, Fausto Servadio et Luca Masi de la commune de Velletri, de Claudio Micheli, Directeur artistique à la Fondation Art et Culture, et aussi Mme Consuelo Lollobrigida. Sans oublier Claire Bessède, Marion Lagrange, Emmanuelle Trief-Touchard, Diane Poirier, Laura Malosetti Costa et Georgina Gluzman, Cesare Erario, Pier Luigi Berto, Renato Mammucari, Umberto Savo et nous-mêmes. Selon plusieurs médias italiens, rien que pour la presse écrite, cet événement artistique connut un réel succès à l’image de l’article de Lorenzo Madaro dans La Republica du 23 décembre 2017 ou bien celui de  Edoardo Sassi le même jour dans le Corriere della Sera.

Extrait. Couverture de l’ouvrage de l’exposition.

L’entrée. Dr : Gabriele Romani.

Dans le vestibule ou en moyenne 120 personnes chaque jour sont passées afin d’admirer l’évocation de Juana Romani. Dr : Gabriele Romani.

La salle principale. Dr : Gabriele Romani.

Dr : Gabriele Romani.

Dr : Gabriele Romani.

Dr : Gabriele Romani.

Dr : Gabriele Romani.

Dr : Gabriele Romani.

 

Voici donc maintenant le texte en question : La peintre Juana Romani et son éclosion à Paris grâce notamment à l’aide discrète d’Angelo Mariani.

   Quand on lit les nombreuses contributions récentes concernant l’œuvre artistique de Juana Romani, on ne peut être surpris qu’à chaque fois, on croise l’évocation régulière de ce mystérieux Angelo Mariani. Commençons donc par ce personnage.

   En sa qualité de mécène, il offre à Paris en cette fin de XIXe siècle, la possibilité aux artistes remarqués de toute nationalité de les aider notamment financièrement. C’est le cas de Juana Romani, qui a été à la fois soutenue et aimée de deux hommes : l’écrivain Armand Silvestre (1837-1901) et le peintre Ferdinand Roybet (1840-1920). Eux-mêmes étaient bien entendu en contact avec Angelo Mariani. C’est pourquoi ce dernier présente dès son 2e album Mariani en 1896, Juana Romani. C’est donc à ce titre qu’Armand Silvestre rédige en préambule de ce volume ces quelques lignes à son sujet : «Une toute jeune gloire, mais combien étincelante déjà : celle de Juana Romani, dont le succès va grandissant aux Salons annuels des Champs-Élysées, artiste de son pays, petite fille du Titien qui sait chiffonner, au besoin, des robes à la parisienne. C’est l’interprète naturel, trouvant en elle-même comme le trésor où elle puise, de la beauté féminine, mais aussi l’interprète viril par la puissance de l’exécution. La beauté et le talent ne furent jamais, je crois, mariés plus étroitement en un être impérieusement né pour l’art et pour la séduction, merveilleusement douée et cependant volontaire, travailleur admirable dont l’œuvre grandit comme s’épanouit une véritable floraison».

Album Mariani , Tome 2, 1896.

   On constate en outre que Juana n’hésite pas à se mettre en scène avec plusieurs bouteilles de vin Mariani à la coca et une branche de cet arbuste (1). À cela s’ajoute une petite phrase bien agréable : C’est le rêve. À Angelo Mariani le plus sympathique des amis. Juana Romani.

   Mais cela ne s’arrête pas là. Car Angelo Mariani en janvier 1899 met en avant de nouveau Juana Romani à travers ses encarts publicitaires qui vont devenir en 1896 le Supplément illustré ayant comme soustitre Figures contemporaines. Par la suite, ils accompagnent la sortie de chaque Album Mariani. À partir de 1905, le tirage de chaque supplément qui se compose de 80 personnages vantant les mérites des produits Mariani avoisine les 800 000 exemplaires. Dans ce quatrième supplément, où l’on peut admirer le Président U.S Mac Kindley, mais aussi le Pape Léon XIII, consommateurs du vin à la coca Mariani, on voit notre Juana Romani saluer Angelo Mariani en ces termes :

Le Journal, supplément illustré, 3e série janvier 1899, première page.

Le Journal, supplément illustré, 3e série janvier 1899, 15e page.

Le Journal, supplément illustré, 3e série janvier 1899, extrait de la 15e page.

À Angelo Mariani.

Après un bon macaroni,

Qui de coca se désaltère

Connait le bonheur sur la terre

C’est mon cas.

Juana Romani. (Janvier 1899).

   C’est un petit mot, semble-t-il, sans grande importance, à première vue. Cependant mine de rien, il a une réelle histoire. Que voici. En février 2001, fut publié à Biguglia en Corse, le premier ouvrage dédié à l’aventure d’Angelo Mariani (2). En parcourant ce beau livre, on put observer la reproduction d’un menu rédiger en italien par Ferdinand Roybet et daté du mardi 6 septembre 1898. Cet élément iconographique novateur apporte plusieurs informations (3).

Menu de Ferdinand Roybet in Jean-Michel et Toussaint Alessandrini, L’histoire de la première boisson à la coca, Éditions Stamperia Sammarcelli, Biguglia, 2001.

    La première est que Juana Romani fut l’invitée d’honneur avec sa mère Marianna Romani chez Angelo Mariani, au 11 rue Scribe près de l’opéra à Paris. La seconde, correspond à l’idée que Juana Romani à de surcroît de la mémoire, car elle reprendra le terme italien de maccheroni en macaroni pour illustrer à son tour en français sa publicité au vin Mariani, à peine quelques mois plus tard. Enfin tous les invités présentés sur ce menu font partie du premier cercle restreint d’amis d’Angelo Mariani (Juana et Marianna Romani, Charles Albert Waltner, Ou-Tai-Tchang, Enrique Atalaya, Xavier Paoli et bien sûr Ferdinand Roybet).

    Avec ce dernier, dont elle est devenue l’élève, c’est une autre histoire. Juana Romani se transforme vers 1890, en son égérie et maîtresse selon l’universitaire Marion Lagrande (4). En l’espace d’une décennie à ses côtés, elle est enfin reconnue en sa qualité de femme peintre de renommée internationale. Cela fait dire de la part du journal Le Figaro, du 30 avril 1898 que : « Mlle Juana Romani peint maintenant avec plus de souplesse et d’éclat que son maître Roybet lui-même…». L’élève a donc dépassé le maître. Celui-là-même qui exécutera plus tard le portrait d’Angelo Mariani.

Portrait d’Angelo Mariani (extrait) réalisé par Ferdinand Roybet, 1910, collection particulière, Paris. Cf, la lettre de la SAAM, n°16.

Mais qui est vraiment Angelo Mariani?

   À la fin du XIXe siècle, un curieux remontant médicinal fait son apparition sur le marché parisien. Il s’agit d’un mélange à base de vin de Bordeaux et de feuilles de coca, né en 1863 à Bastia en Corse. Il remporte ipso facto un franc succès sous le nom de : Vin Mariani. Nous sommes à la fin de l’année 1871, au sortir de la guerre contre les Prussiens. Son inventeur, un corse originaire d’un très beau village dénommé Pero-Casavecchie, est un personnage hors du commun, grand thuriféraire de la coca devant l’Éternel. Il fut aussi sans le savoir et de manière bien involontaire, au départ de la très célèbre boisson américaine : Coca-Cola. En effet, son breuvage Mariani (le vin à base de coca) servit de concept de base (French wine coca) pour le pharmacien John Pemberton à Atlanta (USA). Et oui le Coca-Cola symbole de l’Amérique ou même titre que la statue de la Liberté (5) a bien une origine française. Et ce, bien qu’aujourd’hui cette multinationale U.S, tait son origine…mais Mariani, ce n’est pas que cela ! C’est surtout le mécène providentiel pour bon nombre d’artistes français ou non, hommes ou femmes (peintres, écrivains, sculpteurs, poètes, graveurs, musiciens, dessinateurs, chanteurs) au début du XXe siècle… N’oublions pas enfin qu’il fut l’un des tout premiers publicistes en France (6).

   D’ailleurs une multitude d’objets publicitaires à la consécration d’Angelo Mariani se font jour. Que dire en effet de son don pour la réclame ? Outre sa célèbre série de figures contemporaines (7) qui réunit les plus grandes personnalités (8) de la belle époque, il lance sur le marché en parallèle à son vin d’innombrables produits dérivés à vocation sanitaire. C’est ainsi que voit le jour un thé Mariani connu sous le vocable d’extrait concentré de coca, mais aussi des pâtes toniques et pectorales (losange de gomme, de sucre et de coca) et les pastilles Mariani (composées de 2 milligrammes de cocaïne associée à de la gélatine) sans oublier un élixir (plus alcoolisé et contenant trois fois plus de cocaïne). Mariani n’hésite pas non plus dans la foulée à acheter des pages entières de suppléments (9) dans divers journaux comme Le Gaulois, ou bien encore Le Temps et Le Figaro afin d’informer le grand public de l’existence de son célèbre vin médicinal aux feuilles de coca. Il poursuit son offensive commerciale et culturelle par l’édition d’ouvrage à la gloire de ce végétal sous la forme de contes. C’est la création de buvards frappés du nom de son entreprise et surtout une série de 150 cartes postales à la gloire de son vin (10). Cet élément publicitaire créé en 1910 était destiné à être expédié par la poste en cinq pochettes contenant un jeu de trente cartes. De type monochrome, ces cartes étaient distribuées en grandes quantités. L’ensemble étant vendu au prix modique de dix centimes de l’époque. Très rares sont les cartophiles de nos jours qui peuvent prétendre être en possession de la totalité de ces cartes postales (11).

   Mieux, Angelo Mariani propose des enveloppes recouvertes de publicités à la gloire de son vin. Ces plis publicitaires légalement utilisés par la poste reprenaient entre autres la représentation d’un enfant s’abreuvant du divin produit… À ce stade de notre étude, le plus simple, peut être pour tenter de répondre à cette exigence, est de s’arrêter un instant sur la propre chronologie de ce Corse afin de découvrir des liens pour le moins étonnant (cf l’encadré de la chronologie d’Angelo Mariani). À cela, on y ajoute une iconographie qui nous fut offerte par l’historienne, Mme Françoise Escoffier-Robida (1911-2006) qui avait gardé le souvenir d’Angelo Mariani. Notons enfin que cette dernière publiait dès 1967 un court texte fondateur sur l’existence d’Angelo Mariani dans le cadre d’un catalogue pour le musée Roybet-Fould.

Portrait par Nadar d’Angelo Mariani en 1878 à Paris.

   Peut être que les descendants de la famille de Juana Romani à l’image de Gabriele Romani auront à l’idée de célébrer cette exposition et ce catalogue à la gloire de leur ancêtre en ce mois de décembre 2017 à Rome. Mais de grâce qu’ils n’utilisent pas de champagne ou tout autre breuvage, mais un bon Vin Mariani à la coca (12) comme leur aïeule pour honorer ce moment.

Bouteille Mariani servant d’illustration pour les Albums Mariani.

   Car oui ce célèbre breuvage a pu ressuscité (13) grâce à l’abnégation d’un dénommé Christophe Mariani (14). Cela ferait à coup sûr plaisir à une certaine Juana Romani qui eue le privilège de rencontrer à plusieurs reprises notre Angelo Mariani.

                                                       À la Forêt Fouesnant, le 12 octobre 2017, Alain Delpirou.

 Encadré : Ange-François dit Angelo Mariani (1838-1914).

1838 : Naissance d’Ange-François Mariani à Pero-Casevecchie, (Corse) le 17 décembre.

1848 : Xavier Mariani, le père d’Ange-François en sa qualité d’apothicaire reconnue quitte son village de Pero-Casevecchie et s’installe à Bastia, boulevard du Palais, avec toute sa famille.

1863 : Ange-François observe son père dans la préparation des médicaments. Selon la tradition familiale, Ange-François Mariani qui est un autodidacte met seul au point la première boisson à la coca à Bastia.

1864 : Ange-François Mariani quitte son île natale avec sa recette en tête. Il s’installe à Bois-Colombes en région parisienne et exerce le métier de préparateur en pharmacie. Le soir de retour chez lui, il réalise de nombreuses créations pharmaceutiques à base de coca. Il étudie aussi les propriétés du quinquina.

1865 : À Paris, Angelo Mariani rencontre le célèbre docteur Charles Fauvel qui lui commande plusieurs breuvages avec de la coca. Mariani produit quelques échantillons de vin de coca. Il déménage rue Vaneau et travaille à la pharmacie Mondet au coin de la rue Bellechasse et de la rue du Faubourg St-Germain à Paris. Mariani constate alors qui n’est déjà plus le seul à produire en petite quantité ce liquide spécial dans la capitale. De nombreux vins à base de coca, en effet, sont en vente à l’image de ceux proposés par le docteur Chevrier. Les produits médicinaux de Mariani sont alors mis en parenthèses avec les débuts de la guerre Franco-prussienne (1870-1871).

1871 : Ange-François devient officiellement pharmacien de 1er rang et modifie son prénom en Angelo.

1875 : La réussite est au rendez-vous. Le vin Mariani inonde le monde. Mariani ouvre ses bureaux et un lieu de fabrication aux 10-12, rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine. À cela s’accompagnent de grands entrepôts et autres caves sous la responsabilité d’ouvriers et de contremaîtres, tous originaires de Corse et plus particulièrement de son village natal. Son entreprise est enregistrée sous l’appellation de marchand de produits pharmaceutiques. Il ouvre sa propre pharmacie au 41 boulevard Haussmann. Et c’est ainsi que pendant plus de 50 ans le vin Mariani va être une réussite commerciale mondiale.

1879 : Le pharmacien américain Pemberton crée la J.S Pemberton & Company à Atlanta (E.U).

1885 : Franck Robinson un publiciste avisé, croise la route de Pemberton. Ils décident de s’associer. Cependant la ville d’Atlanta interdit la vente d’alcool pour le 1er juillet 1886. Cet arrêté municipal oblige Pemberton et son compère à revoir toutes leurs préparations. Pendant ce temps le vin Mariani traverse l’Atlantique. Et conquiert l’Amérique (a). Sur place, il suscite des imitations. Le breuvage lancé par John Stith Pemberton ne peut d’ailleurs pas cacher ses origines : «Le vin français de coca, idéal pour les nerfs, tonique et stimulant ». Sa dénomination officielle étant : French Wine of coca, Ideal Tonic (b). Pour se différencier du produit français et éviter un hypothétique procès, Pemberton ajoute dans sa préparation une base issue de graines de kola. Il mélange du coup les multiples alcaloïdes de la coca avec ceux de la noix de kola. Persuadé de sa réussite, il déclare qu’il « produit une meilleure préparation à celle de Mariani». Et Pemberton ainsi libéré de ses inquiétudes continue ses recherches. Il fait disparaître le vin et apporte de nouveaux arômes, et de l’eau gazeuse.

1886 : Pemberton dépose la marque Coca-Cola et se retrouve l’unique propriétaire sans se soucier de ses anciens associés. La première publicité pour Coca-Cola paraît en mai, dans l’Atlanta Journal.

1907 : 10 millions de bouteilles de vin Mariani d’une contenance de 50 cl et pour un prix unitaire de 5 francs ont déjà vu le jour depuis 1872 dans les entrepôts de Neuilly-sur-Seine. Sans parler des premières séries produites à Bastia, et ce dès 1863.

1914 : Décès un premier avril d’Angelo Mariani dans sa villa Andréa à Valescure (St-Raphaël, Var). À cette date la production a atteint son zénith avec un total de 12 millions de bouteilles pour une période de quatre décennies.                                              A.D.

(a) Il y a l’épisode du Président Ulysses Grant qui dirige le pays de 1869 à 1877. Ce personnage décède en juillet 1885. Durant sa maladie, il utilise le vin Mariani, sur les conseils de son entourage. Il semble que le produit atténua ses souffrances et allongea un temps la vie de l’ancien dirigeant américain. Du coup, de nombreux Américains vont chercher à en savoir plus sur ce vin français, composé de feuilles de coca.

(b) Atlanta Evening Capitol, 2 janvier 1886.

Depuis en 2018.

   Il nous semble important en ce mois de février 2018 de préciser au moins trois points complémentaires concernant Juana Romani par l’intermédiaire d’Angelo Mariani. Comme en premier lieu sa maîtrise parfaite de la langue française via la lecture du document ci-dessous issu de l’ouvrage : Les peintres et la couleur publié en 1902 aux Éditions Lefranc et Compagnie à Paris.

Dr. Collection particulière.

   Dans ce livre apparaît aussi bien entendu Ferdinand Roybet. Même chose avec son impact international comme le souligne aux États-Unis son évocation dans le New York Times du 3 décembre 1905. Car en effet,  Juana Romani fut connue aux États-Unis en général et à New York en Particulier, suite à la publication en 1896 de l’ouvrage : Portraits from Album Mariani.

Format de poche (6 par 12 cm) à grand tirage. Dr. Collection privée.

Version américaine de l’Album Mariani n°2, 1896 et éditée à New York par les soins de Julius Jaros, beau-frère d’Angelo Mariani.

   Ou bien encore en Espagne avec la très renommée revue La Ilustracion Artistica du 9 mars 1903 et du 23 octobre 1916. Et que dire des exploitations publicitaires en France, avec des encartages dans plusieurs revues de forts tirages à l’image de La Grande dame dirigé par François Guillaume Dumas, le 1er février 1894 ou bien encore avec la Simple revue en juin 1896.

Revue La Grande Dame, février 1894.

   En outre, il s’avère qu’en ce début de XXIe siècle l’aventure de Juana Romani se poursuit. D’après plusieurs sources telle La Tribune de l’Art, du 22 janvier 2018, une exposition monographique centrée sur La petite Italienne est déjà prévue pour le début 2019 au musée Roybet-Fould à Courbevoie (92, Hauts-de-Seine). Organisée entre autres par Marion Lagrange, maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université de Bordeaux-Montaigne. Pour le plaisir, ajoutons enfin que Ferdinand Roybet fut le peintre attitré d’Angelo Mariani, sans parler de ces nombreuses participations dans l’iconographie publicitaire à la gloire du Vin Mariani à la coca. Comme en témoigne la vignette ci-dessous.

Dr. Collection particulière.

   Sans faire non plus l’impasse toujours à Courbevoie de l’Orphelinat des arts, institution subventionnée à l’époque en grande partie par Angelo Mariani et/ou Isabelle Chapusot sa compagne. Enfin, soyons certains que cette future présentation culturelle à Courbevoie aura sans aucun doute la présence de l’âme voyageuse et bienfaitrice de Juana Romani. Elle repose en effet à Suresnes dans une sépulture quelque peu abîmée par l’oubli et les affres du temps à moins de 6 kilomètres à vol d’oiseau de ce musée.

Dr.

Dr.

Dr.

   On allait oublier un dernier point en commun entre Juana Romani et Angelo Mariani. L’un comme l’autre n’ont toujours pas de rues, ni même de timbres-poste en France à leurs patronymes…Allez comprendre pourquoi ?                                             A.D

Notes :

(1) On peut émettre à ce stade de notre étude une hypothèse de travail. Est-ce que Juana Romani a eu la chance de visiter les deux serres de coca situées au 10-12 rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine, au vu de la qualité de la représentation graphique réalisée par ses soins de cette branche végétale ?

(2) Jean-Michel et Toussaint Alessandrini, L’histoire de la première boisson à la coca, Éditions Stamperia Sammarcelli, Biguglia, 2001.

(3) Il est important de préciser l’existence des travaux innovants de l’universitaire Sandrine Doré sur cette question à l’image d’une de ses publications intitulée : un artiste à la table d’Angelo Mariani, menus et publicités illustrés par Robida in la revue le Téléphonoscope, octobre 2007, n°14.

(4) Communication de Marion Lagrande, Maîtresse de conférences à l’Université Bordeaux-Montaigne, intitulée : Maîtresse de.. élève de… Juana Romani et les attaches artistiques de la parentèle, lors du colloque international du 23 et 24 septembre 2016, organisé à Poitiers.

(5) «La coca semble grandir toutes vos facultés, il est probable que si je l’eusse connue il y a vingt ans, la statue de la Liberté aurait atteint une centaine de mètres !» s’est un jour exclamé le sculpteur français Frédéric Auguste Bartholdi. Il s’en est fallu de peu que le phare de l’île de Bedloe (46 mètres) à New York ne fût construit par un adepte du vin Mariani.

(6) «Mariani Angelo (1838-1914) mécène de la publicité», par Fred Robida, Le Vieux Papier avril 1976.

(7) «Suite aux 14 albums Mariani», par Paul Vital-Durand, Le Vieux Papier juillet 1980.

(8) «Le vin Mariani» par Louis Cotinat, Le Vieux Papier, octobre 1976. Ces albums Mariani réunissent plus de mil signatures et portraits dans un ensemble de 14 ouvrages.

(9) Ces suppléments sont des fascicules gratuits de quatre, huit et parfois seize pages à la gloire du vin Mariani.

(10) Albert Robida reprend son célèbre dessin des albums Mariani pour une carte postale située dans la 4e série.

(11) Ces cartes postales au format (9×14) sont très recherchées par les collectionneurs avisés. Une série complète en 2012 se négociait aux alentours de 4 000 euros.

(12) Florence Poisson et Françoise Escoffier-Robida, La peinture comme l’aimaient nos grands-pères raconte l’histoire de l’orphelinat des Arts : [exposition] : Courbevoie, musée Roybet-Fould, 16 décembre 1967-31 janvier 1968, Éditions Les Presses Artistiques à Paris.

(13) J.-J.G, Le vin tonique Mariani repart à la conquête du monde, Corse-Matin, 2 janvier 2017. On peut consulter le site dédié à ce nouveau produit : vinmariani.fr

(14) Stéphane Reynaud, Le grand retour du vin Mariani, Le Figaro, 28 février 2017 et Ghjilormu Padovani, Le vin corse Mariani en passe de conquérir… la Bolivie, Corse-Matin, 14 mars 2017.

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Armand Silvestre un homme de caractère ami de toujours d’Angelo Mariani.

Armand Silvestre

Armand Silvestre. Juillet 1891, pré-série des Albums Mariani.

   Angelo Mariani en ce début de XXIe siècle est reconnu au niveau international comme étant, de manière bien involontaire, l’un des inspirateurs de la célèbre marque américaine : Coca-Cola. Qu’on en juge par ces quelques éléments iconographiques suivants :

French Wine Coca.

French Wine Coca.

Illustration issue du livre de Bénédicte Jourgeaud : Coca Cola une passion française. Edition du Cherche Midi

Illustration issue du très beau livre de Bénédicte Jourgeaud : Coca-Cola une passion française. Edition du Cherche Midi, 2010.

Quand Pemberton s'inspirait d'un vin de Bordeaux à la coca...

Quand Pemberton s’inspirait d’un vin de Bordeaux à la coca…

   Le breuvage lancé en 1885 par John Stith Pemberton ne peut d’ailleurs pas cacher ses origines : « Le vin français de coca, idéal pour les nerfs, tonique et stimulant ». Sa dénomination officielle étant : French Wine of coca, Ideal Tonic. Pour se différencier du produit français Mariani, Pemberton ajoute dans sa préparation une base issue de graines de kola. Il mélange du coup les multiples alcaloïdes de la coca avec ceux de la noix de kola. Persuadé de sa réussite, il déclare en mars 1885 qu’il « produit une meilleure préparation à celle de Mariani ».

Réclame du Vin Tonique Mariani.

Réclame du Vin Tonique Mariani.

   Qui plus est au fil des années ce produit est devenu la marque commerciale là plus connue dans le monde et l’un des symboles du capitalisme. Et surtout l’emblème de la liberté du way of life américain. À ces occasions, on occulte le plus souvent de façon bien rapide, le fait qu’Angelo Mariani fut aussi et peut-être avant tout un mécène désintéressé. Comme le montre le fait d’avoir ressortir du néant par exemple un grand et jeune poète Corse : Charles Timoléon Pasqualini (13 janvier 1840-15 août 1866). Pour cela, il décidera seul de faire imprimer ses poésies en 1901 en exigeant une préface de Jules Clarétie, académicien, dans un ouvrage intitulé : Choses du siècle Choses du cœur (1). Même chose avec l’écrivain Armand Silvestre (18 avril 1837-19 février 1901). Ce dernier fit partie du tout premier cercle des amis d’Angelo Mariani. En juillet 1891, il apparaît dans la toute première pré-série des albums Mariani. En 1896, leur collaboration se poursuit. Armand Silvestre écrit un conte pour Mariani, illustré par Robida.

Conte d'Amand Silvestre intittulé : La plante enchantée illustré par Robida 1896.

Conte d’Armand Silvestre intitulé : La plante enchantée illustré par Robida 1896.

   On les retrouve encore ensemble en 1897 dans l’atelier de Félix Nadar de la rue Nouailles à Marseille en compagnie du Docteur Louis Bourguignon et d’Antoine Lumière.

De gauche à droite, Félix Nadar, Armand Silvestre, Angelo Mariani, Antoine Lumière et Louis Bourguignon à Marseille en 1897.

De gauche à droite, Félix Nadar, Armand Silvestre, Angelo Mariani, Antoine Lumière et Louis Bourguignon à Marseille en 1897. Dr Collection du Musée du vieux-Marseille.

     Autre preuve de l’amitié d’Angelo Mariani envers Armand Silvestre. Il décide que ce dernier doit être présent dans son officine à Neuilly-sur-Seine. Au plafond, on remarque donc une toile d’Eugène Courboin intitulée : La déesse apportant la branche de coca à l’Europe. Armand Silvestre y est représenté. C’est sous la forme d’une allégorie à la coca que Mariani fait placer cette peinture au-dessus de son propre bureau (2).

Bureau, salon d'Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

Bureau et salon d’Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

     À ce jour, on ne sait pas ce qu’est devenue cette œuvre patrimoniale. Gageons malgré tout que de jeunes futurs historien(ne)s corses se pencheront sur cette belle histoire et trouverons enfin réponses à ces questions.

   Mieux Angelo Mariani va poursuivre et entretenir son amitié même après le décès de son ami. Il intervient financièrement pour réaliser un monument à sa gloire installé dans sa ville natale de Toulouse. En se basant sur la statuette de Rivière, un bronze à taille humaine est mis en place en 1904 aux jardins des plantes (3).

Armand Silvestre Jardin des plantes à Toulouse.

Armand Silvestre Jardin des plantes à Toulouse.

     On note la présence du respectable Catulle Mendès qui a fait le déplacement depuis la capitale.

Armand Silvestre Art Déco à Toulouse.

Armand Silvestre Art Déco à Toulouse.

     À Paris, en 1905, Angelo Mariani continue sa reconnaissance. Un autre groupe est monté afin de récolter de nouveaux fonds pour la création d’un buste là encore à la mémoire d’Armand Silvestre et établi par Antonin Mercié. C’est une colonne de marbre au bas de laquelle sont groupées des figures féminines.

Colonne en marbre avec buste d'Armand Silvestre à Paris.

Colonne en marbre avec buste d’Armand Silvestre installée au coeur de Paris.

    Le 26 avril 1906, l’État offre même 4000 francs pour le comité du monument afin de clôturer le projet. Le 31 octobre 1906, au Cours la Reine, c’est l’inauguration. La cérémonie a eu lieue sous la présidence de M. Henri Dujardin-Beaumetz Sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts. Jules Clarétie remet sous la recommandation d’Angelo Mariani le monument à la Ville de Paris par le biais de M. Paul-Henri Chautard, président du Conseil municipal et député de la Seine (4). Tout cela sous les yeux de Mariani et de la célèbre journaliste Séverine. Angelo Mariani légèrement en retrait observe avec délectation la situation. Il sait maintenant quoi qu’il arrive que son ami l’écrivain Armand Silvestre restera ainsi dans la mémoire collective européenne.                                          A.D.

Aujourd'hui la statue d'Armand Silvestre par Théodore Rivière n'existe plus.

Aujourd’hui la statue d’Armand Silvestre n’existe plus.

(1) Nous reviendrons sur cet épisode dans un prochain texte en nous basant notamment sur les écrits de l’écrivain Corse Hyacinthe Yvia-Croce.

(2) La nouvelle revue, tome 13, mai-juin 1914, Angelo Mariani par Georges Régnal.

(3) 1942 : fondu sous le régime de Vichy. Remplacé en 1947 par la Femme au paon de Falguière. Puis Joseph Andrau en 1948 réalise un buste en pierre taillé qui est ensuite placé dans le jardin Pierre Goudouli, place du président Wilson toujours à Toulouse.

(4) Cette oeuvre n’est plus présente à Paris. On ignore qu’elle a été sa destination suivante.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Angelo Mariani et son vin à la coca à la rencontre de la Chine.

   Pour certains, de nos jours, au ton parfois condescendant, Angelo Mariani ne fut qu’un modeste négociant corse en vin pharmaceutique sur la place de Paris. Et qui plus est, l’initiateur uniquement involontaire, car inspiré d’un autre produit qui deviendra par la suite une célèbre marque américaine. Cherchez à vouloir cantonner Angelo Mariani dans cette idée est pour le moins étrange pour ne pas dire plus.

   Car c’est nié avant tout le génie de ce corse hors du commun. En réalité pour les historiens en ce début de XXIe siècle, Angelo Mariani, fut beaucoup plus que ce cliché réducteur. Outre le fait d’avoir été un très grand mécène, un éditeur, un humaniste, un publiciste, un millionnaire, un scientifique, il fut aussi un visionnaire audacieux. Et le temps (un siècle plus tard) lui donnera raison. Qu’on en juge par ces choix entrepreneuriaux ! Après de multiples déplacements (1) aux États-Unis, il comprit que la législation parfois évolutive et protectionniste de ce pays (60 millions d’habitants en 1890) ne lui permettrait pas de s’y implanter à long terme. Par contre le marché chinois qu’il étudiait depuis 1880 lui paraissait déjà plus prometteur….C’est ce qui explique pourquoi, grâce à l’aide de son cousin Xavier Paoli (2), il se mit en relation avec les rares personnalités françaises présentes dans la capitale qui étaient en contact régulier avec l’Empire chinois comme Judith Gautier et Frandon Ernest.

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Judith Gautier, éminente spécialiste de la civilisation chinoise. Album Mariani, Tome II, 1896.

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Ernest Frandon, Diplomate français qui fut en poste en Chine à Fou-Tchéou et Shanghai. Album Mariani, Tome VI, 1901.

L’épisode chinois d’Angelo Mariani.

   Angelo Mariani essaye donc à la fin des années 1880 d’entrer en contact avec le marché chinois (350 millions d’individus). Pour cela, il entretient des relations amicales avec les différents représentants de Sa Majesté l’Empereur (Guangxu 1875-1908),

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Dr : Musée du Gugong, Pékin, Chine.

puis celle de (Puyi 1908-1911) qui se succèdent à Paris et ayant en charge les intérêts chinois pour l’Europe. On voit ainsi Angelo Mariani à son domicile de Neuilly-sur-Seine avec S.E Ling-Y-You, mais aussi avec Ou-Tai-Tchang, sans omettre Soueng-Pao-Ki et Liou-She-Shun. Le fils de Mariani, Jacques, fera de même après l’avènement de la République chinoise en janvier 1912 et représentée en France à Paris par S.E Tcheng-Loh (1877-1939) marié à Mme Khan. Sans oublier Son Excellence Kao Lou (1877-1947) ministre plénipotentiaire de Chine à Paris en 1930.

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Ling-Y-You, Secrétaire d’Ambassade Extraordinaire de Chine à Paris, Album Mariani, Tome V, 1900.

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Ou-Tai-Tchang. Diplomate chinois en poste à Paris, Album Mariani, Tome V, 1900. Se rend souvent chez Angelo Mariani à Neuilly-sur-Seine.

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Soueng-Pao-Ki, Ministre de Chine nommé en 1902 à Paris. Album Mariani, Tome IX, 1904.

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Son Exc Liou-She-Shun, est nommé Ministre de Chine en France en 1905. De 1894 à 1898 il était déjà en poste à Paris. Album Mariani, Tome XI, 1906.

Tcheng-Loh, Ministre de Chine en France. Album Mariani, Tome XIV, 1924.

Tcheng-Loh, Ministre de Chine en France. Album Mariani, Tome XIV, 1924.

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Son Exc Kao Lu parfois dénommé Lu Gao (1877-1947). Ami de Jacques Mariani apparait dans le supplément Mariani, 28e série, 1931.

   Sur place en Chine dans la concession française de Shanghai, le vin Mariani est distribué à la fois par un certain G. Parisot P.O Box 1208 et surtout par A. Cohen et Jean Beudin (né à Paris le 25 novembre 1880) situé à la 25e Kiangse Road (3).

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Publicité Mariani en 1926.

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Dr : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

   On trouve aussi le vin Mariani chez le négociant Charles Hérou et son associé J. M Masson au 30 rue de France dans la concession étrangère de Tient-sin aujourd’hui Tianjin à 110 kilomètres au sud de Pékin.

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L’Illustration, 30 juin 1900.

   C’est surtout la consécration de ce breuvage selon le témoignage du journaliste, explorateur et géographe Jean Hess qui évoque l’utilisation du vin Mariani en juillet 1899 par l’Empereur de Chine. Sa Majesté Guangxu suit une cure au vin Mariani afin d’améliorer sa santé.

Les Chinois à Paris et Angelo Mariani.

   Le peintre Enrique Atalaya, n’hésite pas à son tour à présenter Angelo Mariani entouré de ses amis. On y voit un général avec son bicorne, (Louis Archinard ?), un officier avec son képi rouge au liseré d’or et avec en arrière-plan la tour Eiffel. Parmi les personnages on croise un Chinois de dos au premier plan. Est-ce Ou-Tai-Tchang ? Nous sommes en 1899.

Angelo Mariani et un ami chinois lors d'un moment festif à Paris.

Angelo Mariani et un ami chinois lors d’un moment festif à Paris.

   C’est en octobre 2007 dans le bulletin n°14 des Amis d’Albert Robida Le Téléphonoscope, qu’apparaît pour la première fois cette photographie ci-dessous dans un article signé de l’universitaire Sandrine Doré.

Un déjeuner avec Angelo Mariani

Un déjeuner avec Angelo Mariani.

   Outre Mariani et son frère Horace, on y distingue aussi Albert Robida et Ou-Tai-Tchang. En mai 2012, plusieurs convives sont identifiés avec l’apport visuel de Bertrand Hugonnard Roche (3) comme Paul Arène (?), Oscar Roty, Joseph Uzanne et Ou-Tai-Tchang. En novembre 2012 dans notre lettre de la SAAM (Société des Amis d’Angelo Mariani) n° 13, on y apporte le nom de Xavier Paoli. En septembre 2013, grâce toujours à la sagacité de Bertrand Hugonnard Roche, la progression dans l’identification des participants à ce repas champêtre, se poursuit. De nouveaux noms se font jour, comme Marie Augustine Roty, Maurice Roty, et Armand Silvestre. À ce stade de nos connaissances, on peut y adjoindre en février 2016, Isabelle Chapusot.

trianon quatro   Cela nous donne dès lors une liste plus fournie, mais toujours incomplète : 1) Un serveur anonyme 2) Xavier Paoli 3) Oscar Roty 4) Paul Arène 5) ? 6) ? 7) ? 8) Marie Augustine Roty 9) ?10) ? 11) Horace Mariani 12) Maurice Roty 13) Albert Robida 14) Ou-Tai-Tchang 15) ? 16) ? 17) Angelo Mariani 18) Armand Silvestre 19) Isabelle Chapusot et 20) Joseph Uzanne. Cette photographie en 2016 est loin d’avoir révélé tous ses secrets. Que représente par exemple l’insigne porté sur le revers de certains vestons ? Est-on en forêt de Rambouillet ? Quand et par qui a été réalisé la prise de vue (Jacques Mariani fils d’Angelo Mariani et photographe reconnu ?) ?

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Il y a véritablement deux personnages qui écrasent la photographie : Un Corse et un Chinois. Joseph Uzanne à l’extrême droite de la table semble, partager ce constat.

   On le sait Angelo Mariani n’a pu amener à bien ce fabuleux concept. La mort le rattrape un 1er avril 1914 dans sa villa Andréa à Valescure sur les hauteurs de Saint-Raphaël dans le Var (6). Un siècle plus tard, les Chinois sont devenus propriétaires d’une centaine de châteaux dans le Bordelais. Ils sont les premiers importateurs de Bordeaux au monde (55 millions de bouteilles par an) afin de répondre à l’attente du consommateur chinois exigeant, sans oublier qu’ils possèdent en outre le second vignoble de la planète. D’après vous, Angelo Mariani, avait-il vu juste ?                                                A.D.

(1) Les paquebots La Touraine et La Gascogne furent les navires les plus prisés par Angelo Mariani afin de se rendre à plusieurs reprises à New York.

img20160219_21383608L’une des explications possibles pour l’attrait de ces bateaux est due au fait qu’ils étaient dirigés par l’un de ses amis proches né à Bastia en 1841, le commandant Sauveur Santelli.
(2) Xavier Paoli que nous avons déjà présenté dans ce blog fut aussi connu comme le fonctionnaire de police attaché à la sécurité des personnalités, le plus décoré de France. Avec pas moins de 42 décorations étrangères. Sa notoriété est telle, qu’il fit l’objet de nombreux articles à l’image de celui du 24 septembre 1911 dans le New York Times et intitulé : Guardian of kings tells of royalty he has met.

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Portrait de Xavier Paoli en 1911.

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Intérieur du domicile de Xavier Paoli à Courbevoie au 17 rue du Souvenir. Dr : Gallica/BNF.

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Intérieur du domicile de Xavier Paoli à Courbevoie au 17 rue du Souvenir. Dr : Gallica/BNF.

(3) Sur cet épisode, où la ville de Shanghai comptait déjà un million d’habitants en 1900, il peut être utile de lire le très bel article en langue anglaise de Michelle Qiao intitulé : Another Hudec masterpiece. Texte paru le vendredi 3 avril 2015 dans le quotidien numérique : http://www.Shanghaidaily.com/
(4) Bertrand Hugonnard Roche libraire est aussi le responsable du blog consacré à Octave Uzanne : http://www.octaveuzanne.com/

Octave Uzanne

Octave Uzanne.

(5) Enfin si on veut obtenir des informations économiques fiables sur la Chine d’aujourd’hui, on peut surfer sur le très bon site https://irigeo.wordpress.com/ Géopolitique de l’Extrême-Orient tenu par un jeune géographe Franz Massias passionné par ce magnifique état-continent.
(6) À noter que la fiche Wikipédia consacrée à Angelo Mariani,  inscrit par erreur, Paris comme lieu de son décès.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse d’Ajaccio Séverin Cafferra (1863-1930).

Séverin à la ville.

Séverin à la ville.

   En 1892, le mercredi 29 juin en pleine gloire Angelo Mariani décide de faire jouer chez lui au 11 rue Scribe à Paris, un pantomime intitulé : La fleur de Coca. Cette représentation théatrale a lieue, en soirée devant quelques amis triés sur le volet. Cette pièce de théâtre fut écrite en vers par MM. Paul Arène (1) et Gustave Goetchy accompagnés par une musique de Léopold Gangloff, avec des décors de Charles Toché et les costumes de Paul Donny. Elle met en scène une colombine interprétée par Mlle Madeleine Dowe et un pierrot dénommé Séverin Cafferra (2) qui vont solutionner leur problème en buvant tout simplement un petit verre de Vin Mariani.

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Portrait de Séverin en Pierrot par Félix Valloton.

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Séverin et son magnifique jeu de mains.

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Melle Dowe et Séverin chez Angelo Mariani.

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Quand Séverin boit un verre de vin Mariani.

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Quand Séverin boit directement le vin Mariani à la bouteille.

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On observe que Séverin prend bien soin de mettre en évidence la bouteille Vin Mariani et son étiquette…

severin13   Les origines de la pantomime remontent à l’antiquité. C’est à Rome qu’elle voit le jour de façon certaine, puis se répand dans toute l’Europe méditerranéenne. La pantomime est une forme d’expression corporelle par gestes seulement : mimiques, mouvements, attitudes corporelles et parfois acrobaties. Le mime français Marceau en a été l’un des plus célèbres représentants à la renommée mondiale. La pantomime est parfois accompagnée de musique. Au début du 19e siècle, Jean-Gaspard Deburau crée à Paris le personnage de Pierrot repris par son fils Jean-Charles Deburau (3) qui vers 1850, après le décès de son père en 1846, forme à Marseille Louis Rouffe. Ce dernier initie à son tour Séverin (Séverin Cafferra, né en Corse). La pantomime a la particularité d’être un art populaire créatif issu d’une certaine manière de la Commédia. Marseille devient donc ipso facto la capitale du mime. Avec la disparition de Louis Rouffe en 1885, c’est également celle de la pantomime dans cette ville. Séverin Cafferra, va ensuite connaître la gloire en exerçant son art à Paris. En 1929, il publie chez Plon ses souvenirs, L’homme blanc, Souvenirs d’un Pierrot, introduction et notes de Gustave Fréjaville où il évoque cette fameuse soirée du mercredi 29 juin 1892.

severin1   On sait que les privilégiés qui purent assister à cette unique représentation furent entre autre sa fille Andréa, son fils Jacques mais aussi Catulle Mendes, Sylvain, Melle Moreno, Madame Isabelle Chapusot, Xavier Paoli, Armand Silvestre et Paul Arène.

   À la sortie de l’ouvrage, en 1929, Gustave Fréjaville le préfacier enverra le livre avec sa carte de visite personnelle à Jacques Mariani à Neuilly-sur-Seine. Une façon élégante, à noter, de remercier à posteriori Angelo Mariani pour son aide dans sa carrière professionelle. Sur la carte de visite manuscrite de Gustave Fréjaville, était portée l’inscription suivante au tampon : « De la part de Séverin éloigné de Paris ». Le livre avec la carte de visite pris ensuite sa place dans l’immense bibliothèque familiale Mariani.

Séverin à la renommée internationale.

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Quand Séverin l’Ajaccien était tête d’affiche aux Folies Bergère.

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Source : Bibliothèque collection digitale de Washington D.C, USA.

    Angelo Mariani déclinera par la suite, une nouvelle fois cette forme de communication afin de vanter son célèbre breuvage notamment par le biais de cartes postales comme support.

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Le soldat réconforté par une bonne soeur et une bonne bouteille de vin Mariani.

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Le malade réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet.

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Le même malade toujours réconforté par une bonne soeur et aussi par une bonne bouteille de vin Mariani, placé en premier plan sur la table de chevet. Les autres flaçons soit une concurrence possible ont disparus.

Même chose avec certaines publicités Mariani.

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Album Mariani Tome 6. Dessin d’Eugène Murer.

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Dessin de Louis Trinquier Trianon.

(1) Paul Arène a déjà écrit plusieurs pantomimes comme celui de La statue aux Édition : A. Leduc, 1889, Paris.
(2) La fleur de Coca. Pantomime joué à Paris. Il fut imprimé sous forme de livret par les Éditions Silvestre, 1892 avec 12 belles reproductions photographiques en noir et blanc de Séverin et Mlle Dowe dans les rôles de Pierrot et Colombine. C’est un beau fascicule devenu collector et considéré comme publicitaire pour le vin tonique à base de Coca d’Angelo Mariani.
(3) Charles Deburau, qui va reprendre le rôle de Pierrot, est photographié à de multiples reprises par Nadar sous la dénomination Têtes d’expressions. Ce travail sera récompensé en 1855 à l’Exposition universelle de Paris.

   Si on veut aller plus loin dans la compréhension du pantomime, on se doit de lire, nous semble-t-il, Maurice Lefèvre, « La pantomime », Revue d’art dramatique, mai 1892, p. 257-268 et Arnaud Rykner (dir.), Pantomime et théâtre du corps. Le jeu du hors-texte, Rennes, 2009, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire ».

   Au niveau des visites pour ce blog, l’évolution est positive. En 2014, nous étions à 969 visiteurs et pour l’année 2015 qui se termine, nous sommes passés à 4 520. Soit un total approximatif de 5 500 observateurs pour une vingtaine d’articles publiés dont voici la liste ci-dessous. Espérons que 2016 connaîtra la même dynamique. Autre point en cette fin d’année 2015, nous tenons à saluer un ami Corse, ainsi que sa famille qui ont la particularité de m’avoir invité à observer sur l’île chez eux au calme leur magnifique collection privée de bouteilles Vin Mariani qui se compose non pas de quelques dizaines de récipients gravés Vin Coca Mariani et/ou Vin Mariani, les plus rares, mais de plusieurs centaines de bouteilles. Oui vous avez bien lu le terme de centaine. Merci encore à eux. En outre, il semblerait selon l’annonce récente du Président Bolivien Evo Morales (3 décembre 2015) reprise par la presse internationale qu’une équipe de scientifiques français aurait fait le déplacement à La Paz afin d’appuyer l’industrialisation de la feuille de coca dans ce pays, et ce à des fins médicinales. On attend avec impatience la publication de leur rapport et surtout leurs conclusions. Enfin, la lettre des amis d’Angelo Mariani se rapproche du 20e numéro. Il aura dans sa prochaine publication pour article central, la réelle valeur d’une bouteille Mariani, de nos jours, qui disons le tout de suite est bien loin des 250 000 euros revendiqués par quelques individus à la recherche d’une bonne affaire ?                           A.D

Liste des articles du blog consacré à Angelo Mariani :

Décembre 2015 : Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse Séverin Cafferra (1863-1930).

Novembre 2015 : Roland Garros et Angelo Mariani.

Octobre 2015 : La villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

Septembre 2015 : Angelo Mariani et ses principaux concurrents à la fin du XIXe siècle.

Juillet 2015 : Bastia et la Corse : hauts lieux de la conception de la première boisson à la coca inventée par Angelo Mariani et son père François Xavier.

Juin 2015 : Mariani (déc 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

Avril 2015 : Quelques vues des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine (France) au XIXe, XXe et XXIe siècle.

Mars 2015 : Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

Février 2015 : Mais qui était donc en réalité Angelo Mariani pour la famille d’Albert Robida ? (II) suite.

Janvier 2015 : Angelo Mariani et la coca dans les pas d’Albert Robida (I).

Décembre 2014 : Angelo Mariani et les Présidents de la IIIe République française.

Novembre 2014 : Mariani et la publicité en France et dans le monde.

Octobre 2014 : Julius Jaros : un homme discret et efficace ou l’ombre américaine d’Angelo Mariani.

Septembre 2014 : Louis Oscar Roty.

Août 2014 : Isabelle Chapusot.

Juin 2014 : Xavier Paoli.

Mai 2014 : Présentation des principaux personnages amis d’Angelo Mariani présents lors de l’inauguration de la fontaine la Siagnole en février 1905.

Avril 2014 : Une brève histoire de la Fontaine dite la Siagnole à Valescure commune de Saint-Raphaël (Var).

   Profitons enfin de cette occasion pour mettre en ligne la liste des articles version papier de la lettre de la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani) consacrés à Angelo Mariani et ce depuis juin 2004.

Octobre 2015, n°19 : Les premiers concurrents au XIXe siècle du vin Mariani.

Février 2015, n°18 : Plusieurs portraits d’Angelo Mariani.

Octobre 2014, n°17 : Isabelle Chapusot.

Février 2014, n°16 : Ferdinand Roybet et Angelo Mariani.

Octobre 2013, n°15 : Les formes peu académiques parfois de la publicité Mariani.

Mars 2013, n°14 : Une rencontre avec l’Ambassadeur de l’État plurinational de Bolivie en France.

Novembre 2012, n°13 : Une photographie encore quelque peu mystérieuse.

Octobre 2011, n°12 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (2eme partie).

Décembre 2010, n°11 : L’érotisme dans l’œuvre d’Angelo Mariani. (1er partie).

Janvier 2010, n°10 : Un portrait d’Angelo Mariani par Carolus Duran.

Juillet 2009, n°9 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (2eme partie).

Décembre 2008, n°8 : L’histoire mouvementée de la fontaine dite de la Siagnole à Valescure, Saint-Raphaël, Var. (1er partie).

Février 2008, n°7 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (2eme partie).

Juillet 2007, n°6 : Les suppléments illustrés des figurines contemporaines par Pierre Julien. (1er partie).

Octobre 2006, n°5 : Horace Mariani et la Normandie.

Janvier 2006, n°4 : L’église catholique, les Papes et Angelo Mariani.

Septembre 2005, n°3 : Angelo Mariani et les cartes postales.

Décembre 2004, n°2 : Angelo Mariani et la Bretagne.

Juin 2004, n°1 : Angelo Mariani, une association culturelle et une lettre d’information ; la Saam (Société des Amis d’Angelo Mariani).                           A.D

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Roland Garros et Angelo Mariani.

   Angelo Mariani, on le sait, a beaucoup impacté d’un point de vue patrimonial les communes de Saint Raphaël et Fréjus dans le Var.

Publicité pour le célèbre Vin Tonique Mariani.

Publicité pour le célèbre Vin Tonique Mariani.

   Il est notamment l’initiateur discret d’une stèle commémorative pour le célèbre aviateur patriote Roland Garros en hommage à la première traversée réussie vers la Tunisie en Afrique, le mardi 23 septembre 1913. (Près de 800 kilomètres notamment en passant sur la partie occidentale de la Corse, au large d’Ajaccio) (1). Mariani est conscient que d’un point de vue politique, on vient d’assister à la première liaison intercontinentale de l’histoire, en matière d’aviation.

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Roland Garros. Source : Journal  L’Illustration n° 3683 du 27 septembre 1913 p 227.

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Dr : BNF.

Dr : Collection privée de M. Michel Roudillaud.

Dr : Collection privée de M. Michel Roudillaud.

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Roland Garros. Source : Journal L’Illustration n° 3684 du 4 octobre 1913 p 262.

   En effet au lendemain de ce vol historique, Angelo Mariani, qui est surtout un inconditionnel et ami de nombreux pionnier(e)s de l’aviation (En premier lieu, Alberto Santos Dumont dès 1901, Jules Védrines, Maurice Tabuteau qui fut détenteur de la durée de déplacement d’un avion en 1910, Louis Blériot qui a franchi la Manche le 25 juillet 1909, André Beaumont pseudonyme de Jean Louis Conneau membre de sa famille, Marcel Brindejonc des Moulinais, Jeanne Herveux, la baronne Raymonde de la Roche en réalité Élise Deroche, première aviatrice brevetée au monde, Maurice Farman, Louis Paulhan, Paul Tissandier, Géo Chavez et Alfred Leblanc) décide comme à son habitude (c.f la fontaine de la Sagniole à Saint-Raphaël en février 1905, le monument à la gloire du poète Armand Silvestre placé sur le Cours-la-Reine en octobre 1906 à Paris, sans oublier la statue de Frédéric Mistral à Arles en mai 1909, entre autres exemples) d’ériger un monument sur le lieu de départ de cette magnifique aventure.

Alberto Santos Dumont, Album Mariani, Tome VII.

Alberto Santos Dumont, Album Mariani, Tome VII (1902).

Louis Blériot

Louis Blériot, Album Mariani, tome XII (1910).

La baronne de la Roche.

La baronne Raymonde de La Roche. Supplément illustré, 16e série, Décembre 1911, Album Mariani.

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CPA publicitaire issue des Albums Mariani.

   En réalité, le lieu retenu sera devant l’entrée du premier aérodrome naval de France. Pour cela, il lance sans état d’âme une souscription publique et sera d’entrée l’un des plus généreux donateurs. Du début à la fin. Parmi les premiers souscripteurs, on trouve Xavier Paoli son cousin, Léon Schuster, Rolland Calvet, Georges Berget, Silvy, Ducret, Grandclément, N. Henesy, L. Brunot, le peintre Carolus Duran, Henri Falguette, Peguet et Pascal. Angelo Mariani a, en outre, déjà décidé du lieu où sera installée l’œuvre consacrée à cet aviateur hors du commun. Soit à Fréjus, à l’endroit même selon les souhaits de Mariani où Roland Garros s’est envolé. Il décide, de plus, que ce soit son ami l’académicien et poète Jean Aicard qui fasse l’éloge de l’aviateur et de son exploit le jour de l’inauguration. Pour cela, il crée un comité sobrement intitulé : Roland Garros.

   Pour être certain du résultat, il sollicite un proche, le sculpteur et graveur Louis Patriarche natif de Bastia, afin de produire un bronze encastré dans une roche de la région (méthode d’ailleurs identique à sa villa Andréa) comprenant quelques vers du poète Jean Aicard. Ce qui fut fait. On peut de nos jours encore observer le dessin préparatoire exécuté par Patriarche sous la forme d’un cliché photographique établi par un autre ami Corse d’Angelo Mariani, le photographe François Vizzavona. Ce magnifique document se trouve à Paris dans les archives de l’agence photo RMN-Grand Palais, fond Druet-Vizzavona. On n’oublie pas d’ajouter un buste réalisé par Étienne Forestier.

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L’Aérophile, 1er décembre 1925, p 354.

   Le 19 avril 1914 en présence d’une foule imposante et de nombreux officiels, le maire de Saint-Raphaël Léon Basso offre symboliquement le monument à la ville de Fréjus et à son premier mandataire. Sous les airs musicaux bons enfants d’une fanfare militaire, le voile est enlevé par la marraine du mausolée, la grande duchesse de Mecklenbourg-Schverin. Lors de cette belle journée ensoleillée, il manque cependant une personne pour que la fête soit complète. Ce n’est pas Roland Garros, qui arrive avec son amie Marcelle George, en plein milieu de la cérémonie. C’est Angelo Mariani lui-même. Ce dernier a une bonne excuse. Il vient de passer sur l’autre rive moins de trois semaines plus tôt à Valescure…

L'inauguration. Dr BNF.

L’inauguration. Dr BNF.

Jean Aicard prononçant l'éloge de Roland Garros à travers son exploit aéronautique.

Jean Aicard prononçant l’éloge de Roland Garros à travers son exploit aéronautique. Dr BNF.

Carte postale avec le monument Roland Garros.

Carte postale avec le monument Roland Garros en premier plan et derrière les baraquements de la base aéronavale.

En arrière plan de la stèle en hommage à Roland Garros, on remarque l'actuel boulevard de la Mer, commune de Fréjus.

En arrière plan de la stèle en hommage à Roland Garros, on remarque l’actuel boulevard de la Mer, commune de Fréjus.

  Le dimanche 24 septembre 1922, la municipalité de Fréjus selon la presse de l’époque « fête dignement le 9e anniversaire avec un monument magnifiquement décoré ». En 1933, pour la vingtième commémoration, le groupement de l’aéro-club de France fit placer une palme de bronze au pied de la stèle portant l’inscription :  « A Roland Garros » en présence notamment des maires de Fréjus M. Fabre et de Saint-Raphaël, M. Bruère.

Une stèle historique à Fréjus au parcours pour le moins étonnant.

   Ce monument décidé par Angelo Mariani à la gloire de Roland Garros va ensuite connaître bien des vicissitudes. Notamment des déplacements, des composants « volatilisés » et des « modifications » en tout genre. Arrêtons-nous un instant sur cet objet culturel. Il se compose alors pour l’essentiel de cinq éléments.

Croquis de la stèle dans les années trente.

Croquis de la stèle dans les années trente.

   À son sommet, le buste de Roland Garros produit par Étienne Forestier. Ensuite le bronze de Patriarche. Ce dernier est placé sur un bloc d’Esterellite dit aussi porphyre bleu de l’Esterel sorte de roche dure comme le granite et issu d’une carrière proche. À cela s’ajoute à la base de l’œuvre un petit bronze avec l’inscription suivante voulue par Angelo Mariani : La ville de Saint-Raphaël à la ville de Fréjus. Enfin, un socle conséquent d’une dizaine de centimètres de hauteur. Après la Grande Guerre, la stèle en l’état est à chaque 11 novembre honorée par les riverains. Personne n’oublie en effet que Roland Garros est tombé au champ d’honneur, le 5 octobre 1918. Puis les années passent. Lors du Second conflit mondial et l’occupation du département du Var par les armées allemandes, le monument n’est pas inquiété. Même chose, semble-t-il, avec la tragédie de Malpasset en décembre 1959 qui provoqua la mort de 423 personnes. La base aéronavale de Fréjus, qui se trouvait sur le trajet de la vague de 40 mètres de hauteur, avait été à plus de soixante-quinze pour cent détruite.

   En 1986, une enquête dans le cadre d’un inventaire général du patrimoine culturel pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur sous la référence IA83000667 constate toujours l’existence du buste d’Étienne Forestier et du bronze de Patriarche. Le second petit bronze n’est, par contre, pas mentionné, ni même la palme. En réalité, ils ont déjà disparu. À contrario une nouvelle plaque en marbre est apparue. Elle correspond au souvenir de l’Union des Évadés de guerre dont Roland Garros fut le cofondateur.

Plaque en marbre placée par l'Union Nationale des Evadés de Guerre.

Plaque en marbre placée par l’Union Nationale des Evadés de Guerre.

   En 2003, un colloque et une exposition sont organisés pour le 90e anniversaire de la traversée de la Méditerranée à Fréjus. Le monument est légèrement modifié.

plexiglassgarros   Un support en plexiglas apparaît en lieu et place du bronze de Patriarche qui n’est plus présent avec un texte qui comporte une anomalie typographique : Fréjus est écrit en minuscule et Bizerte en lettres capitales. On remarque aussi une iconographie qui interroge ? L’avion représenté est-il bien un Morane-Saulnier ? Une publication en l’occurrence les actes de cette manifestation culturelle intitulée : Roland Garros, n°15 doit ensuite voire le jour par le biais de la Société d’Histoire de Fréjus et de sa région. Mais ce document pour des raisons techniques ne fut jamais imprimé. On profita malgré tout de cette commémoration pour déplacer la stèle. Elle quitta l’entrée de la base aéronavale et rejoignit la plage au bout du boulevard de la Mer toujours à Fréjus face à la Méditerranée. (Par cette action, on exauçait du même coup et peut-être sans le savoir le vœu initial d’Angelo Mariani !).

   Autre élément intéressant le 12 octobre 2008 à Paris et plus précisément à l’Hôtel Marcel Dassault, 7 rond-point des Champs-Élysées à Paris eut lieu une vente aux enchères sous l’autorité du Commissaire-priseur Monsieur Hervé Poulain concernant à la fois des lettres et manuscrits de Jean Mermoz et une collection de Monsieur A et à divers.

Dr

Dr : Artcurial.

   Le lot 298 est présenté ainsi : 1ere traversée de la Méditerranée le 23 septembre 1913 : Roland Garros sur Morane-Saulnier. Plaque en bronze du sculpteur L.Patriarche 46,5 X 58,5cm. Avec un poème de Jean Aicard inscrit sur la plaque : « Seul le 23 septembre en l’an 1913, Garros en monoplan sans flotteurs, prit essor dans ce golfe, et, courrier de l’audace française, en 7 heures par un matin d’azur et d’or, survolant le premier la vaste mer déserte, il alla se poser d’un bond sur Bizerte ». Estimation 5 000 – 6 000 € . Vendu 5 700 €.

   De toute évidence, ce lot doit être une copie de l’original réalisé par l’artiste en 1914.

   En janvier 2010, le quotidien Var-Matin publie un article fort passionnant intitulé : Fréjus : Ces statues au gré du temps. On y apprend par la voix de Philippe Cantarel, guide conférencier de la ville que cette pièce en hommage à Roland Garros est la plus célèbre de la commune. On peut aussi constater par le biais de la photographie réalisée par Philippe Arnassan, afin d’illustrer le propos du journaliste E.D, que le bronze de départ signé par Patriarche a bien été remplacé par un autre bronze quelconque.

On peut apprécier la finition de la mise en place.

On peut apprécier la finition de la mise en place…

   Et qui comporte la même bizarrerie typographique que sur le plexiglas : là aussi le nom de la ville de Fréjus est inscrit en minuscule et celui de Bizerte en lettres capitales. On remarque aussi que le buste de Garros au niveau de l’arcade sourcilière gauche est maintenant abîmé, tout comme la narine droite et l’œil droit de Roland Garros. Et même le bord de sa casquette droite…

DSCF4549   En novembre 2015, ce qui reste de la statue voulue par Angelo Mariani en hommage à Roland Garros pour son exploit aéronautique à la face du monde, s’enfonce quelque peu dans l’oubli et dans les sables de cette belle plage de Fréjus, ville d’art et d’Histoire. Tout en regardant, fière et stoïque, la Méditerranée, la Tunisie et la Corse…jusqu’à quand ?                                                                                           A.D

(1) Mercredi 24 septembre 1913, L’Aurore, en première page de ce quotidien, article intitulé : La conquête de l’air. Garros traverse la Méditerranée.

   J’ai le plaisir pour l’aide apporter dans la réalisation de ce texte, de remercier Mme Saliha Ollivier, spécialiste de l’histoire de Roland Garros en général et de sa traversée vers Bizerte en particulier, M. Michel Roudillaud, historien des communes de Saint-Raphaël et de Vidauban, sans oublier Mme Julie Mariotti, attachée de conservation au service archéologique de la commune de Fréjus. Il en va de même avec Mme Brigitte Auloy, Adjointe au Maire, déléguée au patrimoine, à l’Animation, à la culture et au tourisme et M. le Sénateur du Var, Maire de Fréjus, M. David Rachline.

Roland Garros face à la Mediterranée.

Roland Garros face à la Méditerranée.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 48 68 86. Et aussi sur le site Amazon.fr. Sans oublier : Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015 ou dans lequel un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

 

Louis Oscar Roty

Louis Oscar Roty (11 juin 1876-23 mars 1911).

Portrait d'Oscar Roty paru dans l'Album Mariani Tome 1 (1894).

Portrait d’Oscar Roty paru dans l’Album Mariani Tome 1 (1894).

   Oscar Roty est né à Paris en 1876, de parents instituteurs et parfois peintres pour leurs loisirs. Après des études à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, Roty se lance à corps perdu dans la gravure. Il remporte le grand prix de Rome en 1875. Angelo Mariani de son côté a remarqué l’exceptionnel talent de cette personne. A Paris, ils deviennent amis. Ainsi, Roty rentre dans le premier cercle d’Angelo Mariani. Ce dernier en 1891 le fait apparaît dans sa première série des Albums Mariani. En outre, Roty travaille déjà pour Angelo Mariani. De nombreux éléments à la gloire du vin Mariani sortiront de son atelier comme des briquets, pièce de monnaie, etc.

Buste de Mariani portant un chapeau à gauche, devant la légende : Angelo Mariani derrière une bouteille dans une branche de coca sur laquelle est écrite en trois lignes la légende : COCA/ MARIANI / PARIS avec en-dessous ROTY.    Revers : O NYMPHE. LE VIN. MARIANI. VA. LE. SAUVER. MAIS. PREND. GARDE. A. TON. COEUR. Description revers : Une femme dénudée assise dans un décor sylvestre versant d'une bouteille une coupe de liqueur à un enfant ailé qui défaille dans ses bras ; en-dessous O. ROTY.

Buste de Mariani portant un chapeau à gauche, devant la légende : Angelo Mariani derrière une bouteille dans une branche de coca sur laquelle est écrite en trois lignes la légende : COCA/ MARIANI / PARIS avec en-dessous ROTY.
Revers : O NYMPHE. LE VIN. MARIANI. VA. LE. SAUVER. MAIS. PREND. GARDE. A. TON. COEUR. Description revers : Une femme dénudée assise dans un décor sylvestre versant d’une bouteille une coupe de liqueur à un enfant ailé qui défaille dans ses bras ; en-dessous O. ROTY.

   A cela s’ajoute le fait qu’Angelo Mariani l’aide pour la création de la Fraternité artistique à Courbevoie (œuvre jumelle de l’Orphelinat des arts, pour les garçons) fondée en 1893 par Oscar Roty (Président de 1893 à 1911). La Fraternité artistique regroupe, au meilleur de son existence, près d’une centaine de jeunes filles.

   Théophile Poilpot en sera le Président de 1911 à 1915 et Angelo Mariani, le Vice-président de 1911 à 1914, en hommage à Roty. Mieux, le 24 mars 1911, selon le journal Le Figaro, Angelo Mariani offre au musée Carnavalet, sa collection personnelle et complète des œuvres de son ami Oscar Roty.

   Oscar Roty, de nos jours, est toujours reconnu comme l’artiste graveur de la fameuse Semeuse. On la retrouve encore sur les pièces en Euro. Roty est ainsi sorti de l’hexagone pour rejoindre l’Europe monétaire. Sans parler que les artistes du XXIe comme Boris Séméniako n’hésitent pas à utiliser et à s’inspirer de cette dernière.

Le Monde, du samedi 6 septembre 2014, page culture et idées.

Le Monde, du samedi 6 septembre 2014, page culture et idées.

Olivier, laurier ou coca à Valescure ?

   En octobre 1909, Le Figaro publie dans la rubrique : LA VIE HORS PARIS avec comme sous-titre : Dans le bleu, un instantané de la vie à Valescure ou se côtoient régulièrement Roty et Mariani.

«  Entre les deux azurs du ciel et de la Méditerranée, les saisons rivalisent de beauté ;
chacune remplace la précédente avec un charme renouvelé. Sauf durant quelques rapides orages, la constance du soleil encourage la vie de plein air. Bien que la végétation africaine s’y soit acclimatée, l’août lui-même n’y a pas d’ardeurs brûlantes, entre l’Estérel et les Maures, sous le coup d’éventail perpétuel de la brise. Et maintenant, tandis que la récolte du muscat et des figues s’accomplit, les violettes bourgeonnent bientôt les roses traîneront jusque dans la poussière des routes.

A l’ombre fraîche des pins d’Alep et des parasols d’Italie, toute une colonie s’est fondée, il y a environ un quart de siècle, près de Saint Raphaël, groupement très parisien, resté fidèle à Valescure Oasis souriant à l’idéal des rêves que chantèrent Rochard, Armand Silvestre et bien d’autres.

Augustine Brohan avait été du nombre des premiers acheteurs de terrain, avec Carvalho, qui utilisa de nombreux débris des Tuileries et de l’Hôtel de Ville incendiés par la Commune, pour construire son habitation. Le docteur Léon Labbé, sénateur; Mme Bouloumié, femme du médecin de Vittel, aux «Messagés » (Les Cysthes), M. O. Roty dans l’ex-villa Reichemberg, le docteur Lutaud, aux « Mimosas», M. et Mme Kuhn, aux «Sphinx» M. Rommel à «l’Île Verte», Théodore Rivière, à la «Maisonnette Alice», sont des passionnés de ce joli coin provençal. « Lou castélou» à lord Amherst domine de sa tour, magnifiquement, tout le pays. Il s’est inspiré, pour la concevoir, du style des Templiers. C’est peut-être là que sa fille, lady Amherst, a décidé de traduire en anglais les Souvenirs de M. Xavier Paoli sur la Reine Victoria et c’est aussi dans le parc de ce domaine que Roty cueillit la branche de laurier dont il s’est servi pour composer le revers de sa « Semeuse». Une pièce de deux francs entourée d’une inscription est encastrée dans l’écorce de l’arbre, qui désormais aura sa petite histoire dans la grande Histoire numismatique.

L’idée de perpétuer ce gracieux souvenir appartient à M. A. Mariani, dont la villa
Andréa est un peu le cœur de Valescure. Très blanche, au milieu d’un jardin adorable, duquel par une coquetterie assez élégante, la coca fut bannie, ornée d’un nombre infini d’objets d’art, cette accueillante maison a vu défiler bien des célébrités contemporaines. C’est à qu’on brisa la tirelire d’une cagnotte, dont le produit servit à édifier la fontaine sculptée par Théodore Rivière la Nymphe de la Siagnole orgueil de l’endroit. Les joueurs qui firent les fonds en une amusante collaboration se nommaient Mmes Bouloumié et Isabelle Chapusot, MM. Kuhn, Léon Labbé, Lutaud, A. Mariani, X. Paoli, l’architecte Poussin, Antoine Lumière et 0. Roty.

Toute la côte, du reste, est une adorable villégiature d’été. Elle s’anime encore plus en automne, par le retour des familles de nos officiers de l’escadre. On regrette, cette année, le commandant Bonaparte-Wyse que la mort n’a pu arracher à sa magnifique propriété «Isthmia». Conformément à ses vœux, Mme Dupetit-Thouars y garde son cercueil.

La générale Zédé possède «Castebrune»; et M. Petin-Gadet, la «Germaine», deux des merveilles de la baie de Méjan. Le peintre Dauphin, dans son «Paradis»; Henry Kistemaeckers à la «Clapière»; Jean Aicard à la «Garde», représente l’élément artistique et littéraire, avec Mme S. Poirson qui écrit d’une façon supérieure sur la contrée. On sait que la terrasse de sa «Loggia» a fourni à la Comédie-Française le décor de Smilis. En rayonnant un peu, on découvre la splendide terre du vicomte de Saporta, à Solliés, puis la «Beaucaire» à M. Faucher-Chastenet qui vient d’y faire ériger une chapelle privée, l’ «Île d’Or» au docteur Lutaud, «roi après Dieu» de son rocher, en face de Dramand; le «mas » de Théodore Rivière, déjà nommé, à Pamparigouste (!); «Lysis» à Maurice Donnay, dans la baie d’Aguay Bertnay, le romancier populaire, prés de Brieux, à Anthéor Carolus Duran à Saint-Aigulph, et tous ceux qui, pareils à l’auteur de la Robe rouge, sont venus ici «pour être seuls et se sont si bien cachés que je ne lés ai pas dénichés».  Parisette, dimanche, 3 Octobre 1909.

Première série Album Mariani (juillet 1891).

Première série Album Mariani (juillet 1891).

   En juin 1914, Georges Régnal de la Nouvelle Revue reprend l’idée avec plus de précisions : « Dans les bois de Valescure, il existe un olivier, caché, ignoré, marqué d’une plaque gravée, portant à peu près ces mots: «C’est sur cet arbre que fut cueillie la branche dont Oscar Roty s’est servi pour créer le modèle de La Semeuse« .

Album Mariani Tome 9 (1904).

Album Mariani Tome 9 (1904).

Roty toujours d’actualité.

   C’est par un article du Figaro en date du samedi 12 février 2005, intitulé : Les derniers jours de la semeuse, que l’on apprend que Roty va disparaître du paysage monétaire.

   « Créée en 1886 par Oscar Roty pour une médaille du ministère de l’Agriculture, la semeuse est à l’origine une allégorie champêtre évoquant la France agricole du début du XIXe siècle. Coiffée d’un bonnet phrygien, elle est vite devenue une Marianne. Elle marche vers l’avant et sème les graines d’un futur optimiste. Ces graines illustrent aussi le rayonnement culturel et économique de l’Hexagone. C’est par la monnaie que la semeuse accède au rang de vedette. En 1898 et jusqu’en 1920, elle orne les pièces en argent de 50 centimes, de 1 et 2 francs. Le 1er janvier 1960, elle participe à l’introduction du nouveau franc, le nickel remplace alors l’argent. Liftée à plusieurs reprises, elle figurait encore en 2002 sur sept des neuf pièces en circulation. Déjà chassée par l’euro, la semeuse disparaît aujourd’hui pour de bon ». En réalité, Roty et sa semeuse ne vont pas connaître ce sinistre destin. Ils sont toujours bien présents aux fonds de nos poches en cette année 2014.

Pièce de monnaie en Euro de 20 centimes avec la Semeuse.

Pièce de monnaie en Euro de 20 centimes avec la Semeuse.

Quand Angelo Mariani commande à Théodore Rivière (1857–1912), la réalisation en bronze d’une statuette de 35 cm de hauteur représentant Oscar Roty en 1900.

   Plusieurs exemplaires sont ainsi réalisés dans l’atelier A. Bingen et Costenoble à Paris. Combien ? À ce jour, on ne sait pas répondre à cette question. On a par contre l’information qu’il en existe une Métropolitan Museum de New York dû au don d’Angelo Mariani en 1902. Une autre au musée Rodin et enfin celle qui vient d’être vendue à Paris en mai 2014.

Oscar Roty par Théodore Rivière.

Oscar Roty par Théodore Rivière.

 

Pour plus d’informations, cf le livre suivant :

Angelo Mariani L'inventeur de la première boisson à la coca. Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia.

Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca

Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia.

5 boulevard Hyacinthe de Montera.

Christophe Canioni : 04 95 31 37 02.

Et aussi sur le site Amazon.