Mariani (déc 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

   Tout d’abord il nous semble opportun de préciser que la construction de ce texte est due en grande partie aux travaux du regretté Vincent Armendares et de son épouse Carmina parus dans la revue : La France latine. Ensuite nos remerciements vont à M. l’étudiant en archéologie guide conférencier à Maillane et à M. Alain Barnicaud, conservateur au magnifique palais du Roure dans la très belle ville d’Avignon qui nous a permis d’observer et d’étudier 14 lettres de Mistral à Mariani (datée entre mai 1897 et juin 1910). Merci aussi pour son accueil en ce lieu chargé d’histoire. Sans oublier enfin M. Gérard Baudin, le spécialiste reconnu de Frédéric Mistral, et qui dirige de nos jours le conservatoire documentaire et culturel basé à Marseille.

un portrait de Mistral paru en 1892 dans les pré-albums Mariani accompagné d'un poème à la gloire du vin Mariani.

Un portrait de Mistral paru en 1892 dans les pré-albums Mariani accompagné d’un poème à la gloire du vin Mariani.

Couverture de 1892 pour l'album Mariani.

Couverture de 1892 pour l’album Mariani.

La rencontre :

   Est ce que tout débute en novembre 1891, date qui correspond à la première lettre connue entre Mariani et Mistral selon les archives de Maillane ? Ou bien encore plus tôt ? Sachant que la première publication officielle de Mistral par Mariani remonte à la 2eme série d’août 1892 dans les pré-albums soit plus d’un an avant la version officielle et définitive pour le grand public de novembre 1893 tome 1. (Il y aurait plus d’une centaine de lettres d’Angelo Mariani à l’attention de Frédéric Mistral et vis versa dans les archives de Maillane entre la période de novembre 1891 à décembre 1913, mais que nous n’avons pas pu encore observé à ce jour).

   En février 1895, Mistral se rend chez Mariani à Paris au 11 rue Scribe près de l’Opéra. C’est le pied-à-terre parisien du poète. Mariani en profite pour lui offrir sa boutonnière d’officier de la Légion d’honneur car Mistral ne l’a pas. Il ne sait pas où acheter le ruban en question dans la capitale. La relation s’intensifie entre ces deux grandes personnalités.

DR: Cette photographie représentant Mistral et Mariani, ensemble, a semble-t-il été prise par Florent Miesienski à Arles le 24 décembre 1906.

DR: Cette photographie représentant Mistral et Mariani, a semble-t-il été prise par Florent Miesienski à Arles le 24 décembre 1906.

   Mariani veut représenter en outre ses amis par des statuettes en bronze. Son projet prend de l’ampleur grâce à la collaboration d’un grand sculpteur en devenir : Théodore Rivière (sept 1857-nov 1912). Il sollicite par ailleurs Frédéric Mistral pour l’écriture d’un conte à la gloire de la coca. Le poète accepte.

Édition populaire de format in-32, Huit Contes à Mariani. 1896.

Édition populaire de format in-32, Huit Contes à Mariani. 1896.

Conte de Mistral avec plusieurs illustrations de Robida intitulé : Les Secrets des Bestes.

Conte de Mistral avec plusieurs illustrations de Robida intitulé : Les Secrets des Bestes.

   On voit aussi dans le journal provençal l’Aïoli dirigé par Mistral apparaître des publicités en langue provençale vantant les bienfaits du Vin Mariani à la coca dou Pérou.

Publicité Vin Mariani en langue provençale parue dans le journal L'Aïoli.

Publicité Vin Mariani en langue provençale parue dans le journal L’Aïoli.

   Le 28 décembre 1900, la statuette de Mariani en plâtre enfin réalisée par Théodore Rivière arrive au domicile de Mistral. Au début du mois de mars 1901, c’est au tour de la statuette de Mistral de se retrouver dans la demeure du Maître. Deux mois plus tard, la même statuette mais cette fois-ci en bronze débarque à Maillane.

Statuette d'Angelo Mariani réalisée par Théodore Rivière présente à Maillane.

Statuette d’Angelo Mariani réalisée en 1900 par Théodore Rivière et présente à Maillane.

   Échange de bon procédé entre les familles Mistral et Mariani en mars-avril 1903, avec Jacques Mariani qui vient s’installer quelques jours chez Mistral. Il fait de nombreuses photographies du maître.

Mistral à côté des nombreuses statuettes placées sur la cheminé.

Mistral à côté des nombreuses statuettes placées sur la cheminé près de son bureau et de sa bibliothèque.

De nos jours en 2015.

De nos jours en 2015.

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Gravure réalisée à partir d’une photographie de Nadar représentant le statuaire Théodore Rivière. Iconographie parue dans le tome IV des Albums Mariani en 1899.

   À cette même période Angelo Mariani propose d’offrir un tableau dénommé : « l’Empereur du Soleil » réalisé par Charles Toché (juillet 1851-août 1916) et représentant Frédéric Mistral afin que cette œuvre soit présente à Maillane. (Cette peinture est toujours présente en ce lieu et plus particulièrement dans le salon du maître). En décembre 1904, Mistral connaît la consécration tant en France qu’au niveau international par l’obtention du prix Nobel de littérature. Mariani a oeuvré dès 1901 en cela.

Extrait du Le Petit Journal en date du 25 décembre 1904.

Extrait du quotidien Le Petit Journal en date du 25 décembre 1904.

    Mistral n’hésite pas de son côté à offrir en 1906, à Angelo Mariani un exemplaire de Mireille en édition de grand luxe sur papier japon (Hachette) avec des eaux-fortes et vignettes d’Eugène Burnand et les encadrements en couleurs d’Henri-Léon Pallandre. Qui le fait aussitôt relier par Charles Meunier. A cela s’ajoute un autographe personnel de Mistral à Mariani dans l’ouvrage : « Transcrit pour mon ami Angelo Mariani en communication et souvenir reconnaissant de la médaille (or, argent et bronze) qu’il fit graver pour moi par Georges Dupré, en l’an de grâce 1906. F. Mistral. Maillane, Provence, 3 décembre 1906. Cela amène Angelo Mariani à faire encastrer les trois médailles en métal gravé reproduites à partir des médailles originales dans la reliure. Cette pièce d’orfèvre, signée Dupré (Oct 1869- juin 1909), fut frappée en bronze, argent et or (65 x 55 mm). Sur l’avers : A Frederi Mistral ses amis ses admirateurs. Sur le revers : O santi Mario …“.

DR : Collection Gérard Baudin.

DR : Collection Gérard Baudin.

DR : Collection Gérard Baudin.

DR : Collection Gérard Baudin.

   L’initiateur de ce projet est là encore Angelo Mariani. Cette médaille présente un avers en deux états : l’un, Frédéric Mistral coiffé de son chapeau, l’autre en tête nue. Le revers de chaque état rend hommage à Mireille. Le tirage initial fut très restreint (50 argent et 100 bronze). Dans un courrier d’Angelo Mariani du 19 octobre 1906, ce dernier explique à Mistral qu’il va se rendre à Maillane une demi-journée afin de lui remettre directement la plaquette en or que Dupré vient de frapper. Mistral par la suite en achète huit en bronze quatre avec chapeau quatre sans. Ces pièces furent placées au Muséon Arlaten dans une vitrine sécurisée dénommée Angelo Mariani sur insistance de Mistral. En effet c’est Angelo Mariani qui finança là encore à titre gracieux ce meuble. Mais le 16 mai 1911, des voleurs s’emparèrent de tous les objets de valeur (parures en or, diamants, une couronne de vermeil, médailles de Dupré, insignes et objets divers en l’honneur du vin Mariani gravé par Oscar Roty). Ces trésors disparaissent à tout jamais.

   Le 8 septembre 1908, Mariani déjeune à Arles à l’hôtel du Forum avec Mistral et son épouse, accompagnés de Théodore Rivière, de Folco de Baroncelli, de Madame Jeanne de Flandreysy et Jean Charles-Roux à l’occasion du 78e anniversaire du poète.

Mistral et le vin Mariani.

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Représentation d’une bouteille vin tonique Mariani.

    Mistral est un bon connaisseur du breuvage Mariani. Nous savons à la lecture d’un courrier qu’au début de l’année 1906, Angelo Mariani fait remettre des verres gravés par Oscar Roty avec « une petite provision annuelle de vin de coca ». Selon une autre lettre en date du 19 août 1908, et signée de Piory responsable commercial des Établissements Mariani, on apprend qu’Angelo Mariani a fait parvenir : « 30 flacons de vin Mariani, mais aussi 6 litres d’Élixir de la réserve personnelle de M. A. Mariani et qui a environ 10 ans de fût et une boîte de cigares de sa marque ». Le 17 mars 1911, une nouvelle missive encore signée de Piory pour Mariani nous indique que ce dernier transmet cette fois-ci : « une caisse contenant 60 bouteilles de Vin Mariani, une autre de 30 bouteilles et 150 flacons échantillon ». Et Mistral l’en remercie aussitôt par retour de courrier du 26 du même mois. Un peu plus tard en septembre de la même année on apprend que Mariani envoie à Maillane « plusieurs bouteilles de Cognac et des bonbons Gismonda au vin Mariani ». Cette habitude se perpétue au moins jusqu’en février 1913 et on constate que les bonbons au vin Mariani sont à l’attention en réalité de Mme Mistral née Marie Rivière (fév 1857-fév 1943).

une bouteille bien mise en évidence pour la photographie parue dans la revue : les Annales politiques et littéraires n° 1451 du 16 avril 1911 afin d'illustrer un texte intitulé : Le Voyage d'Art en Provence de jules Clarétie.

une bouteille bien mise en évidence pour la photographie parue dans la revue : Les Annales politiques et littéraires n° 1451 du 16 avril 1911 afin d’illustrer un texte intitulé : Le Voyage d’Art en Provence de Jules Clarétie.

   Au final de ce texte, on fait le constat que Mariani par ses multiples dons à Mistral était en fin de compte toujours présent à Maillane tant dans le bureau du Maître, que dans son salon ou bien encore dans sa cuisine.    A.D

La statue Mistral à Arles : une longue histoire.

  Le 19 décembre 1908 au siège de la compagnie générale transatlantique à Paris est installé comme président du comité pour l’érection d’une statue en l’honneur de Mistral : Jules Charles-Roux, ancien député de Marseille. L’idée de départ provient là encore d’Angelo Mariani avec la complicité de Jeanne de Flandreysy. Cette dernière est nommée vice-présidente aux côtés entre autres de Jules Clarétie. Angelo Mariani quant à lui et qui a déjà choisi le sculpteur, Théodore Rivière est désigné en qualité de trésorier afin de récupérer les fonds afférant à ce projet.

Statue de Mistral à Arles au début u XXe siècle.

Statue de Mistral à Arles au début du XXe siècle.

   En mai 1909, est érigée la statue de Frédéric Mistral à Arles. Le monument, qui comprend en outre un socle auquel est adjoint un médaillon de Mireille réalisé par Férigoule un statuaire local ancien directeur du musée d’Arles. Sur cette partie de l’oeuvre, on peut y lire le patronyme d’Angelo Mariani.

   Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 21 mars 1942, la statue est déboulonnée afin d’être fondue à la demande du ministère de la production industrielle du régime de Pétain en collaboration avec les autorités militaires allemandes. La tête de Mistral est découpée et sauvée discrètement par un dénommé Mugnani, ferrailleur marseillais de son état. La statue est reconstituée après guerre à partir d’une des maquettes en plâtre de Théodore Rivière. Elle est inaugurée à nouveau le 3 juillet 1948. C’était, il y a exactement 67 ans. A.D.

Statue de Mistral à Arles au début du XXIe siècle.

Statue de Mistral à Arles au début du XXIe siècle.

Pour plus d’informations,  Cf, les livres suivants :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr  et le très beau livre de Gérard Baudin consacré à Frédéric Mistral, paru en 2014 à Paris aux Éditions HC.

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Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

   Avec ce début de mois d’avril 2015, c’est bien évidemment le centenaire de la disparition d’Angelo Mariani qui se termine sous nos yeux. Nous profitons donc de l’occasion pour saluer les 1 999 visiteurs du blog qui se sont répartis sur  33 pays et territoires suivants :

Pays  Visites

France 1494
Allemagne 114
Canada 84
États-Unis 79
Italie 38
Belgique 11
Suisse 10
Royaume-Uni 8
Monaco 7
Argentine 7
Espagne 6
Algérie 4
Nouvelle-Calédonie 3
Autriche 3
République tchèque 3
Brésil 3
R.A.S. chinoise de Macao 2
Polynésie française 2
Malaisie 2
Portugal 2
Union européenne 2
Russie 2
Chili 2
Guadeloupe 1
Maurice 1
La Réunion 1
Liban 1
Madagascar 1
Thaïlande 1
Pays-Bas 1
Martinique 1

   Nous avons maintenant dans l’idée pour cette publication et les mois à venir, d’honorer sa mémoire par plusieurs éléments originaux qui démontrent l’intelligence créatrice de ce personnage. Pour cela nous utiliserons quelques illustrations parues soient dans ses albums et/ou dans ses suppléments illustrés. Bon voyage à toutes et à tous au travers de ces représentations artistiques.

Quelques images magnifiques peu connues vantant le vin Mariani :

Dessin de Jossot, paru dans le supplément des figures contemporaines de 1905, 9e série.

Dessin de Gustave Henri Jossot, paru dans le supplément des figures contemporaines de 1905, 9e série.

Dessin de Giraldon, paru dans le supplément du Journal de janvier 1902, 6e série.

Dessin d’Adolphe Giraldon, paru dans le supplément du Journal de janvier 1902, 6e série.

Dessin d'Olivier Merson, paru dans le supplément illustré Le Temps, avril 1897, 3e série.

Dessin d’Olivier Merson, paru dans le supplément illustré Le Temps, avril 1897, 3e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

 

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Gravure de Maxence paru dans Le petit Marseillais supplément illustré, janvier 1908, 12e série.

 

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Gravure de Georges Meunier paru dans les Figures contemporaines 1906, 11e série.

 

Quelques portraits peu connus d’Angelo Mariani en s’aidant du bulletin n° 18 des Amis d’Angelo Mariani de février 2015 :

 

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p1.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p1.

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p2.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p2.

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p3.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p3.

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p4.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p4.

 

Angelo Mariani

Angelo Mariani représenté après son décès en 1925 dans le 14e album Mariani.

 

Angelo Mariani

Angelo Mariani : Extrait du tableau de Jules Grün Un vendredi au salon des Artistes Français en 1911. Mariani est âgé de 73 ans.

 

Angelo Mariani

Angelo Mariani est représenté par Albert Robida dans le conte intitulé Le cas du vidame par l’académicien d’Estampes publié en 1888.

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Gravure d’Angelo Mariani parue aux E.U à partir d’une photographie de Nadar.

 

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Cette photographie est parue dans l’ouvrage de William Golden Mortimer : Peru History of Coca ; The Divine Plant of the Incas Edition J.H. Vail, New York, 1901 et aussi la même année en France dans la revue La marmite. Angelo Mariani est âgé de 63 ans.

 

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À partir d’un tableau de Carolus Durand, gravure de Léonard Jarraud. Mariani est âgé de 71 ans.

 

Portrait d'Angelo Mariani réalisé par le graveur Mouchon 1912.

Portrait d’Angelo Mariani réalisé par le graveur Louis Eugène Mouchon 1912.

   En complément, il peut être intéressant de parcourir l’ouvrage suivant : Cocaïne, histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa qui a été présenté en avant-première durant le Salon du livre à Paris au stand de l’association des éditeurs Corses et celui de Jean-Pierre Lang et Guillaume Villemot intitulé : Nés en Corse ou L’extraordinaire aventure des inventions et des hommes qui ont changé la face du monde (et peut-être même celle de l’univers) paru aux Éditions des Immortelles, basées à Ajaccio. Dans chacun de ses deux ouvrages, un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Parc des Expositions, porte de Versailles à Paris.

Parc des Expositions, porte de Versailles à Paris.

Emplacement de l'association des Éditeurs Corses au parc des expositions.

Emplacement de l’association des Éditeurs Corses au parc des expositions, mars 2015.

 

Vue partielle du stand des Éditeurs Corse.

Vue partielle du stand des Éditeurs Corses.

 

Vue partielle du stand des Éditeurs Corse.

Vue partielle du stand des Éditeurs Corses.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

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Nés en Corse ou L’extraordinaire aventure des inventions et des hommes qui ont changé la face du monde (et peut-être même celle de l’univers) de Jean-Pierre Lang et Guillaume Villemot et paru en juin 2014 aux Éditions des Immortelles, basées à Ajaccio.

A.D

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpegAngelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr

 

 

 

Mais qui était donc en réalité Angelo Mariani pour la famille d’Albert Robida ? (II) suite.

   À la fin du XIXe siècle, un curieux remontant médicinal fait son apparition sur le marché parisien. Il s’agit d’un mélange à base de vin de Bordeaux et de feuilles de coca. Il remporte ipso facto un franc succès sous le nom de : Vin Mariani. Nous sommes à la fin de l’année 1871, au sortir de la guerre contre les Prussiens. Son inventeur, un corse originaire d’un très beau village dénommé Péro-Casavechie, est un personnage hors du commun, grand thuriféraire de la coca devant l’Éternel.

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Angelo Mariani agé de 28 ans. Photographie réalisée par Nadar.

   Il fut aussi sans le savoir et de manière bien involontaire, au départ de la très célèbre boisson américaine : Coca-Cola. En effet, son breuvage Mariani (le vin à base de coca) servit de concept de base (French wine coca) pour le pharmacien John Pemberton à Atlanta (USA). Eh oui, le Coca-Cola symbole de l’Amérique ou même titre que la statue de la Liberté (1) a bien une origine française. Et ce, bien qu’aujourd’hui cette multinationale U.S, tait son origine…mais Mariani, ce n’est pas que cela ! C’est surtout le mécène providentiel pour bon nombre d’artistes français ou non (peintres, écrivains, sculpteurs, poètes, graveurs, musiciens, dessinateurs, chanteurs) au début du XXe siècle… N’oublions pas enfin qu’il fut l’un des tout premiers publicistes en France (2).

   D’ailleurs une multitude d’objets publicitaires à la consécration d’Angelo Mariani se font jour. Que dire en effet de son don pour la réclame ? Outre sa célèbre série de figures contemporaines (3) qui réunit les plus grandes personnalités de la belle époque, il lance sur le marché en parallèle à son vin d’innombrables produits dérivés à vocation sanitaire. C’est ainsi que voit le jour un thé Mariani connu sous le vocable d’extrait concentré de coca, mais aussi des pâtes toniques et pectorales (losange de gomme, de sucre et de coca) et les pastilles Mariani (composées de 2 milligrammes de cocaïne associée à de la gélatine) sans oublier un élixir (plus alcoolisé et contenant trois fois plus de cocaïne).

Boite en inox au fond vert et à la caligraphie en or produite par la pharmacie d'Angelo Mariani située 41 bld Haussmann à Paris afin d'emballer une pâte tonique et pectorale à la coca du Pérou.

Boite en inox au fond vert et à la calligraphie en or produite par la pharmacie d’Angelo Mariani située 41 bd Haussmann à Paris pour emballer une pâte tonique et pectorale à la coca du Pérou.

Terpine Mariani à la coca. Produit composé notamment de 40 % d'alcool et de 5,6 % de coca

Terpine Mariani à la coca. Produit composé notamment de 40 % d’alcool et de 5,6 % de coca.

   Mariani n’hésite pas non plus dans la foulée à acheter des pages entières de suppléments (4) dans divers journaux comme Le Gaulois, ou bien encore Le Temps et Le Figaro afin d’informer le grand public de l’existence de son célèbre vin médicinal aux feuilles de coca.

Supplément illustré Le Gaulois, novembre 1908, treizième série.

Supplément illustré Le Gaulois, novembre 1908, treizième série, avec en première page le Président argentin : Figueroa Alcorta.

   Il poursuit son offensive commerciale et culturelle par l’édition d’ouvrage à la gloire de ce végétal sous la forme de contes. C’est la création de buvards frappés du nom de son entreprise et surtout une série de 150 cartes postales à la gloire de son vin. Cet élément publicitaire créé en 1910 était destiné à être expédié par la poste en cinq pochettes contenant un jeu de trente cartes. De type monochrome, ces cartes étaient distribuées en grandes quantités. L’ensemble étant vendu au prix modique de dix centimes de l’époque. Très rares sont les cartophiles de nos jours qui peuvent prétendre être en possession de la totalité de ces cartes postales (5).

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Carte postale illustrant les travaux du statuaire Louis Noël.

CPA enveloppe b DNB   Mieux, Angelo Mariani propose de surcroît des enveloppes recouvertes de publicités à la gloire de son vin. Ces plis publicitaires légalement utilisés par la poste reprenaient entre autres la représentation d’un enfant s’abreuvant du divin produit…

enveloppe a DNBEt cela allait jusqu’au niveau du timbre….

Timbre CPA enveloppe b DNB   À ce stade de notre étude, n’oublions pas l’importance tout d’abord d’Émilie Robida qui illustrera plusieurs ouvrages comme Le château de la grippe, écrits par son père Albert Robida, aux Éditions Henry Floury (Paris) en 1904, pour la célèbre collection  Contes à Mariani.

 Couverture du conte intitulé : Le château de la grippe.


Couverture du conte intitulé : Le château de la grippe.

 Page intérieure de présentation.


Page intérieure de présentation.

 Une illustration parmi d'autres réalisée par Emilie Robida.


Une illustration parmi d’autres réalisée par Émilie Robida.

   Sans oublier l’historienne Mme Françoise Escoffier Robida (1991-2006) que nous avons eu le grand plaisir de rencontrer à plusieurs reprises. Notons que cette dernière publiait dès 1967 un court texte fondateur sur l’existence d’Angelo Mariani dans le cadre d’un catalogue pour le musée Roybet-Fould (6). N’oublions pas non plus les apports de Frédéric Robida. En avril 1976, il rédige dans la revue Le vieux papier un très beau texte de quatre pages intitulé : Mariani Angelo (1838-1914) mécène de la publicité (7). À cela, s’ajoute le fait que le 23 mars 1987, à l’Hôtel Drouot à Paris, la collection particulière de livres anciens et modernes d’Angelo Mariani était vendue. À cette occasion, plusieurs aquarelles originales d’Albert Robida changèrent de mains.

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Portrait Albert Robida. Gravure sur bois par Brauer, 1894. Album Mariani, Tome 1.

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Gravure publicitaire de Robida parue dans le tome 1 de l’album Marini en 1894.

   Enfin peut-être est-il bon de savoir que la réserve spéciale de la Bibliothèque Nationale de France détient toujours à ce jour deux dessins de Robida qui n’ont pas encore officiellement édités : À savoir : « Le crime illustré/les forfaits de la coca (avec Mariani aux fers) » et : « Une forteresse avec une banderole : Vin Mariani, se défend en versant des bouteilles de Mariani contre les monstres assaillants, c’est-à-dire les maladies ». Au pied et sous le titre : « À l’assaut ! Quand la forteresse est approvisionnée de vin Mariani, la féroce anémie et tout le corps d’armée peuvent rôder autour des murailles et grincer les dents tout à leur aise, rien à mordre ! ».

A.D

(1) « La coca semble grandir toutes vos facultés, il est probable que si je l’eusse connue il y a vingt ans, la statue de la Liberté aurait atteint une centaine de mètres ! » s’est un jour exclamé le sculpteur français Frédéric Auguste Bartholdi. Il s’en est fallu de peu que le phare de l’île de Bedloe (46 mètres) à New York ne fût construit par un adepte du vin Mariani.

(2) « Mariani Angelo (1838-1914) mécène de la publicité », par Fred Robida, Le Vieux Papier, avril 1976.

(3) « Suite aux 14 albums Mariani », par Paul Vital-Durand, Le Vieux Papier, juillet 1980 et « Le vin Mariani » par Louis Cotinat, Le Vieux Papier, octobre 1976. Ces albums Mariani réunissent plus de mil signatures et portraits dans un ensemble de 14 ouvrages.

(4) Ces suppléments sont des fascicules gratuits de quatre, huit et parfois seize pages à la gloire du vin Mariani.

(5) Ces cartes postales au format (9×14) sont très recherchées par les collectionneurs. Une série complète en 2012 se négociait aux alentours de 4 000 euros.

(6) Poisson, Florence et Escoffier-Robida, Françoise, La peinture comme l’aimaient nos grands-pères raconte l’histoire de l’orphelinat des Arts : [exposition] : Courbevoie, musée Roybet-Fould, 16 décembre 1967-31 janvier 1968, Éditions Les Presses Artistiques à Paris.

(7) Le Vieux Papier, Tome 28, fascicule 260, avril 1976.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

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Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca.

Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia.

5 boulevard Hyacinthe de Montera.

Christophe Canioni : 04 95 31 37 02.

Et aussi sur le site Amazon.