Ange-François Mariani dit Angelo Mariani (1838-1914) et un premier bilan de ce blog en ce début de mois de mars 2017.

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Angelo Mariani, agé de 40 ans et photographié par Nadar en 1878.

   En ce mois de mars 2017, cela fait exactement trois ans que nous avons mis à l’eau ce blog sur les vagues mondiales d’internet. Aujourd’hui nous décidons de passer sur un mode semestriel tout en restant une simple vigie, un phare sur l’actualité et l’histoire d’Ange-François Mariani.

   Et si l’on devait faire un premier bilan d’ensemble, on pourrait constater l’écriture de ces 34 textes dont voici la liste ci-dessous :

Pierre Charles Henri Fauvel (7 juin 1830 à Amiens-18 décembre 1895 à Paris) ou l’un des rares amis d’Angelo Mariani.

Publié le 28 février 2017

Simon Horace Alexandre ou le frère cadet d’Angelo, l’inconnu de la famille Mariani.

Publié le 29 janvier 2017

Samedi 17 décembre 2016 (1) ou Ajaccio cité impériale partant à la rencontre du Vin Mariani à la coca de Bolivie.

Publié le 28 décembre 2016

Angelo Mariani et les cartes postales.

Publié le 30 novembre 2016

Sophie Mariani née Sébastiani (1821-1904), maman d’Ange-François Mariani, l’inventeur de la première boisson à la coca dans le monde.

Publié le 31 octobre 2016

Une bouteille Mariani à la coca au Musée François Tillequin à Paris.

Publié le 29 septembre 2016

Jules Alexandre Grün et sa monumentale rencontre avec Angelo Mariani (II).

Publié le 30 août 2016

Jules Alexandre Grün et sa monumentale rencontre avec Angelo Mariani (I).

Publié le 30 juin 2016

Armand Silvestre un homme de caractère ami de toujours d’Angelo Mariani.

Publié le 31 mai 2016

Quand Angelo Mariani aide son ami l’artiste peintre Enrique Atalaya.

Publié le 26 avril 2016

La renaissance du Vin Tonique Mariani, avril 2016.

Publié le 29 mars 2016

Angelo Mariani et son vin à la coca à la rencontre de la Chine.

Publié le 28 février 2016

Quand la coca et la cocaïne ont rencontré le Vin et l’Élixir Mariani à 250 000 euros la bouteille.

Publié le 28 janvier 2016

Angelo Mariani et son ami le célèbre mime Corse d’Ajaccio Séverin Cafferra (1863-1930).

Publié le 29 décembre 2015

Roland Garros et Angelo Mariani.

Publié le 27 novembre 2015

La Villa Andréa de Valescure à Saint-Raphaël (Var), propriété d’Angelo Mariani.

Publié le 30 octobre 2015

Angelo Mariani et ses principaux concurrents à la fin du XIXe siècle.

Publié le 30 septembre 2015

Bastia et la Corse : hauts lieux de la conception de la première boisson à la coca inventée par Angelo Mariani et son père François Xavier.

Publié le 26 juillet 2015

Mariani (décembre 1838-avril 1914) et Mistral (sep 1830-mars 1914) ou quelques éléments peu connus sur leur longue relation amicale de 1890 à 1914.

Publié le 16 juin 2015

Quelques vues des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine (France) au XIXe, XXe et XXIe siècle.

Publié le 30 avril 2015

Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

Publié le 31 mars 2015

Mariani et la publicité : l’exemple des suppléments.

Publié le 1 er mars 2015

Mais qui était donc en réalité Angelo Mariani pour la famille d’Albert Robida ? (II) suite.

Publié le 2 février 2015

Angelo Mariani et la coca dans les pas d’Albert Robida (I).

Publié le 28 janvier 2015

Angelo Mariani et les Présidents de la IIIe République française.

Publié le 28 décembre 2014

Mariani et la publicité en France et dans le monde.

Publié le 28 novembre 2014

Louis Oscar Roty

Publié le 12 septembre 2014

Isabelle Chapusot

Publié le 10 août 2014

Xavier Paoli

Publié le 29 juin 2014

Présentation des principaux personnages amis d’Angelo Mariani présents lors de l’inauguration de la fontaine : la Siagnole en bronze réalisée par Théodore Rivière à Valescure (Saint-Raphaël) en février 1905.

Publié le 31 mai 2014

Une brève histoire de la Fontaine dite la Siagnole à Valescure commune de Saint-Raphaël (Var).

Publié le 21 avril 2014

Célébration du centenaire de la disparition d’Angelo Mariani.

Publié le 10 avril 2014

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Publié le 7 avril 2014

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L’origine de cette photographie provient d’une revue intitulée : La Marmite républicaine en 1901. Ouvrage rare non mis dans le commerce, mais qui permet d’apprendre qu’Angelo Mariani était un républicain. Les auteurs de ce cliché sont de la maison Braun Clément et compagnie et édité par les frères Protats. Elle fut publiée aussi aux États-Unis dans l’ouvrage de MORTIMER, W. Golden, Peru : History of coca, New York, J.H. Vail, 1901.

Angelo Mariani et la lucarne d’internet.

   Au niveau des vues effectuées par les internautes de notre planète, cela se résume de la façon suivante : il y a eu un peu plus de 17 000 vues pour environ 8 000 visiteurs. Si l’on veut être plus précis, cela nous donne pour 2014 : 968 vues. 2015 : 4 347 vues. 2016 : 9 847 vues et pour 2017 : 1 917 vues. À cela s’ajoute le fait qu’à peu près 13 924 vues l’ont été de France. Soit un pourcentage de 80 % pour ce blog. À contrario les 20% restant correspondent au reste du monde avec une grande partie pour les États-Unis. Enfin si l’on veut affiner les choses, cela fait une moyenne quotidienne (sur 24 heures) de 7 visiteurs chaque jour ou plus ou moins 16 vues qui se sont intéressés à l’histoire et l’oeuvre d’Angelo Mariani. Cela restera notre principal motif de satisfaction avec le 23 février 2017 et ses 157 vues.

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   Profitons aussi de cette opportunité pour rappeler le fait que ce blog est né après la création, en Bretagne, de la lettre semestrielle de quatre pages éditée depuis 2004 par la Société des Amis d’Angelo Mariani. Et que nous en sommes en ce début de mars 2017 arrivés à son 22e numéro.

   Après les quelques notions positives (nous avons aussi aidé sur le seul aspect historique à la renaissance du Vin Mariani à la coca par Christophe Mariani en décembre 2016 à Ajaccio), passons maintenant aux points négatifs.

   Soyons honnêtes avec nous-mêmes, tout d’abord. Notre but premier était la dénomination d’une rue, d’une avenue, d’une ruelle, puis d’un square, d’un rond-point, d’un immeuble, d’un lieu dit, d’une salle de musée, d’un arbre à la mémoire d’Angelo Mariani. Mais le résultat fut sans appel : rien au final. Prenons alors un autre exemple d’un point de vue patrimonial. À Saint-Raphaël département du Var, tout a disparu ou presque, de la magnifique villa Andréa. Il ne reste plus rien de cette demeure qui reçut les plus grands de ce monde et qui fut pour partie à l’origine aujourd’hui de la marque mondiale la plus connue de la planète en ce XXIe siècle. Pas même une plaque d’information en cet endroit pour informer les touristes. Encore moins le nom d’une rue à son patronyme dans la commune. Ni d’ailleurs dans aucune ville ou village sur le continent européen, ni même en Corse son île adorée par-dessus tout.

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Le nec plus ultra en Corse, fut même dans nos rêves, une plaque bilingue tant en français qu’en langue corse avec des mots sobres comme : Strada Anghjulu Francescu Mariani (1838-1914).

   Pas de dénomination non plus, de parcs, d’écoles de musique et/ou de peintures, de théâtres à son nom. Ni de timbre à son effigie. Étonnant ? Alors pourquoi un tel oubli ? On est vraiment en droit de se poser cette légitime question. Oui pourquoi ce silence sur le vieux continent ? Aucune biographie concernant Angelo Mariani n’avait vu le jour jusqu’en 2001 avec L’Histoire de la première boisson à la coca par Jean-Michel et Toussaint Alessandrini, Editions Stamperia Sanmarcelli, Biguglia. Sans oublier un documentaire de télévision : Les caprices de Mariani, de Jean Luc Delmon-Casanova, France/couleur/52 minutes en 2008. Mais après tout qui sait, si un jour, cette injustice mémorielle sera enfin réparée. Car Angelo Mariani, fait partie, non seulement, de notre patrimoine hexagonal, mais aussi, et surtout celui de la Corse et de tous les hommes de bonne volonté. Mariani est, en outre, aux antipodes de l’individu sans passé. Sa vie mérite d’être relatée.

   C’est ainsi que nous avons souhaité par ce blog en 2014 permettre une plus grande connaissance de ce corse humaniste et ouvert aux autres vers l’extérieur. Et par là même de retracer son fabuleux destin pour l’humanité. Ou comment un homme ordinaire a-t-il pu vivre une histoire si extraordinaire. Il semble ensuite avoir été placé de manière plus certaine dans les oubliettes de l’histoire. Car qui se rappelle qu’au début de cette formidable histoire et donc celle de de grande maison américaine de boisson, c’est ce simple pharmacien corse qui a fait connaître au monde la feuille de coca1. Peut-être que ce modeste blog ouvrira de nouvelles voies afin que les futures générations puissent apprécier à sa juste valeur la trajectoire de cet humaniste, de ce mécène et amateur d’arts à vrai dire, bien peu banal.

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The New York Times. Gravure de MORTIMER, W. Golden parue dans l’édition du 25 décembre 1898.

   En conclusion, on n’a pas su vraiment faire bouger « les lignes » sans mauvais jeux de mots parmi les diverses entités municipales contactées un peu partout en Europe lors de cette décennie écoulée. Même chose avec les pièces et autres billets de banque issus de monnaies locales et/ou solidaires. Là encore on n’a pas été bon au niveau du résultat. Chose identique avec l’idée d’un documentaire historique retraçant le parcours d’Angelo Mariani. On n’a pas su convaincre divers groupes télévisuels rencontrés pour ce projet. En fin de compte, assez peu d’objectifs ont été atteints. Pourquoi ? Difficile de répondre à cette interrogation. Si d’aventure par contre la donne était amenée à changer, ce blog se ferait un plaisir de vous l’annoncer en priorité, ainsi qu’à l’arrière-petite-fille d’Ange-François Mariani, une personne qui nous est chère, prénommée Marie-Ange.        A.D

  1.  Aujourd’hui ce noble combat politique pour la respectabilité de la feuille de coca à l’échelle internationale a été repris en ce XXIe siècle par M. Evo Morales Ayma, Président de l’État Plurinational de Bolivie, sans oublier son vice-ministre M. Felipe Caceres Garcia.

Angelo Mariani : Extrait du tableau de Jules Grün Un vendredi au salon des Artistes Français en 1911. Mariani est âgé de 73 ans.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

 

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Simon Horace Alexandre ou le frère cadet d’Angelo, l’inconnu de la famille Mariani.

Horace Alexandre Simon Mariani

Horace Alexandre Simon Mariani.

   De lui, on ne sait que peu de choses. Il est le 8 mai 1849 à Bastia. Au côté de son père pharmacien et de son frère aîné, il travaille dans la pharmacie familiale du Boulevard du Palais. Puis qu’il accompagne Angelo Mariani, à Paris. Bien que diplômé lui aussi par l’école de pharmacie de la capitale, Horace Mariani est surtout attiré par la poésie. À cet égard lors d’une de ses promenades en Normandie, il tombe amoureux fou d’une villa située à Villers-sur-Mer.

La villa d'origine vers 1880.

La villa d’origine vers 1875. Dr.

   Cette bâtisse est alors connue sous la dénomination de Fanny-André, au 3 rue de l’étang. Horace décide de l’acheter grâce aux subsides de son frère. Puis de la transformer à son goût en y ajoutant un très grand parc. Cette demeure prend enfin, par sa demande un nouveau patronyme. Elle devient Villa Mariani.

La villa Mariani vue de profil face à la mer.

La villa Mariani agrandie. Vue de profil face à la mer.

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La villa Mariani.

Le bacon face à la mer.

Détail. Le balcon face à la mer.

En y regardant de plus près, n'est ce pas Angelo Mariani présent sur le balcon ?

En y regardant de plus près, n’est ce pas Angelo Mariani avec sa célèbre barbe blanche présent sur le balcon ?

   Nous sommes dans les années 1880. L’une des particularités de cette habitation tient au fait qu’elle se trouve installée sur le méridien de Greenwich. C’est en cet endroit qu’Horace va rédiger ses principales poésies teintées de son idéal politique libertaire. Anarchiste revendiqué et assumé, notre poète est un défenseur de la liberté d’opinion. En 1908, il publie à ses frais son seul recueil connu à ce jour : Poésies, 192 pages, Éditions Maurice Dormann, Étampes, puis réédité en 1910 avec des compléments, soit un total de 252 pages.

Poésies d'Horace Mariani.

Poésies d’Horace Mariani.

   En parcourant ce document, on constate d’emblée qu’Horace aime à écrire des vers comme ceux-ci, issus du poème intitulé : Autobiographie.

Renseignements précis,

Importants et concis

Sur ma biographie

Pour ma chère Patrie.

Apprends, cher Univers,

Ma vie en quatre vers :

Bastia m’a vu naître

Et Paris m’instruisit ;

Villers me séduisit,

Cimetière Est, Paris, me verra disparaître !

   Dans cette magnifique propriété villersoise, administrée par sa gouvernante Blanche Delauney, Horace Mariani passe le plus clair de son temps à cultiver des roses. Il se transforme en l’un des meilleurs spécialistes français, tout comme son frère l’est pour la coca, selon la revue Figaro-Modes du 15 août 1903.

Le jardin

Le jardin

Le jardin de la villa Mariani en 1903.

Le jardin de la villa Mariani en 1903.

   Notre poète cueille d’ailleurs ses roses de bon matin et les fait livrer à Paris par caisses entières à ses amis avant l’heure du Five O’clock (1). Tout cela grâce à l’utilisation du train. Ensuite l’après-midi, Horace se réserve à l’écriture, à la musique (2) et aux promenades. Chemin faisant et passionné par la création de jardins, Horace dessine lui-même de nombreux plans.

   Au pied de sa résidence, l’un des plus beaux parcs de Villers-sur-Mer voit le jour par ses soins avec vue sur la Manche. Angelo Mariani fait parfois le déplacement en ce lieu normand. N’hésitant pas à accompagner quelquefois son frère jusqu’à la plage. À d’autres moments, c’est sur la terrasse de la villa qu’Angelo admire le paysage de Villers. Clin dœil de l’Histoire, c’est à Rouen (Normandie) que se localise de nos jours le remarquable tableau de Jules Grün commandé par lÉtat : Un vendredi au salon des artistes français 1911, apparaît en premier plan, Angelo Mariani.

   On ne peut omettre d’évoquer dans le sillage d’Horace Mariani, la présence discrète de Pierre Ucciani, peintre à Ajaccio en 1851. Ce dernier quitte lîle au décès de son père en 1858. Joaillier à Paris en 1879, on le retrouve par la suite expert en bijouterie auprès du tribunal civil de la Seine. Dans le même temps, il vend de nombreux tableaux d’artistes encore peu connus, dont ses propres productions, afin d’améliorer ses fins de mois. Grâce à cette aisance financière, Ucciani déménage à Neuilly-sur-Seine au 5 rue Alfred de Musset. Et en profite pour retourner de temps à autre en Corse. Sur place, il y peint certains lieux de son enfance comme Golfe d’Ajaccio, 1884 (huile sur bois) ou bien encore Le Clocher d’Ucciani, 1892 (huile sur bois).

   De temps à autre notre artiste croise la famille Mariani à Neuilly-sur-Seine. On évoque autour d’un café, avant tout chose la Corse, mais aussi la belle lumière de Villers-sur-Mer en Normandie qui attire nombre d’aquarellistes. Horace Mariani l’invite en ce lieu. Ucciani accepte et se rend à Villers. Le résultat ne se fait pas attendre. Tombé sous le charme de cette station balnéaire, Pierre Ucciani y séjournera dès lors chaque été à venir. Peintre de la côte normande, il y travaille avec sa fille Marie-Renée. Sans aucune modération. Plusieurs tableaux sont ainsi réalisés sur place comme La Falaise vue de Villers (huile sur bois), ou bien encore Les Vaches noires à marée basse, en 1910. L’endroit l’inspire, de toute évidence. À tel point qu’il fait construire fin des années vingt, une petite maison au nom évocateur de : Villa Corsica.

   Mais revenons à Horace Mariani. Après la mort de son frère en avril 1914, le poète vend sa propriété normande (3) pour la somme de 130 000 francs de l’époque à Madame Veuve Auguste Morgon (4). Nous sommes en mai 1917.

La villa change de nom.

La villa change de nom.

   L’esprit de famille passe avant tout. Il veut aider son neveu Jacques dans la transmission et la bonne tenue des Établissements Mariani à Neuilly-sur-Seine. Pour cela, il a gardé un pied-à-terre au 39 boulevard Haussmann, proche de la pharmacie familiale situé au 41. Le cap passé, Horace Mariani toujours célibataire, alterne sa vie entre la capitale et Velone-Orneto. Une sorte de retour aux sources. Il décède à Paris en 1932 et est inhumé au Père-Lachaise comme il l’avait souhaité, aux côtés de Julius Nathan Jaros, son beau-frère. Terminons maintenant ce portrait par ses quelques vers sous forme de souhaits rédigés le 29 octobre 1908 par Horace à Villers-sur-Mer.

Lorsque pour toujours de mon être

La brève vie aura cessé

Puisse-je ne pas disparaître

Dans les ténèbres du Passé.

Voilà tout ce que je souhaite

Pour mon lot de simple poète.

   La villa Mariani existe toujours.

Une vue de la facade dans les années 1960.

Une vue de la façade dans les années 1960, XXe siècle. Dr

En ce XXIe siècle quelques vues :

 

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Magnifique demeure avec une toiture légèrement modifiée.

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Au premier plan une partie du jardin transformée en parking.

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Le portail d’entrée de la villa dite Mariani est d’époque et fonctionne toujours.

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Un M en majesté qui a parcouru les décennies et voulu par Horace Mariani.

A.D

 

(1) En 1843, la ligne gare Saint-Lazare-Rouen est inaugurée (140 kilomètres en quatre heures).

(2) À ce jour, une seule partition musicale d’Horace Mariani a été retrouvée. Soit Tristia publiée par L. Grus à Paris en 1902.

(3) Le jardin a laissé la place depuis à une autre résidence.

(4) Histoires de villas : Villers-sur-Mer, Magdeleine Gaston-Duprez, Éditions Esther Flon, 2001.

(5) C’est le docteur Fauvel qui habitant au 41 invita Angelo Mariani à installer sa pharmacie à la même adresse.

Angelo Mariani et les cartes postales.

   On le sait Angelo Mariani apparaît sur de nombreuses cartes postales (Fontaine de Valescure) (Villa Mariani à Villers-sur-Mer) (Les petits Éclaireurs Raphaëlois à la Villa Andréa) et (Le Salon des Artistes Français)…

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Carte postale éditée en 1912 à partir du tableau de Jules Grün.

   Notre industriel et mécène saisit très vite l’impact publicitaire de ce support qui voyage dans le monde entier. Mariani décide donc de décliner les nombreux dessins de peintres, sculpteurs et dessinateurs parus dans les Figures contemporaines sous le format d’une carte postale ayant comme base un très beau papier Bristol. Il finit par publier en 1901 une belle série de 120 cartes postales à la gloire de son vin à la coca. Cet élément publicitaire est destiné à être expédié par la poste en quatre pochettes contenant chacune un jeu de trente cartes. De type monochrome, ces cartes furent distribuées en grandes quantités. L’ensemble étant vendu au prix modique de dix centimes de l’époque pour chacune des quatre séries.

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Pochette de Cartes Postales, Collection Mariani, Troisième série contenant trente éléments.

   Une cinquième série toujours de trente cartes est décidée en 1912. On arrivera ainsi à un total de 150 cartes postales au format (9×14 cm) vantant les mérites du Vin Mariani. Très rares sont les cartophiles en ce XXIe siècle qui peuvent prétendre être en possession de la totalité de ces cartes postales. Cet ensemble réunit les reproductions des œuvres de «140» artistes et forment cinq séries de trente cartes postales chacune :

   Première série : Paul Avril. Ferdinand Roybet. Charles Waltner. Lucien Lévy-Dhurmer. Georges Meunier. Paul Renouard. Maurice Berteaux. Alphonse Mucha. Paul Hermann. Eugène Murer. Lacault. Ribéra. Édouard Adler. Léon Glaize. Henri Eugène Augustin Le Sidaner. Paul-Albert Laurens. Louis Noël. Jean Ferigoule. Adolphe Lalauze. Auguste Hagborg. Enrique Atalaya. William Bouguereau. Albert Maignan. Jules Cheret. De Richemont. Charles Bigot. Georges Goursat dit Sem. Charles Léandre. Louis Vallet.

   Deuxième série : Adolphe Giraldon. Luc-Olivier Merson. Maurou. Louis Tinayre. Gabriel Ferrier. Charles Cottet. Edgar Maxence. Francisque Desportes. Henry Caro-Delvaille. André Brouillet. Georges Lemaire. Xavier Alphonse Monchablon. Eugène Carrière. Léonletto Cappiello. Frédéric Montenard. Jules Girardet. Jules Alexandre Grün. Léon Comerre. Georges Antoine Rochegrosse. Louis Eugène Mouchon. Gaston Gérard. École du XXè arrondissement de Paris. Dr Dupont au Sénégal. Oscar Roty. Emmanuel Frémiet. Jean Léon Gérome. Albert Besnard. H. Tenré. Albert Robida. Evert Van Muyden.

   Troisième série : Paul Avril. Georges Haquette. Weincker. Jean Dagnan-Bouveret. Émile Boisseau. Lequesne. Antonio de la Gandara. Albert Dawant. Moncel. Mlle Clémentine-Hélène Duffau. Tony Robert Fleury. Raymond Sudre. Lepère. Marius Perret. Eugène Boverie. Weecks. Osvaldo Tofani. José Frappa. Maurice Leloir. François Flameng. Henri Zo. Pascal Blanchard. Ernest Courtois de Bonnencontre. Firmin Bouisset. Abel Faivre. Jean-Pierre Laurens. Jules Renard Draner. Paul Chocarne-Moreau. Girardot. Marcel Dieulafoy.

   Quatrième série : Albert Robida. William Turner Dannat. Mme Jeanne Clovis Hugues. Victor Peter. Navellier. Étienne Dinet. Eugène Chaperon. Georges Picard. Paul Avril. Mars. Guillaume Dubuffe. Job. Jacques Wély. Paul Chabas. Dr Alphonse Milne Edwards. Léon Lhermithe. René de Saint-Marceaux. Fernand Cormon. Jean Gardet. Gustave Toudouze. Weerts. Georges Cain. Bernard Boutet de Monvel. Pierre Franc-Lamy. Albert Robida. Lucien Simon. Victor Gilbert. Abel Truchet. Frédéric Régamey. Evert Van Muyden.

   Cinquième série : Raoul Verlet. Henri-Daniel-Casimir-Paul Thouroude dit Daniel de Losques. Henri de Sachy. Charles Pezeu-Carlopez. Herbert Ward. Paul Gasq. Albert Lynch. Louis Patriarche. Goussé. Francisque Poulbot. Kauffmann. Henri Zislin. Jean Jacques Waltz dit Hansi. Henri Jacquier. André Beaumont, aviateur dit (Lieut. Jean Conneau). JulesVédrines, aviateur. Maurice Tabuteau, aviateur. Alfred Leblanc, aviateur. Théophile Alexandre Steinlen. Fabiano. Maurice Albert Joseph Simon Lefebvre, dit Lefebvre-Lourdet ou Lourdey. Gabriele Galantara. Fillettes de l’Orphelinat des Arts. Enfants du professeur Stebbing. Georges Redon. Maurice Neumont. Maxime Mautra. Benjamin Rabier. Jean Boyer dit Moriss. Auguste Roubille.

   Cela étant Angelo Mariani réédite parfois certaines cartes postales en changeant la présentation. D’horizontale, elles se transforment en verticale. Ou inversement. Ce qui complique encore un peu plus la problématique du nombre de cartes postales Mariani réellement publié….Angelo Mariani pousse même le luxe de créer des enveloppes illustrées de son produit accompagnés de timbres qui eux n’avaient pas d’existence légale auprès du service postal.

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Timbre Mariani non officiel issu d’une publicité vers 1905.

   Cette idée de carte postale vantant la coca fut ensuite utilisée bien des années plus tard par d’autres comme en témoigne en 1979 par exemple la société Coged basée à Milan (Italie).

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Carte Postale, recto.

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Verso de la carte postale éditée en 1979.

   Aujourd’hui en cette fin d’année 2016, Christophe Mariani poursuit cette aventure en retenant là encore le choix d’un format Carte postale (9×14 cm), en hommage à Angelo Mariani afin d’annoncer officiellement la présentation et la dégustation du Vin Tonique Mariani 2016 qui succède à son mythique prédécesseur.

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Format Carte Postale recto 2016.

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Format Carte Postale verso 2016.

   Angelo Mariani l’a où il est, à coup sûr doit apprécier ce geste. Tout cela au final nous fait entrevoir une simple idée ? À quand la réalisation d’un timbre à l’effigie d’Angelo Mariani ? A.D

   Pour plus d’informations, on peut aller sur le très beau site : www.vinmariani.fr et parcourir le livre suivant :

livreangelomariani1.jpegAngelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Jules Alexandre Grün et sa monumentale rencontre avec Angelo Mariani (II).

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Dr Musée des Beaux-Arts de Rouen. Cliché C. Lancien et C. Loisel.

   Plus on regarde ce magnifique tableau, situé au musée de Rouen, plus de multiples questions nous viennent à l’esprit. Est-ce que cette œuvre centenaire nous a bien livré tous ses mystères ? Surtout si on y ajoute la lecture attentive du très beau livre intitulé : Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de nos amis spécialistes de Jules Grün, à savoir Véronique Herbaut et Benoît Noël. Ouvrage paru en 2013 aux Éditions BVR. On sait aussi grâce à la revue des Annales politiques et littéraires (a) que cette toile a nécessité pas moins de quatre années de travail.

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Dr.

   Ce qui nous amène à la présentation de l’hypothèse suivante : Qui est l’instigateur véritable de ce tableau et surtout qui en est le chef d’orchestre ?

   À nos yeux, c’est de toute évidence Angelo Mariani, lui-même. Car sans bruit et sans attirer l’attention, il a lui simple pharmacien à l’époque, Corse de surcroît luttant contre le racisme ambiant le concernant, su avec le temps mettre en place à Paris tous les éléments de ce chef d’œuvre pictural en ce début de XXe siècle. Par cette action, Angelo Mariani n’est-il pas, en outre, entré dans la légende insulaire de sa terre natale ?

   Pour en être convaincu, peut-on imaginer qu’au moins 51 % des personnages représentés (sur près d’une centaine*) ont eu à voir avec Angelo Mariani, à un moment ou un autre de leur existence ?

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Dr.

    Il y a tout d’abord la répétition photographique de mai 19051. On y voit déjà apparaître sur le cliché un certain nombre de personnages amis d’Angelo Mariani (67), Émile Glaudimont (27), et Mme Jeanne et M. Théophile Poilpot (81 et 82) qui seront sur la toile de 1911. Soit 4 personnes.

   Maintenant, voyons celles et ceux présents sur le fameux tableau : Un vendredi au salon des artistes français et qui sont aussi dans…les Albums Mariani et autres supports publicitaires Mariani ! (1) Henri-Charles Étienne Dujardin-Beaumetz, tome 10. (2) Henri Harpignies, tome 4. (4) Antoine Guillemet, tome 3. (6) Antonin Mercié, tome 4. (8) Gabriel Faure, tome 12. (9) Maurice Donnay, tome 6. (13) Tony Robert-Fleury, tome 4. (16) Francis Tattegrain, tome 5. (17) Mme Yvette Guibert, tome 3. (24) Émile Boutigny, tome 7. (25) Jules Chéret, tome 3. (28) Charles Léandre, tome 5. (29) Léon Comerre, tome 8. (30) Mlle Rose Maireau, tome 9. (31 et 32) Famille Grün, tome 9. (40) Jean-Paul Laurens, tome 4. (41) Gabriel Ferrier, tome 6. (42) Luc Olivier Merson, tome 3. (43) François Flameng, tome 6. (45) Fernand Cormon, tome 3. (46) Ferdinand Roybet, tome 1. (53) Léonce Benedite, tome 12. ( 54) Albert Dawant, tome 6. (55) Georges Goursat dit Sem, tome 8. (57) Mlle Louise Abbema, tome 1. (58) Mlle Clémentine-Hélène Dufau, tome 9. (59) Marcel Baschet, tome 6. (60) Pierre Lafitte, tome 11. (64) Georges Rochegrosse, tome 2. (63) Joseph Bail, tome 8. (68) Julien Gustave Gagliardini, tome 6. (69) Mme Adolphe Brisson, tome 11. (70) Paul Renard, tome 12. (71) Jean-Baptiste Olive, tome 7. (72) Denis Etcheverry, tome 9. (74) Fernand Pelez, tome 6. (76) Saint-Pierre, tome 5. (79) Émile Boisseau, tome 10. (85) Louis Grenet-Dancourt, tome 11. (87) Henri Martin, tome 4. (91) François Schommer, tome 9. (89) Léon Barillot, tome 8. (61) Henri Rochefort, tome 2. Ce qui nous donne déjà un total de 48 individus.

   À cela s’ajoutent (12) Paul Chabas, (99) Albert Paul Laurens, et (75) Joseph Wencker qui apparaissent dans la série des Cartes Postales Mariani. On atteint donc la barre des 50 personnes.

   Avec (50) Arthur Meyer, c’est par le biais du support des suppléments de février 1896 qui permet d’affirmer son contact avec Angelo Mariani. Même chose avec (86) Henri Dreyfus dit Fursy dans celui du n°10 de 1905. Puis avec (14) René Baschet, on remarque la même dynamique par l’intermédiaire du n° 12 de 1907, tout comme pour (80) Quentin-Beauchard. On arrive déjà au nombre de 55 personnes… (C’est à dire 56%). Va-t-on se diriger dès lors vers les deux tiers ?

   Comme on le sait, selon les livres d’histoire, ce tableau fut une demande officielle de l’État républicain. Mais à vrai dire, soyons direct : n’est-il pas en partie et en réalité une commande officieuse d’un Corse dénommé Angelo Mariani ? À vous de vous faire votre propre opinion.                                                                                                   A.D.

Est-ce l’histoire d’une oeuvre d’art qui n’en finit pas de se découvrir ?

  À la date de ce jour, nous n’avons pas d’informations précises pouvant attester une hypothétique relation entre Angelo Mariani et les personnages suivants issus de ce tableau. (3) Victor Laloux. (5) Léon Bonnat. (7) Émile Dupont. (10) Frantz Jourdain. (11) Edouard Detaille. (15) Aimé Morot. (18) Gervais. (19) Mme Vallet-Bisson. (20) Edouard Bisson. (22 et 23) Mme et M. Demont-Breton. (26) Guillonnet. (35) Stéphane Derville. (36) Toumy. (37) Baillot. (44) F. Humbert. (47) Comte Fortuné d’Andigné. (48) Chapsal. (51) Mme Daniel Lesueur. (52) Henri Lapauze. (56) Falcou. (62) Bigard-Fabre.(66) Camille Blanc. (73) Marquise de Crequi. (77) Léon Gosselin. (78) Saint-Germier. (83) Colin. (84) Saubes. (88) Mme Mathilde-Claire Fossey dite Geneviève Lantelme. (92) Petitjean. (93) Gorguet. (94) Zwiller. (96) Mlle Renée Maupin. (97) Louis Lépine. (98) Docteur Jacques Grumberg dit Docteur Jacob. (100) Diogène Maillart.

   Il nous faut cependant encore travailler sur certains patronymes afin de mieux discerner une réalité historique : Soit (21) Édouard ou Jules Adler. (90) Charles ou Jean Dupuy. Et le (49) Docteur dit Jean Faure. En ce qui concerne (65) Louis le Prince héritier de Monaco, fils du prince régnant Albert 1er et qui montera sur le trône en 1922, il sera à la une du supplément Mariani n°24 en 1926. Chose identique avec (95) Mlle Arlette Dorgère. Elle apparaîtra dans un supplément Mariani, n°28 de…1930. Enfin avec (101) Louis Henri Foreau, c’est son épouse qui est présentée sur la photographie de 1905. Ce qui correspond là encore à six autres personnes…                                              A.D

(a) 30 avril 1911.

* Le numéro (34) n’est pas une personne mais une sculpture et les numéro (33), (38) et (39) sont inexistants. Cela donne au final un nombre de 97 individus.

1 Angelo Mariani fait parti des tout premiers à utiliser la déclinaison publicitaire de la photographie, grâce à la famille Lumière. Nous évoquerons ce point dans un prochain article.

Pour plus d’informations, Cf, le livre suivant :

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Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Jules Alexandre Grün et sa monumentale rencontre avec Angelo Mariani (I).

   En préambule ayons à l’esprit que les textes (I et II) qui vont suivre n’ont pu voire le jour que grâce à un très beau livre intitulé : Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël, paru en 2013 aux Éditions BVR. Que ses deux auteurs, ici, en soient sincèrement remerciés. Tout comme d’ailleurs Killian Penven responsable du service communication du Musée de Rouen qui m’a permis d’utiliser un cliché paru dans le magazine de l’Office de Tourisme et des Congrès de Rouen.

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Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël, 2013, Éditions BVR.

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Dr. Service communication du Musée de Rouen.

    Tout le monde connaît de nos jours les affiches et dessins publicitaires de Jules Alexandre Grün (1) établit à la période dite de la Belle Époque à l’image de celle ci-dessous.

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Première page de l’hebdomadaire Le Sourire n° 122 du 22 février 1902.

   Sans oublier surtout sa magnifique toile réalisée en 1911 dénommée : Un vendredi au salon des Artistes Français. Elle est comme tout le monde s’accorde à le dire devenue l’un des symboles du début de ce XXe siècle français.

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Dr Musée des Beaux-Arts de Rouen. Cliché C. Lancien et C. Loisel.

    Aujourd’hui encore on utilise bien souvent des détails de cette peinture pour illustrer un discours concernant ce temps historique. A l’image de cette couverture d’ouvrage :

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Photo Dr Luc Joubert 1985, Bordas.

Jules Alexandre Grün

Jules Alexandre Grün. Album Mariani Tome IX, 1904.

 

Pourquoi un tel succès ? Aujourd’hui, on dirait, pourquoi un tel buzz ?

La genèse d’un tableau hors du commun.

   En mai 1905, Angelo Mariani assiste au vernissage du Salon des artistes français (2) dans le jardin de la sculpture au grand Palais. Et il observe avec beaucoup d’attention ce microcosme parisien.

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Photographie Ehrmann, Revue l’Illustration n°3245 du 6 mai 1905. Angelo Mariani et sa barbe blanche en compagnie d’Isabelle Chapusot sont au premier plan.

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Photographie Ehrmann, Revue l’Illustration n°3245 du 6 mai 1905.

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Photographie Ehrmann, Revue l’Illustration n°3245 du 6 mai 1905.

   Parmi les personnes invitées, on remarque Mme Grün-Toutain, Melle et Mme Robida, Mme Roty, Melle et Mme Rivière, Mme Georges Cain, Mme Tasset, Melle Lemonnier, Mme Henri Cain, Mme Poilpot, Mme Georges Clarétie, Melle et Mme Cormon, Mmes Vié et J. Coutan, Mme Isabelle Chapusot et MM. Glaudinot, Daneron, André Détaille, Antoine Guillemet, Carrière, Fraipont, Poilpot, Georges Tasset, Georges Cain, Henri Cain, Jules Clarétie, J. Coutan, Georges Clarétie, Cormon, Carolus-Duran, Boisseau, Varenne, Segoffin, le Général Dodds, Jean Aicard, Jacques Baschet, Priou et P. Gaihard. Sans oublier un certain Henri Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d’Etat des Beaux-Arts et … Jules Alexandre Grün.

  Quelques années plus tard en 1911, l’Etat, c’est à dire la IIIe République décide de célébrer, le 30e anniversaire du Salon des artistes français, par l’entremise toujours d’Henri Dujardin-Beaumetz. Pour cela, il a choisit dès 1909 le peintre Jules Alexandre Grün qui a déjà fait ses preuves afin de mettre en valeur la quintessence de ce qui compte en matière de décideurs à Paris, capitale des Lumières.

   Tout ci à travers le spectre d’une centaine de personnalités (3) appartenant au monde du spectacle, de l’art, de la presse, des affaires et des politiques. Au centre de tous ces personnages, on retrouve un certain Angelo Mariani, lui, qui n’appartient à aucun de ces cercles de décisions. Incroyable mais vrai. Une incongruité ? Pas vraiment. Et bien au contraire même si on prend le temps d’analyser son parcours pour le moins atypique.

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Carte Postale

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Ce même lieu, de nos jours, en contre plongée visuelle.

 

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Drogues et peintures, album d’art contemporain, n°15, Paris, Laboratoire Chantereau (1935).

    Si vous avez des doutes sur cette magnifique représentation n’hésitez pas à faire le déplacement en Normandie lors d’un Week-End pour observer de près cette toile aux dimensions peu commune (6m 17 x 3m 62) au Musée de Rouen afin de pouvoir l’admirer dans ces multiples détails.

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Une liste de 63 personnes in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël, 2013, Editions BVR.

Un joyau à Rouen au XXIe Siècle :

Rouen Normandie Tourisme & Congrès - JF Lange

Dr. Rouen Normandie Tourisme & Congrès – JF Lange (photographe).

    Dans cette immense salle d’apparat du musée de Rouen et sous une grandiose verrière qui laisse entrer une lumière naturelle, l’oeuvre de Jules Alexandre Grün apparaît dans toute sa majesté.

Approchons nous maintenant de la toile, une fois les visiteurs et invités partis.

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Angelo Mariani et … une centaine d’invités autour de lui. Dr.

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Angelo Mariani dans toute sa splendeur en 1911. Dr.

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La signature du maître.

Construction et évolution de l’oeuvre :

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Photographie en noir et blanc in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

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Photographie en noir et blanc détail in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

   On ne sait si entre chaque pause dans la construction du tableau Jules Alexandre Grün s’autorisait un verre de Vin Mariani ?

Album Mariani Tome IX, 1904.

Album Mariani Tome IX, 1904.

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Dr. Esquisse vers 1910 du célèbre tableau. Photographie en noir et blanc in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

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Dr. Peinture préparatoire (détail) de l’oeuvre en couleur in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

Itinéraire d’une œuvre :

   Le 30 avril 1911, c’est l’inauguration au Grand palais. Le succès de cette peinture est tel en France qu’une suite, chose rare, lui est immédiatement donnée par l’artiste Henri Laissement (1854-1921).

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Henri Laissement

   La nouvelle toile au dimensions plus modeste (1m 24 x 1m 80) est présentée dès l’année suivante au salon des Artistes français en avril 1912. On aperçoit là encore … Angelo Mariani de dos s’observant ! Avec de surcroit toujours sa main gauche sur l’épaule droite de Maillard ! Sept décennies plus tard, en mars 1983, à Paris, cette peinture sera vendue à un particulier.

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Dr. Photographie en noir et blanc vers 1912 du tableau d’Henri Laissement in Jules Grün, trublion de Montmartre, Seigneur du Breuil-en-Auge de Véronique Herbaut et de Benoît Noël.

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Carte postale publicitaire.

Détail de la Carte Postale publicitaire.

Détail de la Carte Postale publicitaire où l’on distingue assez bien Angelo Mariani.

   Quant à la peinture de Jules Grün, elle est exposée tout d’abord à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris, puis au musée du Luxembourg. En 1932, l’œuvre est transférée au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Endroit dans lequel on peut de nos jours l’admirer en toute quiétude. En mai 1913, la revue l’Illustration n° 3666, du 31 mai présente une vue générale de l’Exposition de sculpture au salon des Artistes français toujours au grand Palais. On remarque que …. le mobilier est toujours le même.                                A.D.

(1) Il est né le 26 mai 1868 à Paris. Parfois la date se transforme en 25 mai 1870. Jules Alexandre Grün disparaît le 24 janvier 1938 à Neuilly-sur-Seine.

(2) Le premier salon artistique date de … 1663.

(3) Une étude de la centaine de personnalités présentes sur ce tableau permet l’élaboration d’une autre hypothèse….Que nous verrons dans un prochain texte.

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpeg   Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

Divers portraits d’Angelo Mariani le propagateur de la coca et quelques belles images issues de ses suppléments illustrés à la gloire de son célèbre breuvage.

   Avec ce début de mois d’avril 2015, c’est bien évidemment le centenaire de la disparition d’Angelo Mariani qui se termine sous nos yeux. Nous profitons donc de l’occasion pour saluer les 1 999 visiteurs du blog qui se sont répartis sur  33 pays et territoires suivants :

Pays  Visites

France 1494
Allemagne 114
Canada 84
États-Unis 79
Italie 38
Belgique 11
Suisse 10
Royaume-Uni 8
Monaco 7
Argentine 7
Espagne 6
Algérie 4
Nouvelle-Calédonie 3
Autriche 3
République tchèque 3
Brésil 3
R.A.S. chinoise de Macao 2
Polynésie française 2
Malaisie 2
Portugal 2
Union européenne 2
Russie 2
Chili 2
Guadeloupe 1
Maurice 1
La Réunion 1
Liban 1
Madagascar 1
Thaïlande 1
Pays-Bas 1
Martinique 1

   Nous avons maintenant dans l’idée pour cette publication et les mois à venir, d’honorer sa mémoire par plusieurs éléments originaux qui démontrent l’intelligence créatrice de ce personnage. Pour cela nous utiliserons quelques illustrations parues soient dans ses albums et/ou dans ses suppléments illustrés. Bon voyage à toutes et à tous au travers de ces représentations artistiques.

Quelques images magnifiques peu connues vantant le vin Mariani :

Dessin de Jossot, paru dans le supplément des figures contemporaines de 1905, 9e série.

Dessin de Gustave Henri Jossot, paru dans le supplément des figures contemporaines de 1905, 9e série.

Dessin de Giraldon, paru dans le supplément du Journal de janvier 1902, 6e série.

Dessin d’Adolphe Giraldon, paru dans le supplément du Journal de janvier 1902, 6e série.

Dessin d'Olivier Merson, paru dans le supplément illustré Le Temps, avril 1897, 3e série.

Dessin d’Olivier Merson, paru dans le supplément illustré Le Temps, avril 1897, 3e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

Illustration issue du supplément illustré Le Journal de janvier 1901, 5e série.

 

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Gravure de Maxence paru dans Le petit Marseillais supplément illustré, janvier 1908, 12e série.

 

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Gravure de Georges Meunier paru dans les Figures contemporaines 1906, 11e série.

 

Quelques portraits peu connus d’Angelo Mariani en s’aidant du bulletin n° 18 des Amis d’Angelo Mariani de février 2015 :

 

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p1.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p1.

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p2.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p2.

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p3.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p3.

Bulletin de la société des amis d'Angelo Mariani p4.

Bulletin de la société des amis d’Angelo Mariani p4.

 

Angelo Mariani

Angelo Mariani représenté après son décès en 1925 dans le 14e album Mariani.

 

Angelo Mariani

Angelo Mariani : Extrait du tableau de Jules Grün Un vendredi au salon des Artistes Français en 1911. Mariani est âgé de 73 ans.

 

Angelo Mariani

Angelo Mariani est représenté par Albert Robida dans le conte intitulé Le cas du vidame par l’académicien d’Estampes publié en 1888.

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Gravure d’Angelo Mariani parue aux E.U à partir d’une photographie de Nadar.

 

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Cette photographie est parue dans l’ouvrage de William Golden Mortimer : Peru History of Coca ; The Divine Plant of the Incas Edition J.H. Vail, New York, 1901 et aussi la même année en France dans la revue La marmite. Angelo Mariani est âgé de 63 ans.

 

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À partir d’un tableau de Carolus Durand, gravure de Léonard Jarraud. Mariani est âgé de 71 ans.

 

Portrait d'Angelo Mariani réalisé par le graveur Mouchon 1912.

Portrait d’Angelo Mariani réalisé par le graveur Louis Eugène Mouchon 1912.

   En complément, il peut être intéressant de parcourir l’ouvrage suivant : Cocaïne, histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa qui a été présenté en avant-première durant le Salon du livre à Paris au stand de l’association des éditeurs Corses et celui de Jean-Pierre Lang et Guillaume Villemot intitulé : Nés en Corse ou L’extraordinaire aventure des inventions et des hommes qui ont changé la face du monde (et peut-être même celle de l’univers) paru aux Éditions des Immortelles, basées à Ajaccio. Dans chacun de ses deux ouvrages, un chapitre est consacré à Angelo Mariani.

Parc des Expositions, porte de Versailles à Paris.

Parc des Expositions, porte de Versailles à Paris.

Emplacement de l'association des Éditeurs Corses au parc des expositions.

Emplacement de l’association des Éditeurs Corses au parc des expositions, mars 2015.

 

Vue partielle du stand des Éditeurs Corse.

Vue partielle du stand des Éditeurs Corses.

 

Vue partielle du stand des Éditeurs Corse.

Vue partielle du stand des Éditeurs Corses.

Cocaïne histoire mondiale d'une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

Cocaïne histoire mondiale d’une drogue aux Presses Universitaires de Corse, Éditions Anima Corsa, mars 2015.

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Nés en Corse ou L’extraordinaire aventure des inventions et des hommes qui ont changé la face du monde (et peut-être même celle de l’univers) de Jean-Pierre Lang et Guillaume Villemot et paru en juin 2014 aux Éditions des Immortelles, basées à Ajaccio.

A.D

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

livreangelomariani1.jpegAngelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera. Christophe Canioni : 04 95 31 37 02. Et aussi sur le site Amazon.fr