Une bouteille Mariani à la coca au Musée François Tillequin à Paris.

 

   En surfant il y a quelques mois sur le magnifique site internet de la Société d’Histoire de la Pharmacie www.shp-asso.org nous vîmes un très beau texte intitulé : Les vins médicinaux et le cas du vin Mariani. À cela s’accompagnaient plusieurs photographies réalisées par Monsieur Bruno Bonnemain, son secrétaire général. L’une d’entre elles attira notre curiosité. On y voyait une bouteille de vin Mariani à la coca. Une idée nous vint à l’esprit : pourrait-on un jour observer de près cette fameuse bouteille Mariani ?

Dr :

Dr : Monsieur Bruno Bonnemain, secrétaire général de la société d’histoire de la Pharmacie. La bouteille Coca Mariani se situe à la cinquième place en partant de la droite de la photographie.

   À l’occasion de la journée européenne du patrimoine du samedi 17 septembre 2016, l’opportunité nous était alors offerte de visiter à la faculté de Pharmacie de Paris (1), la célèbre salle des Actes, ainsi que le Musée de collection de Matière Médicale.

Banderolle d'information. Sept 2016, Paris.

Banderole d’information. Sept 2016, Paris.

Fronton de la faculté de pharmacie.

Fronton de la faculté de pharmacie.

Vue extérieure du bâtiment.

Vue extérieure du bâtiment.

   À l’entrée du bâtiment nous fumes reçu par Madame Samantha Conti en charge de la communication de l’Université Paris-Descartes, puis par le Professeur Olivier Lafont, président de la Société d’Histoire de la Pharmacie. Ce dernier nous fit admirer avec élégance pas moins de quatre-vingt-dix portraits de maîtres apothicaires et de pharmaciens célèbres tout en retraçant l’évolution de l’histoire de la pharmacie en France. Ce fut un moment passionnant dû au talent oratoire de l’intervenant.

Vue intérieur en partie de la salle des Actes.

Vue intérieure en partie de la salle des Actes.

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Portrait du pharmacien Henri Moissan prix Nobel de chimie en 1906 par Paul Saïn. Ce fut un contemporain d’Angelo Mariani.

   Dans un second temps, les portes du musée François Tillequin s’ouvrirent. Moment tant attendu. Quel ne fut pas notre étonnement. Nous fumes tout d’abord accueillit là encore avec courtoisie par Monsieur Thomas Gaslonde, Ingénieur d’études et de recherche en Pharmacognosie qui nous expliquât que ce lieu de 450 m2 détenait plus de 25 000 échantillons de plantes accompagnés d’objets divers et variés. On apprit en outre par sa voix, que cette immense collection fut commencée dès 1882. Pour plus d’informations on peut se reporter à son ouvrage concernant le musée (ci-dessous).

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Thomas Gaslonde, Musée François Tillequin, Editions Université Paris Descartes, 2015, Paris.

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Vue intérieure du Musée.

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Vue intérieure du Musée.

   En charge de ce magnifique lieu, et passionné par ce musée Monsieur Thomas Gaslonde nous fit partager avec grand bonheur son savoir sur l’histoire des huiles essentielles. Enfin et surtout qu’elle ne fut pas notre émotion d’observer dans une partie de la structure connut sous l’appellation de la pagode, la fameuse bouteille.

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Vitrine principale du Musée dite la pagode ou se trouve la bouteille de Coca Mariani.

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La bouteille vin Mariani à la coca trônant en majesté.

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Gros plan sur la bouteille pleine du Vin tonique Mariani à la coca.

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On peut remarquer en bas de l’étiquette son numéro de série. Angelo Mariani a été l’un des premiers en Europe à lancer l’idée de traçabilité de son produit.

   Au vu de son format et de l’étiquette adjointe, on peut émettre l’hypothèse suivante, sous toute réserve, sachant que nous n’avons pas eu l’objet entre les mains. Cette bouteille semble correspondre à la période ou le pharmacien Jacques Mariani (1875-1935) fils d’Ange-François Mariani (1838-1914) officiait car la mention à la coca du Pérou n’est plus présente sur le flacon (2). Cela étant, on constate aussi en arrière-plan de ladite bouteille, une reproduction en date de 1986 de l’affiche de Jules Chéret (1836-1932). Restons donc prudent sur l’origine de ce récipient et peut-être qu’un jour prochain, on pourra en savoir un peu plus sur cet élément patrimonial.

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La famille Mariani en sa qualité de pharmacien fut durant le XXe siècle l’un des bienfaiteurs et mécènes les plus réguliers pour la Société d’Histoire de la Pharmacie.

   Nous profitons enfin de ce modeste compte rendu sur la présence d’une bouteille Mariani à la coca dans un musée parisien en septembre 2016 pour préciser une date à venir essentielle et incontournable :

   Notre ami Christophe Mariani responsable de la société Coca-Mariani vient de nous informer de sa nouvelle création : Le breuvage similaire à celui d’Angelo Mariani qui sortira en Corse à Ajaccio, en avant-première, le 17 décembre 2016. Au Palais des Congrès à Ajaccio (Corse), salle Tino Rossi à 19 heures pour être très précis.

   Soit dans moins de quatre-vingts jours. Un produit tant attendu dans la dynamique de la renaissance du vin Mariani avec de surcroît le soutien moral de la famille Mariani. Notons que cette date n’a pas été, semble-t-il choisie au hasard puisse qu’elle correspond au 178e anniversaire de la naissance d’un certain Ange-François Mariani, plus connu au niveau international (États-Unis, Canada, Colombie, Bolivie, Grande-Bretagne, Suède, Allemagne, Russie et Chine, entres autres…) sous le nom d’Angelo Mariani (3). On se doit de soutenir pareille initiative. Bonne chance à la ressurection du vin tonique Coca Mariani.

                                                                                    A.D

(1) La Faculté de Pharmacie de Paris de l’Université Paris Descartes est la plus importante parmi les 24 autres sites d’École de pharmacie que compte aujourd’hui le territoire national. À noter que c’est un Corse, un certain Napoléon Bonaparte en octobre 1803, alors premier consul, qui créa l’école de pharmacie à Paris alors située rue de l’Arbalète. Il faudra attendre 1882 pour acter son déménagement au 4, avenue de l’Observatoire.

(2) Le petit fils Angelo Mariani (1914-1978) sera lui aussi pharmacien et poursuivra avec beaucoup d’intelligence et de travail l’oeuvre familiale débutée en Corse par son arrière-grand-père François-Xavier Mariani (1810- 1875) et ce jusque dans les années soixante-dix à Neuilly-sur-Seine.

(3) Pour plus d’informations, on peut aller sur le très beau site : www.vinmariani.fr et parcourir le livre suivant :

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Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

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