Sophie Mariani née Sébastiani (1821-1904), maman d’Ange-François Mariani, l’inventeur de la première boisson à la coca dans le monde.

   Tout commence avec la vente judiciaire concernant la famille Mariani à l’Hôtel Drouot du jeudi 20 décembre 2013 à Paris. Lors de la présentation de certains objets ayant appartenu à cette famille, notre regard fut attiré par un tableau. Nous pûmes observer pour la première fois de notre existence une très belle ébauche de peinture représentant Sophie Mariani née Sébastiani (1821-1904) réalisée par le peintre Jules Joseph Lefebvre (1836-1912).

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Jules Joseph Lefebvre. Album Mariani, 1896, Tome 2.

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Album Mariani, 1896, Tome 2.

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………. Psyché garde en ses mains La vigueur des demains : Le vin Mariani par qui rien ne finit. …………….. Jules Lefebvre.

   À vrai dire nous savions que peu de choses sur la maman d’Ange-François Mariani, si ce n’est qu’elle naquit selon plusieurs archives le 21 août 1821 à La Porta (Haute Corse). Née de Laurent Sébastiani (Percepteur du canton d’Ampugnani) et de « Théresine » (Maria Thérèse) Sébastiani, elle est aimée comme il se doit dans sa famille. Le maire Antoine Paul Paoli enregistra à l’époque sa naissance en présence de son papa Laurent Sébastiani et de ses cousins Joseph Sébastiani et Jean Antoine Pompei.

   Puis quelques années plus tard son mariage devant le maire Joseph Sébastiani de la commune de la Porta avec Xavier Mariani âgé de 26 ans (né à Pruno, 29 décembre 1810, issu de Simon Mariani et d’Angela Petronelli) eu lieu le 21 septembre 1837 en présence de Denis Angelini, maire de Pruno, de Pierre Petronelli, chirurgien aide-major à l’hôpital militaire de Bastia, oncles germains de l’époux, de Pierre Paul Pompei ancien Préfet (1) et de Pierre Paul Mari, juge de Paix du Canton de La Porta du côté de l’épouse.

   Les nouveaux mariés, propriétaires, s’installent à Pero-Casevecchie, à trente kilomètres au sud de Bastia dans une zone géographique dénommée la Tavagna. Le couple y mène une vie sans histoire. François Xavier Mariani exerce la fonction d’apothicaire dans ce paisible bourg de 520 âmes. La qualité de son travail est d’emblée reconnue par toute la population. À tel point qu’on vient parfois de loin pour rencontrer ce pharmacien très attentif envers la santé de ses patients.

   Sa renommée professionnelle dépasse très vite les limites de son village. On le demande avec insistance à Bastia. La famille Mariani s’installe en mars 1847 dans cette cité de 16 000 habitants, au boulevard du Palais (2), artère centrale alors de la plus grande ville de Corse. En ce lieu, François Xavier Mariani initie son fils Ange François dès 1860 aux secrets de la pharmacie. Ensemble, ils composent des breuvages à base de diverses plantes comme le quinquina ou la coca. Ange François est comme attiré par cette science et par les livres qui véhiculent ce savoir. C’est aussi dans cette commune que François Xavier Mariani, après une longue vie de labeur afin de soigner ses patients et sans aucune exclusive, s’éteint au milieu des années 1870. Sa mort prématurée sème le trouble et la tristesse dans cette famille respectée. Son épouse, Sophie Mariani est également la mère de six autres enfants, dont Angélique Jeanne, née le 29 décembre 1844 à Pero-Casevecchie (qui deviendra sœur Angélique pour la congrégation de Saint-Thomas de Villeneuve, basée à Neuilly-sur-Seine). Décès à Paris le 3 décembre 1871. Du poète Simon Horace Alexandre Mariani (né à Pero-Casevecchie, le 17 janvier 1847). D’Antoinette Mariani, qui voit le jour à Bastia en 1850 et qui succombera à Paris le 24 juin 1925. De Julie Mariani née elle aussi dans la cité bastiaise le 6 septembre 1851. Entre à son tour dans la religion catholique (mère Saint-Denis congrégation de Saint-Thomas de Villeneuve, à Neuilly-sur-Seine). Elle s’éteint à Rome, le 27 juin 1937. Sans oublier deux autres enfants, Marie Divita née là encore dans la grande cité portuaire du nord de l’île le 22 mars 1860 et qui se marie le 24 mars 1887 à Paris au Docteur Marc Laffont (3). Et la petite dernière, Virginie, qui vient au monde à Bastia le 28 septembre 1862 et deviendra en 1887, Mme Jaros (4). Elle obtient la nationalité américaine par son mariage le 4 octobre avec Julius Jaros et passera ensuite une partie de sa vie à New York (E.U) au 266 West End Avenue entre la 72d et 73d Street jusqu’à son décès en 1945. Elle repose dans une tombe distincte de celle de son frère aîné à Paris au Père-Lachaise.

   À la mort de son mari Xavier François et sur l’instance de son fils aîné Ange-François, Sophie Mariani née Sébastiani rejoint ce dernier à Paris des 1876. Elle restera toute sa vie durant dans l’ombre de son fils aîné. Elle décède le 6 mars 1904 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), sereine, âgée de 83 ans et repose selon les volontés de son fils aîné au Père-Lachaise, aux côtés de sa belle fille, de son petit-fils André, de sa petite-fille Andréa.

Quelques décennies plus tard…

   En mai 2016, nous sommes contactés par le New-yorkais David Hill. Cet éminent connaisseur de l’œuvre d’Oscar Roty prépare une étude sur l’apport numismatique d’Angelo Mariani. Sa recherche s’oriente sur un point particulier concernant la maman d’Angelo Mariani. Il nous apprend à cette occasion qu’il est en possession d’une plaque en bronze réalisé par le célèbre sculpteur Corse Louis Patriarche (1872-1955) représentant Mme Sophie Mariani née Sébastiani de 3/4 face. Cette pièce est extraordinaire du fait que nous connaissions à cette date, à vrai dire, qu’une seule représentation de la maman d’Angelo Mariani.

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Don et leg de la famille Sadie et Robert Eidlitz, membre de l’American Numismatic Society des 1910. Dr : David Hill, ANS, Vol 3, Octobre 2016, New York (Société Américaine de Numismatique). Plaque en bronze uni face (10 cm x 7,2 cm), réalisé par Louis Patriarche en 1913 pour Angelo Mariani (5).

   Nous utilisons ce moment pour rappeler une date à venir essentielle : Notre ami Christophe Mariani responsable de la société Coca-Mariani ( www.vinmariani.fr ) va présenter un breuvage similaire à celui d’Angelo Mariani qui sortira en Corse en avant-première, le samedi 17 décembre 2016, au Palais des Congrès à Ajaccio, salle Tino Rossi à 19 heures pour être très précis.

   Soit dans moins de cinquante jours. Un produit tant attendu dans la dynamique de la renaissance du vin Mariani avec de surcroît le soutien moral de la famille Mariani. Notons que cette date n’a pas été, semble-t-il, choisie au hasard puisqu’elle correspond au 178e anniversaire de la naissance d’Ange-François Mariani, plus connu au niveau international (États-Unis, Canada, Colombie, Bolivie, Grande-Bretagne, Suède, Allemagne, Russie et Chine, entres autres…) sous le nom d’Angelo Mariani. On se doit de soutenir pareille initiative. Et surtout bonne chance à la résurrection du vin tonique Coca Mariani.       A.D

  1. Pompéi Pierre Paul Benoît voit le jour en 1788. Il sera Sous-préfet de Calvi en 1828, puis Préfet de l’Yonne de 1830 à 1833. Et enfin conseiller de la cour de cassation à Paris. Décès en 1852.

  2. Devenu au début du XXe siècle, Boulevard Paoli.

  3. Décès de Marie Divita Laffont le 23 février 1923 à Paris. Deux filles naîtront de cette union et déclarées en Mairie à Paris en présence d’Angelo Mariani, soit : Marguerite Jeanne (7 janvier 1888-1965) et Madeleine Antoinette (21 février 1897-1932). La première Marguerite Jeanne se mariera le 14 février 1920 avec Harry Drake Hodgkinson (1882-1953), fils de la célèbre écrivaine britannique Élisabeth Beck Moresby et la seconde Madeleine Antoinette avec Édouard Daladier (1884-1970), le 31 juillet 1919. Le 16 novembre de cette même année, Édouard Daladier est élu député pour le Vaucluse sous la bannière du parti radical socialiste. Puis deux enfants verront le jour dans ce couple : Jean en 1922 et Pierre en 1925.

  4. Julius Nathan Jaros est le fils de Léopold Jaruslawski (1821-1896) et de Hannchen Elsberg (1830-1912) originaire de Pologne et d’Allemagne. Il est né le 26 août 1856 à Philadelphie (Pennsylvanie). Il a une sœur Berthe (1858-1935) et un frère Alfred (1860-1932). Après une vie bien remplie, Julius décède en France en octobre 1925 et est inhumé au Père-Lachaise. À ses côtés reposent en paix Horace et Antoinette Mariani.

  5. Angelo Mariani fut lui aussi un donateur de médailles pour cette Société Américaine de Numismatique basée à New-York selon la revue éditée par cet organisme en date de 1912, n° 46.

Pour plus d’informations, on peut aller sur le très beau site : www.vinmariani.fr et parcourir le livre suivant :

livreangelomariani1.jpegAngelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca. Éditions Anima Corsa, juin 2014, Bastia. 5 boulevard Hyacinthe de Montera : 04 95 48 68 86.

 

 

 

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Julius Nathan Jaros : un homme discret et efficace ou l’ombre américaine d’Angelo Mariani.

Extrait d'un des deux portraits d’Angelo Mariani réalisés par le peintre Fernand Roybet  (1840-1920).

Extrait d’un des deux portraits d’Angelo Mariani réalisés par le   peintre Fernand Roybet   (1840-1920).

Qui est Julius Nathan Jaros (1856-1925) ?

   Julius Nathan Jaros est le fils de Léopold Jaruslawski (1821-1896) et de Hannchen Elsberg (1830-1912) originaire de Pologne et d’Allemagne. Il est né le 26 août 1856 à Philadelphie (Pennsylvanie). Il a une sœur Berthe (1858-1935) et un frère Alfred (1860-1932).

    Il se marie à Paris avec Virginie Mariani (petite sœur d’Angelo Mariani) le 4 octobre 1887. Ce qui fait d’elle par cette union une Américaine. C’est un mariage d’amour chose assez rare dans ces milieux aisés de l’époque. Ils vivent à New York au 266 West End Avenue entre la 72d et 73d Street dans un hôtel particulier qu’ils font construire et qui existe toujours. Angelo Mariani nomme sur place son beau frère Julius Nathan Jaros, époux de Virginie Mariani, sa sœur, comme responsable des succursales nord-américaines. Ils sont les gérants de la marque Mariani à Montréal (Canada) au 87 St James Street et au 28-30 Hospital S1. À New York (E.U), leurs principales succursales se localisent au 52 West, 15th Street et au 19 East, 16th Street, entre Broadway et la 5th Avenue. Julius Jaros aidé de sa famille œuvre à l’installation des produits Mariani sur le continent nord-américain (États-Unis et Canada). Et ce avec beaucoup de réussite grâce à un travail de tous les jours.

  En 1893 Julius Jaros réussit à rencontrer le Président U.S Mac Kinley et obtient une recommandation de choix : « Mac Kinley, Président des États-Unis, vient de donner à notre ami Mariani une marque flatteuse de son estime en chargeant M. Jaros, son beau-frère, de remettre au vulgarisateur de la Coca son portrait et son autographe ».(Le Figaro, 30 juillet 1893). Ce fait est dû à l’épisode du Président Ulysses Grant qui dirigea le pays de 1869 à 1877. Ce personnage décédé en juillet 1885 utilisa le vin Mariani, sur les conseils de son entourage. Il semble que le produit atténua ses souffrances et allongea un temps la vie de l’ancien Président. Du coup, de nombreux Américains comme le Président U.S Mac Kinley vont chercher à en savoir plus sur ce vin français, composé de feuilles de coca. Mieux Angelo Mariani conscient du poids économique du marché américain en devenir se rend à plusieurs reprises à New York. Il en profite pour saluer son beau-frère et sa soeur tout en s’assurant du même coup de la bonne gestion de son entreprise.

Bouteille Mariani de 50 cl.

Bouteille Mariani de 50 cl.

   Julius Jaros et Angelo Mariani développent en fin connaisseur la publicité dans de nombreux journaux et magazines américains surtout dans une période allant de 1896 à 1902. De nombreux territoires sont touchés par cette publicité. À la date d’aujourd’hui et selon l’état actuel de nos connaissances, on peut affirmer que de nombreux États américains ont connu les honneurs de la publicité pour le vin Mariani grâce à Julius Jaros. Ce dernier en effet va quadriller l’espace américain par des États clés : Oregon, Californie, Arizona,Utah,Texas, Kansas, Nebraska, Minnesota, Floride, Washington D.C, New York, Pennsylvanie. C’est ainsi que l’on peut remarquer quelques titres parmi beaucoup d’autres en respectant un ordre chronologique :

The New York Times. Gravure de MORTIMER, W. Golden parue dans l’édition du 25 décembre 1898.

The New York Times. Gravure de MORTIMER, W. Golden parue dans l’édition du 25 décembre 1898.

    New-York Tribune, 1er mars 1896. Arizona republican, Arizona, 28 décembre, 1897. The Evening Times, Washington DC, 3 mai 1898. The Herald, Los Angeles, Californie, 8 octobre 1898. Omaha Daily bee, Nebraska, 26 octobre 1898. The Sun, New York, 30 octobre 1898. The New-York Times, 25 décembre 1898. Brooklyn NY Standard Union, 28 décembre 1898. The Saint Paul Globe, Minnesota, 31 juillet 1898. The San Francisco Call, 1er janvier 1899. The Saint Paul Globe, Minnesota, 1er janvier 1899. The Evening Times, Washington DC, 3 janvier 1899. The Sun, New York, 18 janvier 1899. New-York Herald, 29 janvier 1899. New York Daily Tribune, 12 février 1899. New-York Daily Tribune, 22 mars 1899. The San Francisco Call, 22 mars 1899. The San Francisco Call,2 avril 1899. Brooklyn NY Standard Union, 3 avril 1899. The New-York Times, 9 avril 1899. The San Francisco Call, 21 avril 1899. The San Francisco Call,1er mai 1899. Evening Telegram, 6 mai 1899. New-York Daily Tribune,7 mai 1899. The Salt Lake Herald, 14 mai 1899. The San Francisco Call, 14 mai 1899. New-York Daily Tribune, 11 juin 1899. The San Francisco Call,25 juin 1899. The Salt Lake Herald, Utah, 12 juillet 1899. The Salt Lake Herald, Utah, 23 Septembre 1899. New-York Daily Tribune, 27 aout 1899. The Sunday Télégraph, 27 aout 1899. The Sunday Télégraph, 21 septembre 1899. Sacramento Daily Union, 24 septembre 1899. The Wichita Daily eagle, Kanzas, 1er Octobre 1899. Kansas City journal, Kansas, 26 Novembre 1899. The Scranton tribune, Pennsylvanie, 12 Decembre 1899, Lincoln County leader, Oregon, 5 janvier 1900. The Houston Daily post, Texas, 3 mars 1900. The Sunday Télégraph, 1er avril 1900. The Evening Times, Washington DC, 17 avril 1900. Evening Star, Washington DC, 17 avril 1900. The Florida Star, Floride, 16 Novembre 1900. New York NY Morning Telegraph, 2 avril 1901. New York NY Morning Telegraph, 18 avril 1901. New York NY Morning Telegraph, 14 mai 1901. New York NY Morning Telegraph, 29 mai 1901. New York NY Morning Telegraph, 14 juin 1901. New York NY Morning Telegraph, 30 juin 1901. New York NY Morning Telegraph,14 juillet 1901. The Morning Telegraph, New York, 28 juillet 1901. New York NY Morning Telegraph, 11 aout 1901. New York NY Morning Telegraph, 29 aout 1901. The Morning Telegraph, New York, 4 mars 1902. New York NY Morning Telegraph,19 mars 1902. New York NY Morning Telegraph, 2 avril 1902. The Morning Telegraph, New York, 30 avril 1902.

Iconographie d'Angelo Mariani publié dans le quotidien Evening Star de Washington, 3 janvier 1899.

Iconographie d’Angelo Mariani publié dans le quotidien Evening Star de Washington, 3 janvier 1899.

   Le 1er janvier 1908, Julius Jaros est fait chevalier de la Légion d’honneur au motif de son travail pour le rapprochement entre la France et les États-Unis. Après une vie bien remplie, Julius meurt en France en octobre 1925 et est enterré au Père-Lachaise. À ses côtés reposent Horace et Antoinette Mariani. Virginie Mariani jusqu’à son décès en 1945 ne se remariera pas et rejoint pour l’éternité son défunt mari Julius Jaros.           A.D

L'origine de cette photographie provient d'une revue intitulée : La Marmite républicaine en 1901. Ouvrage rare non mis dans le commerce, mais qui permet d'apprendre qu'Angelo Mariani était un républicain.Les auteurs de ce cliché sont de la maison Braun, Clément et compagnie et éditée par les frères Protats. Elle fut publiée aussi aux Etats-Unis dans l'ouvrage de MORTIMER, W. Golden,  Peru : History of coca, New York, J.H. Vail, 1901.

L’origine de cette photographie provient d’une revue intitulée : La Marmite républicaine en 1901. Ouvrage rare non mis dans le commerce, mais qui permet d’apprendre qu’Angelo Mariani était un républicain.Les auteurs de ce cliché sont de la maison Braun, Clément et compagnie et éditée par les frères Protats. Elle fut publiée aussi aux Etats-Unis dans l’ouvrage de MORTIMER, W. Golden, Peru : History of coca, New York, J.H. Vail, 1901.


 

Pour plus d’informations,  Cf, le livre suivant :

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Angelo Mariani : L’inventeur de la première boisson à la coca.

Editions Anima Corsa juin 2014 Bastia.

5 boulevard Hyacinthe de Montera.

Christophe Canioni : 04 95 31 37 02.

Et aussi sur le site Amazon.